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de la patrie ! On admet {rès généralement, sans preuves positives, mais pour de graves raisons, que le titre de praetoriae désignait nos deux flottes comme placées sous le commandement direct de l'Empereur. C'était la situation des cohortes appelées aussi prétoriennes ‘, et nous trouvons sur plusieurs épitaphes l'indication d'un fonctionnaire appelé trierarchus Augusti, tout comme le gouverneur d'une province impériale était nommé legatus Augusti. Dès lors, il nous semble infiniment préférable de dire que la qualification de praetoriae a été donnée aux flottes d'Italie dans un esprit de clarté administrative.
Ce n’est pas à tort d’ailleurs que M. Fiebiger repousse le système de Vernazza suivant lequel les flottes seraient devenues praetoriae sous Trajan. Pas avant, car Pline le Jeune nous dit seulement que son oncle était praefectus classis Misenensis * ; mais Pline, dans une simple iettre, n'élevait pas à son oncle un monument lapidaire et l’argument ne prouve rien. — Tacite, qui écrit au début du règne de Trajan, tient le même langage ; mais c’est celui de l’époque antérieure dont il écrivait l’histoire. — Hadrien, toujours en voyage, n’a pas dû songer, dit Vernazza, à cette réforme — mais pourquoi donc? fut-elle si considérable : — or Trajan, en 103, après la première guerre dacique, accorda des coronae classicae ; les deux conces-
{. Nous n'avons garde d’ailleurs de forcer la comparaison, car on disail: un prétorien (praetorianus miles), ce qui implique une dignité personnelle pour le soldat, outre celle du corps où il servait ; tandis que le langage - officiel ne traduit rien de semblable pour les équipages maritimes. La dilférence que nous signalons se comprend assez : les Italiens étaient rares dans les flottes ; au lieu que, pendant deux siècles, c'est parmi eux exclusivement que furent recrutés les prétoriens. On ne pouvait se montrer aussi libéral pour les provinciaux.