‹ La Flotte de MisèneChapitre 32 sur 162 · RATES · texte numérisé non relu

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ment à Nabis, aux Illyriens, puis, après leur défaite de Pydna, aux Macédoniens, de dépasser un certain nombre de vaisseaux que Rome fixait habilement très bas. Quand Mithridate se vit forcé de renoncer à la lutte et consentit à signer la paix, le Sénat exigea la livraison au vainqueur, Sylla, de soixante-dix vaisseaux armés et équipés”.

Mais telle était l’aversion des Romains pour les choses de la mer qu'elle les poussait parfois à la plus dangereuse Insouciance : il leur arriva de brûler en pleine mer les navires qu'ils avaient conquis, au lieu de se les approprier et de les conduire dans les arsenaux, pour s’en servir plus tard, en cas de besoin. Quelquefois ils les donnaient à des nations amies : c’est ainsi qu’une flotte fut remise au roi de Bithynie, Prusias *.

Les inconvénients d’une telle politique avaient dû se faire sentir de tout temps, surtout quand éclatait quelque difficulté internationale ; mais ils devenaient de plus én plus graves. En effet, comme le remarque M. Corazzini ”, une fois Carthage détruite, la flotte de Syrie anéantie par le simple effet des conventions,celle d'Egypte réduite à néant par la négligence même des maîtres de ce pays, celle des Rhodiens considérablement aftaiblie après l’abaissement de ce peuple, grâce aux imprudences qu'il commit dans la dernière guerre de Macédoine, Rome n'ayant pas la flotte permanente qu'il eût fallu pour assurer la tranquillité d’un aussi vaste empire, il n’y avait plus, à proprement parler, de puissance maritime, et la conséquence naturelle, inévitable, était un accroissement

4. Plut., Sull., 22 et 24 (Ed. Sintenis,t. 2, p. 446,28, et p. 449, 10) et Appien, Maithrid., 55 et 58.

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