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de puissance des pirates ‘. Pompée, qui leur avait porté les coups les plusrudes et qui s'était chargé deleur extermination, comprenait si bien la possibilité, la probabilité même de leur retour, qu’il avait établi deux flottes qui, dans sa pensée, devaient être prêtes, au premier signal, à donner de nouveau la chasse à ces redoutables écumeurs de mer *. Mais la réforme n’était pas mûre encore ; les flottes de Pompée ne furent pas maintenues.
Jules César reprit pour son compte la tentative avortée, et, sans manifester d’ailleurs bien nettement l'intention de les laisser subsister pour une période indéterminée, créa aussi deux flottes, l’une sur la mer Jonienne, l’autre sur la mer de Toscane *, et en donna le commandement à Hortensius et à Dolabella. On ne sait à quelle influence attribuer leur disparition, mais le silence des auteurs nous indique assez qu’elles n'avaient pas duré longtemps.
Devenu seul maître du monde, Auguste voulut une forte organisation militaire, à la fois pour protéger les provinces contre les ennemis du dehors et pour les tenir en sujétion. Les armées furent réparties entre des garninisons fixes, et, pour la marine, l'Empereur créa deux flottes permanentes, D'après M. Fiebiger*, les deux flottes d'Italie furent établies probablement au temps où Auguste plaça dans les provinces les camps des légions et des
4. M. Mommsen ajoute (Dr. pub. rom., tr.fr., IV, p. 369 sqq.) : Selon la constitution républicaine, le commandement des mers était lié directement au commandement en chef consulaire d'Italie ; or Sylla suprima celui-ci ; il en résulta qu’il n’y eut plus de commandement maritime central.