‹ La Flotte de MisèneChapitre 37 sur 162 · C0 ES · texte numérisé non relu

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Sur qui en effet la populace romaine eût-elle fait retomber la responsabilité de la famine, sinon sur le souverain qui n'avait pas su l’écarter par des mesures prévoyantes ? L'Empereur devait aussi prendre garde qu’un gouverneur d’Achaïe ou d'Asie nedevint aussi redoutable qu'Antoine avait su l’être un moment; la chose n’était pas impossible pour quiconque se fût mis à la tête des peuples, hardis marins, de ces contrées. Auguste comprit qu'il lui fallait rester le maître de la mer comme de la terre. En enrôlant à bord des flottes nouvelles des Dalmates ou des Siciliens, il diminuait considérablement le nombre de ces écumeurs de mer toujours prêts à tenter quelque invasion en Italie, en général simplement pour le pillage, mais quelquefois aussi pour le compte d’un prétendant au pouvoir qui les aurait bien payés. Il avait de la sorte constamment sous la main des forces respectables qui lui permettraient, le cas échéant, de prendre l’offensive, ou, en désespoir de cause, de s’assurer au loin quelque abri ‘.

Ces dernières considérations, les Romains n’eurent garde de les agiter, enivrés qu’ils étaient, pour la plupart, de la paix enfin donnée au monde par le régime nouveau. Ils prêtèrent de même peu d’attention aux avantages d’ordre public qu’on devait espérer des institutions maritimes d’Auguste. La vieille indifférence de la race italique pour la mer et la navigation persista malgré tout; à cela se joignit peut-être chez quelques-uns, qui regrettaient l’ancien ordre de choses, le désir de ne point faire éclater trop hautune approbation méritée: le fait est que ni Dion Cassius, ni Strabon, qui en eussent bien

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