‹ La Flotte de MisèneChapitre 77 sur 162 · Veget., Epit. r. m., IV · texte numérisé non relu

Veget., Epit. r. m., IV

L'amiral d’Auguste, Agrippa, transforma l’harpagon ‘: ilrevêtit de fer le soliveau, pour que ennemi ne pût réussir à le couper, et en développa la longueur pour empêcher que, du vaisseau d'en face, on ne tranchât les câbles auxquels il était fixé à son extrémité dépourvue de crochet.

Reste le corbeau, inventé par un ingénieur de Duilius, et employé pour la première fois à la bataille de Myles ; il nous est décrit par Polybe d’une façon obscure, dans un texte probablement altéré *. Il est du moins infiniment probable que cet instrument avait aussi pour but de rapprocher le navire ennemi, pour que les Romains pussent se précipiter sur lui et transformer la lutte en une sorte de combat d'infanterie. C'était sans doute une sorte d'échelle avec parapet, servant de pont-levis *.

Tels étaient les appareils destinés à préparer de diverses façons et à faciliter l’abordage ; il y en avait un autre servant à un but tout différent : On appelait dauphin une poutre pesante munie à un bout d’une tête de dauphin métallique ; on la suspendait aux antennes et on la lançait violemment sur le pont d’un bâtiment ennemi. Quand lopération était habilement faite, la force du choc fracassait le pont et abaissait de quelques mètres le niveau du navireatteint ; lesvagues,plus agitées quejamais par tout ce branle-bas, s’élevaient plus haut que le parapet; l’eau pénétrait à fond de cale par la brèche entr’ouverte, et l'embarcation se trouvait en peu de temps submergée. Nous ignorons à quelle époque remonte le dau-

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