‹ La foi catholique dans ses relations avec la raison et la volonté [microforme]Chapitre 9 sur 15 · DANSE MONS TO PRET EN PE AN · texte numérisé non relu

DANSE MONS TO PRET EN PE AN

La liberté, messieurs, c'est le droit de choisir entre plusieurs moyens celui qui nous conduira à notre fin. La liberté, messieurs, dans toute vie humaine, ce n'est pas le droit de ne pas aller à Dieu, c'est celui de prendre tel ou tel chemin, telle ou telle orientation, laquelle, étant supposées les aptitudes et les tendances d'un individu, est plus propre à le diriger au but final. Quant à celui qui, abusant de sa liberté et la transformant en licence, prendrait un chemin qui ne mène pas à Dieu, il se trompe grandement s'il croit sortir à volonté de la sphère où il s’agite. Il continuera de tendre vers Dieu, et c’est parcequ'il tendra toujours et qu'il n’arrivera jamais, qu’il sera éternellement en chemin et éternellement malheureux. En théologie, messieurs, cela s'appelle la peine du Dam !

Hélas, dans notre état de nature déchue nous sommes expo- 84e à ne pas toujours voir bien clair dans ce chemin de la vie que nous parcourons tous. Pourtant, messieurs, selon le mot du poète, si l’homme est « borné dans sa nature », il est «infini dans ses vœux », « sil est un dieu tombé, il se souvient des cieux ! » |

Aussi bien, trouvons-nous chez tous les hommes un respect inné et un amour vrai pour ce qui apparaît bon et bien. C’est dans ce domaine des contingences de la vie que la liberté humaine a son action et qu’elle est laissée à son propre choix,

Sans doute l’abus des meilleurs dons de la nature, et, plus souvent peut-être, les pernicieuses influences d’une éducation fausse et méchante, pourront dévoyer un individu et le conäuire aux plus tristes excès ; mais, si vous le permettez, nous détournerons nos regards de ce navrant spectacle des turpitudes humaines, qui trop souvent, me semble-t-il, en notre fin de siècle, s'étale au grand jour sous les yeux du public, pour les porter plutôt sur le consolant tableau des tendances et des recherches qui font honneur à notre humanité.

Prenez l’enfant au berceau, voyez-le grandir, suivez-le alors

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que devenu homme il fait généreusement la bataille de la vie :

À peine son cœurs'ouvre-t-il aux sentiments, que les douces émotions de l'amour filial l’enlacent et le pressent ; ses regards et ses sourires s'adressent à ceux qui lui font du bien, à ceux qui lui sont bons ; déjà, il a vaguement conscience qu'il leur doit beaucoup et il les aime. Il aime sa mère surtout, sa mère qu'il l'aime tant. Il imprime tellement son image dans son âme d'enfant que toujours cette a bénie lui sera une force et une consolation.

Mais il a grandi, il est à l’âge où la vie se partage entre l'étude et les jeux : voyez il se lie avec ses camarades de jeu et ses compagnons d'étude. Ces bonnes et fortes amitiés, formées sur les bancs du collège, qui ne les a pas connues, qui ne se les est pas rappelées avec bonheur, à plus d’un tournant de sa vie ?

A la jeunesse succède l'adolescence. L'âge difficile ! L'âge critique ! Peut-être ? Mais aussi, messieurs, l'âge des beaux mouvements et des généreux sentiments. Qui osera jamais dire qu’un cœur de vingt ans n’est pas fait pour aimer, et pour aimer ce qui est beau et ce qui est bien. Et pour ne pas parler de ces affections très légitimes qui fondent en une seule deux vies distinctes et qui sont la base de la plus respectable et de la plus sainte des unions, combien de nobles amours ne sollicitent-ils pas un cœur de vingt ans ? À vingt ans, messieurs, on aime la science et l’étude ! On aime la science, parce qu’on comprend que ceux-là qui sont savants sont puissants dans le monde. On aime l'étude, parce qu'elle donne la science et parce que si elle impose des sacrifices et des peines, je le disais naguère et je le répète avec conviction, elle donne aussi des jouissances et des consolations. À vingt ans, messieurs, on aime sa patrie avec enthousiasme, surtout quand on peut lire dans les annales de son pays des pages aussi glorieuses que celles qui forment le livre de notre histoire. On aime sa patrie avec ardeur, et, si d'aventure on va là-bas, vers les contrées d'outre-mer, jusque sous ce ciel d'Italie si pur et

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la vie : si bienfaisant, et, jusque sur cette terre de France, qui nous douces garde tant de souvenirs qui sont nôtres, on se plait à redire regards avec le poète : « O Canada, mon pays, mes amours !» À vingt À dni ans On aime sa patrie, messieurs, et quand on voit, un jour “il leur de fête, les couleurs nationales se développer au souffle de la M se brise, on frémit dans son cœur et on applaudit à tout rompre ! Us sou Sans doute, avec les illusions de ses vingt ans, on perdra de ut quelque chose de cet enthousiasme ; mais l’homme de qua-

rante ans et celui de soixante ne laisseront pas de rechercher dotée ce qui est bon et bien. L'adolescent devenu un homme fait ; de jeu continuera d'aimer sa patrie, de lui vouloir du bien et de traamitiés, vailler à sa gloire. Il faut le reconnaître, les questions d'intéonnues, rêt privé, et ce que nos compatriotes auglais appellent d’un ss d'un mot très énergique, le struggle for life, calmeront les ardeurs

juvéniles, et quelquefois—je voudrais que ce ne fût pas souvent | L'âge —-enlèveront beaucoup de sa poésie et de sa beauté au vrai dan patriotisme. Il en restera pourtant au cœur de l’homme bien , jamais né. Et même si la cupidité et l’égoisme restreignent son action mer, et pour le bien, il aura soin de ne pas le proclamer sur les toits, : ne pas et il ira jusqu’à se le dissimuler à lui-même. Au reste. cet sé sènle homme à l’âge mur travaille pour ses enfants ; s’il veut du séctable s bien, c’est pour le leur partager, s'il consent à les éloigner de droites ï son foyer, c’est pour les voir mieux former leur intelligence | gt ans, et leur cœur. . | science, Quelle affection plus forte et plus tendre que celle d’une | nt puis- mère pour le cher petit être qui lui doit la vie ? Quel amour onne.la | plus légitime que celui d'un père pour le beau jeune homme peines, qui porte son nom et qui continue en quelque façon sa propre donne personnalité ?

8, mes- Puis quand, courbé sous le poids de l'âge le vieillard eût on redescend le versant de la vie et s'approche des portes du issi glo- tombeau, n'est-il pas vrai, messieurs, qu'il sait encore aimer ? des: On : Il aime les souvenirs de son passé, il se plaît à en parler avec as, vers chaleur, il aime ses anciens amis et c’est souvent pour lui la ï pur et pire des peines que de leur survivre ; il sime sa patrie lui

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