‹ La Flotte de MisèneChapitre 96 sur 162 · Cf Ferrero, L'Ordinamento, pp. 161 et · texte numérisé non relu

Cf Ferrero, L'Ordinamento, pp. 161 et

d’une facon générale, avait l'Egypte, selon Végèce, dans son domaine maritime. Malheureusement, la reconstitution de cette dignité semble bien hasardeuse. On lit dans Végèce : Erant decani denis militibus praepositi ‘ ; et Modestus nous dit: decem militibus sub uno papilione degentibus unus quasi praeesset decanus *. Donc, dit M. Fiebiger *, le decanus est celui qui est préposé au commandement d’un groupe de dix. Or, dans Polybe * et Diodore de Sicile’, le mot Jexxvaia désigne un groupe de dix navires. Le Sexavos ne saurait donc être que le chef d’une dexavais ; c'est un synonyme grec de nauarchus, mais qui n’a pas été traduit en lettres latines. Il va sans dire qu'iet le chiffre dixn’est qu'approximatif. — On le voit, là encore, il est aussi malaisé de contredire que d'approuver.

Nous avons rappelé le passage de Végèce suivant lequel les marins des flottes de Misène et de Ravenne formaient respectivement dix cohortes, à la tête desquelles étaient placés dix tribuns; nous avons vu dans ces officiers des navarques dont le nom avait été transformé au cours des temps. Ce passage n’a cependant pas toujours été interprété de la sorte: Bôcking, éditeur de la Notitia dignitatum, admet que ces tribuns étaient investis des mêmes fonctions que les tribuns militaires de l’armée de terre. Et en effet, nous trouvons dans un texte littéraire — encore de Tacite, à qui nous devons déjà tant de complications — la qualification de chiliarchus appliquée à Volu-

EDIT Ses Al 8

. De uocabulis rei militaris, $ 9.

. Op. laud., p. 377-381.

. Polyb., XXUI, 7, 4 et XXV, 7, 1.

. Diod. Sic., XIV, 103,8.

Tac Anse D.

© OT n O2 NO —

sius Proculus, officier de la flotte de Misène, qu’'Epicharis voulait faire entrer dans la conjuration contre Néron ; ce mot ne serait que la traduction exacte en grec de tribunus. On s’expliquerait très bien ainsi, suivant Garrucci, le nombre des mille classiarü, partisans d'Othon, qui furent enveloppés près de Plaisance ‘. D'ailleurs, dix cohortes font une légion, et précisément le même Végèce nous dit : apud Misenum et Rauennam...… singulae legiones cum classibus stabant *. Mais, Juste-Lipse l'avait déjà remarqué *, nulle part ailleurs, ni dans les textes, ni sur les inscriptions, on ne trouve une mention quelconque de ces faits. Quant au chiliarchus de Tacite, il n’est même pas péremptoirement établi ; plusieurs manuscrits des Annales portent, au lieu de ce mot, nauarchus, et il y a de fortes présomptions pour que cetle variante ‘ soit préférable à l’autre lecture. Pourtant, suivant Camille de la Berge, il est vraisemblable que les équipages étaient formés en cohortes, cadre commode adopté pour l’infanterie auxiliaire. Ce point de vue demande à être rapproché de la question du centurio classicus.

Dans la campagne maritime de César contre les Vénètes, il y avait un centurion par navire ‘. En fut-il de même lorsqu'on organisa les flottes permanentes ? Les textes et les inscriptions nous le diront. Sur les épitaphes d’un certain nombre de centurions, on trouve indiqué le nom d’un navire, et sur les inscriptions funéraires des soldats de mer; le nom du classiarius est accompagné,

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