Dio Casse, LXXIV
2. Eutrop., Breuiar., IX, 9 ; Oros., VII, 18 ; Aurelius Victor, Épitome : Eumen., Panegyr. Constant.
Ils quittèrent donc les rivages de la Mer Noire, et, sur le trajet, comme pour passer le temps, sans doute aussi pour s’approvisionner, ravagèrent une grande partie du littoral de la Grèce; puis, parvenus en Sicile, ils prirent et saccagèrent Syracuse, chargeant leurs galères de butin et faisant un immense massacre dans la population. Que faisait à ce moment la flotte de Misène ? Nul auteur ne parle d’elle à cette occasion. De Sicile, les Francs se tournèrent vers l'Afrique, et là, pour la première fois, ils éprouvèrent une résistance : il paraît qu'une escadre fut envoyée — d’où venait-elle ? — et, près de Carthage, leur enleva la moitié de leurs vaisseaux. Repoussés, ils prirent, sans s’acharner plus longtemps, le détroit de Gibraltar et revinrent ainsi aux rivages de leur patrie, la Germanie *.
Au commencement du V° siècle, la Nofitia dignitatum fait connaître un grand nombre de flottes, surtout en Occident. À première vue et à ne considérer que ce document, on serait porté à conclure à un accroissement de puissance maritime. [ln’en est rien ; la faiblesse de l'Empire à cet égard n'était que trop réelle. Soit que ces flottes n’existassent que sur le papier, — ce qui serait assez conforme à tout ce que nous savons de la bureaucratie du Bas-Empire, — soient qu’elles eussent perdu toute valeur, toute vitalité, elles n’opposèrent aucune résistance effective aux invasions, de jour en jour plus audacieuses, des Barbares. Cela est vrai surtoutdel’Occident; en Orient, les Empereurs veillèrent davantage sur la marine; c’est qu’en Grèce et en Asie, sous toutes les dominations, elle n'avait cessé de tenir une place prépondérante dans es