Tac., Ann., XIV
rement plusieurs mois, les classiari, au lieu de demeurer à bord, trouvaient des emplois divers sur la terre ferme et restaient stationnés dans les camps. Ainsi les scholae armaturarum, que rappelle une inscription !, sont, pour M. Mommsen *, des édifices ressortissant à la station de la flotte. Sur une foule de monuments, on trouve le mot miles placé devant l’indication de fonctions dépourvues de tout caractère militaire, comme medicus, gubernator, scenicus. À terre, en effet, faisaient partie de ces centuries navales même des hommes pourvus d’attributions administratives, et nos centuriones classici étaient à leur tête.
Cette division en centuries, appliquée aux équipages des escadres, paraît contredire la solution que nous avons adoptée touchant les fribuni dont parle Végèce ; il semble paradoxal de ladmettre quand on rejette la division en cohortes. Mais on remarquera que les mêmes raisons n'existent pas dans les deux cas. Il est bon qu’une armée, qui se présente comme une forte masse, se trouve fractionnée suivant une échelle de divisions toujours plus compréhensives ; la transmission rapide des ordres partis du chef suprême le veut ainsi, non moins que leur fidèle exécution. La plus forte unité est la légion, parce qu’il ne faut qu’un petit nombre de légions pour former une armée romaine. Si l’on avait alors connu nos immenses armées de plusieurs centaines de milliers d'hommes, nul doute qu'on eût imaginé d’autres groupements encore. Mais tout ceci est bien étranger à nos classici : ils vont séparément, par toutes petites troupes ; il semble même que rarement une de