L'ACCOMPLISSEMENT
La divine promesse s'est accomplie au jour marqué p«r le Très-Haut. Quand l'Egypte était terriblement châtiée , quand Israël , par ses souffrances et son martyre , était mûr pour ses destinées , Dieu proclama la fête de Pesach , la fête de la liberté , la consécration des fils de Jacob comme peuple pontife. Pour inaugurer leur sacerdoce, nos pères durent procéder au sacrifice pascal, asperger avec le sang les portes de leurs maisons , accomplir tous les actes réservés plus tard aux seuls prêtres , fils d'Aaron. Ils durent manger, avec l'agneau, du pain sans levain également ordonné plus tard pour les sacrifices du temple , et transformer leur demeure en autel et en sanctuaire du Seigneur : nittron -^no tot Cjiptnan is wd m twam 'a (Pesachim, 96 a). Ils durent se réunir en communauté ( W ' ittn nny^npte), et marquer, par l'exécution préalable du commandement donné à Abraham (Exode, XII, 44, 48), et par leur participation à toutes les cérémonies du sacrifice , leur libre et publique adhésion à l'alliance et à la loi d'Israël. De cette nuit immortelle du 15 Nisan datent la constitution du peuple de Dieu , sa délivrance et son émancipation spirituelles, qu'aucune puissance du monde et qu'aucune sanglante persécution ne peuvent détruire désormais. Aussi la voix divine a-t-elle dit à nos pères :
(( Ce jour sera pour vous un souvenir, vous le célébrerez en fête de rÉternel , une loi perpétuelle pour vos générations. » (Ibid.j XI» 14.) Israël célébrera à tout jamais le Pesach , parce qu'il est à tout jamais délivré.
(K Les israélites, dit le maître au Kusari, étaient devenus esclaves en Egypte; leur nombre s'éleva à 600,000 hommes âgés de vingt ans. et au-Klessus ; ils étaient divisés , d'après leur origine , en douze tribus. Aucun d'eux ne s'enfuit, ne se réfugia dans un autre pays; aucan étranger ne se mêla avec eux. Ils attendaient l'arrivée de Tépoquo annoncée par Dieu à Abraham, Isaac et Jacob, pour leur donner le pays de Canaan. Ce pays était alors dans la possession de 8q>t nitions, qui se trouvaient au plus haut degré de prospérité et de puissance, tandis que les israélites étaient pauvres, opprimés par Pharaon, qui , pour empêcher leur accroissement , fit mourir leurs enfimts mfiks. Dieu envoya alors Moïse et Aaron, lesquels, malgré leur foiUesse, luttèrent contre le puissant roi par des prodiges, des miracles et des changements de la nature. Il ne put se cacher d'eux , ni leur ùm di mal ou se soustraire aux dix plaies dont furent atteints les Ëgyptiens, les eaux, les champs, l'air, les plantes, les animaux et les corps luh mains, puisque en un seul instant, à minuit, tous les premiers4iés moururent, et qu'il n'y eut aucune maison, sauf celles des israélites» sans mort.
« Toutes ces plaies arrivèrent après avertissement et menace prétr labiés et avec indication du temps ; elles disparurent de môme, afii qu'il fût évident qu'elles avaient été ordonnées avec intention par Diei, qui accomplit sa volonté quand bon lui semble; qu'il n'y avait doneli ni cause naturelle, ni influence des étoiles, ni œuvre magique» ai hasard. Dans la nuit donc où périrent les premiers-nés, les israélites» sur l'ordre de Dieu , quittèrent la servitude de Pharaon , prirent le route de la mer Rouge , guidés par une colonne de nuée et une colooM de feu, qui marchaient devant eux et leur montraient le chemin» floos la conduite de leurs chefs et princes , les deux divins vieillards, Molis et Aaron, qui, à l'époque où ils prophétisaient, avaient plus de quatre* vingts ans.
« Jusqu'à ce temps , les israélites avaient peu de lois héritées ds quelques ancêtres depuis Adam jusqu'à Noé, lois que Moïse n^apss abolies , mais augmentées. Quand Pharaon les poursuivit , ils n'avaisBt pas besoin pour se défendre d'armes que le peuple ne savait pas inS' nier ; mais Dieu divisa pour eux la mer, et ils passèrent, tandis qœ
Pharaon et son armée y périrent et leurs cadavres furent rejetés par les eaux sous les yeux des enfants dlsraël. » (Kusari , 1 , 83.)