‹ La Flotte de MisèneChapitre 126 sur 162 · Iscrizioni, p · texte numérisé non relu

Iscrizioni, p

À. :8)(2) 1ans tel A, 425, Manste-f# — 9? 2 — 26 — 6 — 10 (?) — Î — 21 — 6 — 11 (2) — 1 — 98 — b) — 15 — 6 vu 2 — 16 — 4 — 30 — bi) — 17 — 9 — 32 — 3 — 18 — 27 — 33 — 2 — 19 — 24 — 34 — 1 — 20 — 97 — 39 — 5) — 21 — 29 — IT — 4 — 22 — 22 — 40(?) — 1 — 23 — 21 — 44 — il — 24 — 12

Faut-il considérer ces données comme absolument certaines? M. Ferrero ne fait aucune réserve, sinon qu'il faut supposer, partout où l’on voit un soldat entrer au service à 8, 9, 10 ou 11 ans, une faute du lapicide. Il ajoute avec raison qu'il y avait peut-être, probablement même, sur les navires romains comme sur les nôtres, de tout jeunes garçons analogues à ceux que nous appelons les mousses, mais que le terme de militare ue saurait s'appliquer à un service comme le leur. Voilà tout. Assurément on peut admettre — et affirmer — que cette statistique nous donne, pour chaque cas particulier, un âge maximum ; qu'elle nous fasse connaître avec exactitude les chiffres quenouscherchons, c’estinfiniment plus contestable; ceux de 35, 37, 40, 44 ans... etc. pour le début de la carrière maritime nous semblent aussi suspects que ceux de 8, 9, 10 et 11 ans. Pour s’en fier au tableau ci-dessus, il faudrait adopter cette règle générale que tous

les classiarii qne nous avons pu soumettre à cet examen sont mortsen activité; or, c’est là une présomption que rien absolument ne justifie, ou bien alors à qui pouvaient servir les privilèges attachés à l’honesta missio ? quels étaient les titulaires des diplômes ? Voici, par exemple, le nommé Silius Felix‘ qui meurt à 53 ans, après 28 stipendia. M. Ferrero décide sans: doute qu’il est par conséquent entré au service à 25 ans. Qu'en savons-nous ? Ne se peut-il pas aussi bien, mieux même, qu'ayant embrassé la carrière à 20 ans, supposons-le, il se soit retiré à 48, et que la mort ne l’ait surpris que cinq ans après? Et quant à ceux qui n’ont pas atteint la durée normale du service sur mer, il peut tout aussi bien se faire qu’à notre insu ils aient pris de bonne heure leur retraite. Leur vie devait être rude et user bien vite un homme, puisque la plupart de ceux que nous connaissons sont morts très jeunes ; bien peu sont parvenus à la cinquantaine, beaucoup sont morts avant trente ans. Au lieu de croire à un début dans la carrière à quarante-quatre ans, il semble plus sûr d'admettre que l'individu en question avait été saisi d’une maladie grave où avait reçu une blessure le rendant impropre à tout exercice sur terre ou sur mer, sans compromettre son existence, et qu’il avait dû rentrer dans ses foyers *. Si l’on en croyait la table de M. Ferrero, la plupart de nos classiarü seraient entrés dans la carrière entre dix-huit et vingt-cinq ans. Or, dans l’armée de terre, c’est à dix-sept ans que resta long-

2. Le cas était prévu expressément par la législation romaine : Missionum. generales causae sunt tres : ...... causaria, Cum quis uitio animi uel corporis minus idoneus militiae r'enuntiatur. — Dig., De re militari, XLIX;, 16, 1. 13, $ 3.

temps fixé l’âge ordinaire de la conscription ; où seraient les motifs de cette différence qu'il est impossible d'établir en fait el que réprouve la raison ?

Ce que nous avons à dire de la durée normale du service est bien moins conjectural. Nous savons que les prétoriens restaient seize ans sous les armes ‘, les soldats des cohortes urbaines * et les légionnaires * vingt ans, les troupes auxilliaires vingt-cinq ‘. L'examen des diplômes militaires accordés à des classiaru nous permet d'affirmer qu’ils servaient plus longtemps que les hommes appartenant à ces différents corps de troupes *. La formule ordinaire est: sex et uiginti stipendis emeritis dimissis honesta missione, ou encore : qui sena et uicena stipendia meruerant. Elle ne se rencontre pas dans le diplôme de Claude ; M. Ferrero l'y suppose, nous l’avons vu, mais sans doute un peu à la légère. Nous la retrouvons dans les diplômes que nous connaissons, jusques et y compris celui d’Antonin le Pieux de 145 ; puis une grande lacune dans nos sources nous laisse sans renseignements Jjusqu’à l’année 213, date d’un diplôme des Empereurs Philippe, où on lit cette fois : ocfonis et uicenis stipendis.

Donc, en résumé, jusqu’à Hadrien, le service normal fut de vingt-six ans, ou plus * (auf plura, ajoute seul

1. Tac., Ann., I, 17 : ut sextus decumus stipendi annus finem adferret.

Page 1