DL
Due l'économie de sa loi ? Jésus en effet a pratiqué et prêché la ses à souffrance, toute sa vie, jusqu'aux houres sombres de l’agonie dès La eb de la flagellation, jusqu'aux heures terrifiantes du crucimême fiement et de la mort sur l'autel du Golgotha. Ses disciples long- ont suivi ses exemples et continué d'enseigner sa doctrine, AR eux aussi ils ont signé de leur sang leur symbole de ‘oi. spère, Durant trois siècles, l'Eglise a vécu dans les catacombes de as Rome, et le jour où avec Constantin elle est sortie glorieuse ne de ces nécropoles funèbres, pour planter la croix sur les » dont ruines du paganisme vaincu, ce n’a été que pour recomé Pr mencer la lutte contre d’autres ennemis, moins féroces peutait en être mais non moins dangereux. Tournez et retournez, | messieurs, de siècle en siècle, les pages de l’histoire de » celui l'Eglise, toujours vous y verrez dominer la croix ; cette SRE croix, symbole de souffrance, du haut de laquelle, depuis FN e8 dix-neuf siècles, Jésus-Christ attire tout à lui, soit pour le | trahir et le maudire, soit pour l’aimer et le bénir. olique Sous un tel chef, à la suite de tels modèles, comment indivi- pourrions-nous ne pas nous attendre à la souffrance, ne pas pe La 4 apprécier le sacrifice ? Et si, comme nous l'avons dit, c’est peu œ un besoin de uotre cœur de sacrifier quelque chose de nous- L faut mêmes pour ceux qui sont l’objet de notre affection, est-il sd Je quelqu'un qui soit plus digne de nos sacrifices que Celui qui Dieu. nous a aimés jusqu’à la mort et jusqu’à la mort de la croix ? éjà en Sans compter, messieurs, que ce qui manquera toujours aux | SAME sacritices que l’on offre à des créatures faibles et infirmes et bnéga- diminuera sans cesse la joie qu'on éprouve à so dévouer, ati . c'est l'incertitude où l’on se trouve de faire ou de ne pas faire ue 4 des ingrats. Que de fois, hélas, il ne faut pas être vieux il être pour le savoir par expérience, que de fois la bienfaisance pe le n’a-t-elle pas rencontré l’ingratitude sur son chemin ! Mais à Jobs dl ceux qui aiment Dieu d'abord et ensuite dans ds justes me- Rois sures les créatures de Dieu, à ceux qui se sacrifient dans ces 1897.) sentiments pour la gloire de Dieu et pour ie bonheur de
leurs frères, la joie du sacrifice n’est pas assumbrie par un tel
1 — Re 00 UN NS
nuage. Si l’homme, à qui l’on a voulu et fait du bien, ne s’en ressouvient plus, Dieu s’en souviendra toujours. Et c’est là la consolation, la force et la joie du chrétien dans ses peines et dans ses souffrances !
N'est-elle pas belle, n'est-elle pas admirable notre fai catholique ? Ne répond-elle pas aux exigences de notre volonté,
. aux besoins de notre cœur ? A notre besoin d'aimer, ne four-
nit-elle pas l'aliment de la plus noble ei de la plus sainte des affections, celle qui élève notre esprit et notre cœur vers Île ciel, sans nous refuser pourtant une part légitime aux au es humaines ? A notre besoin d’agir et de nous dévouer n'otfret-elle pas le champ le plus vaste et le plus honorable, où se puisse dépenser pour le bonheur de nos frères et pour notre propre bien l’activité dont nous sommes doués ? A notre besoin de souffrir et de nous sacrifier ne présente-t-elle pas les plus nobles motifs qui puissent solliciter nos abnégations et nos oblations ?
Aussi bien, messieurs, nous sommes heureux de l'affirmer, ces harmonieuses relations de la foi catholique avec la volonté ou le cœur de l’homme ne sont pas sans émouvoir profondément non seulement les fervents du christianisme mais encore tous ceux qui s'occupent des grands intérêts moraux et sociaux de l'humanité. Il n’y a pas jusqu'aux incrédules, chez qui s’accentue tous les jours, semble-t-il, depuis vingt ans un mouvecment de retour aux idées spiritualistes, qui n’en prisent l'importance et la force. Non le Galiléen n’est pas vaincu ! Il ne le sera jamais ! Après avoir goûté de la morale indépendante, les hommes se sentent vite abusés, et si pendant leur vie, la vertu parfois fait peur à la vérité, à l’heure de la séparation suprême, aux derniers moments de la vie, comme M. Jules Simon l’an dernier, à l'heure de la souffrance, comme aujourd'hui M. François Coppée, on trouve très bon et très consolant de s’incliner devant une loi morale, qui répond mieux aux exigences de notre cœur, satisfait mieux notre triple besoin d'aimer, de nous Aévouer et de nous sacrifier. Est-