L'HONESTA MISSIO ET LES FEMMES DES CLASSIARII
Quand un soldat de marine avait accompli ses vingtsix années de service — ou vingt-huit, suivant les époques — et qu'il n’avait commis aucune faute grave, on lui délivrait un certificat de bonne conduite, moyennant quoi il lui était possible de recevoir le diplôme auquel lui donnait droit son honesta missio. Ge diplôme avait pour effet de lui attribuer la ciuitas et le conubium, s’il ne les possédait pas encore. Une loi générale était rendue, faisant ces concessions à un certain nombre de soldats qui venaient d'obtenir leur congé : on la gravait sur des tables de bronze qui, jusqu’au règne de Titus, furent placées au Capitole, près du temple de la Fides romana, puis, sous Domitien et ses successeurs, derrière le temple d’Auguste, voisin du Forum. Chaque soldat recevait ensuite un extrait de la loi dont il luiétait fait application et avait ainsi en mains un instrument de preuve. Il n’est pas nécessaire de rappeler longuement ce qu’étaient ces diplômes si souvent décrits: deux tablettes de bronze rectangulaires d'environ 0", È rapprochées en forme de diptyque, ou, si l’on veut, de façon à ressembler à un livre ouvert ; sur les côtés qui sont seuls en contactavant
la fermeture, des trous ont été creusés où passent de petits anneaux de métal qui servent à empêcher les deux tablettes de se séparer. A l’intérieur, une copie de la loi, les noms et titres de l'Empereur, ceux des corps de troupes bénéficiaires de la loi, leur garnison et le nom du chef suprême — le praefectus classis dans le cas qui nous occupe ; — les faveurs accordées et la date. Puis diverses mentions propres à établir l'identité du soldat titulaire de diplôme, et enfin la formule invariable : descriptum et recognitum ex tabula aenea quae fixa est Romae, et l'indication précise du lieu où la loi était affichée. Après cela, les tablettes appliquées l’une contre l’autreet solidement attachées ensemble avec des fils de cuivre ou de fer, on répétait en petits caractères sur une des faces extérieures tout ce que nous venons d’énumérer, et sur l’autre figuraient les noms des sept témoins, avec leurs sceaux en cire imprimés sur le fil. Sur les diplômes antérieurs au milieu du règne de Vespasien, les témoins sont des amis du missus ; plus tard, ce sont plutôt des gens de la plèbe urbaine, parfois des affranchis. Borghesi, voyant toujours les mêmes noms parmi eux, croyait à l'existence d’un collège chargé de pourvoir à ce besoin ‘. M. Mommsen a réfuté cette opinion *.
Nousavons ditque l’octroid’un diplôme conféraitle droit de cité romaine etleius conubii à celui qui ne les avait pas. Sur le premier de ces deux droits, tout développement