‹ La foi d'Israel;Chapitre 17 sur 30 · FÊTE DES ILLUMINATIONS · texte numérisé non relu

FÊTE DES ILLUMINATIONS

Juda prend le commandement d'une petite phalange de combattants mal armés, mal vêtus , mal nourris. Mais il enflamme et exalte leur courage en leur communiquant «on esprit, son divin enthousiasme, et en leur adressant des discours comme jamais capitaine n'en a fait entendre à ses soldats. Aussi s'élancent- ils dans la bataille comme des lions , comme des archanges au glaive flamboyant, ne craignant et ne connaissant pas la mort. Ântiochus, furieux de cette résistance d'une poignée d'hommes , envoie contre eux des légions nombreuses et redoutables, des généraux illustres et puissants, Apollonius, Séron , Gorgias , Nicanor, Lysias , Ptolémée ; mais ils sont défaits par le Machabée, à qui rien ne résiste. Leurs armes , leurs trésors , leurs éléphants , tout leur riche matériel de guerre tombe entre les mains du héros Israélite , et des milliers de cadavres ennemis couvrent les champs de bataille de Bethoron , de Gadara , d'Idumée, d'Azot, de Jamnia, de Bethsura, etc.

Les ennemis survivants prennent honteusement la fuite ; alors Juda rassemble son armée et se dirige vers Jérusalem , dont l'aspect lui arrache des larmes et des cris de douleur. Il chasse les païens des lieux saints et procède immédiatement à la reconstruction et à la purification du temple. On fabrique de nouveaux vases sacrés ; on offre l'encens sur l'autel restauré , et on illumine le sanctuaire. Et le lendemain, 25'' jour du 9"" mois (Kislev)^ anniversaire de sa profanation , le temple fut solennellement inauguré par des sacrifices, des cantiques, des actions de grâces , des chœurs de lévites accompagnés de trompettes, de harpes et de cymbales. « Juda, dit Josèphe, célébra durant huit jours avec tout le peuplé, par de solennels sacrifices, la fête de la restauration du temple,

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et il n'y eut point de plaisir honnête que Ton ne prit durant ce temps. Ce n'étaient que festins publics; l'air retentissait des hymnes et des cantiques que l'on chantait à la louange de Dieu ; et la joie fiit si grande de voir, après tant d'années et lorsqu'on l'espérait le moins , rétablir les anciennes coutumes de nos pères et l'exercice de notre religion, qu'il fut ordonné que l'on en ferait tous les ans une fête qui continuerait durant huit jours. Elle s'est toujours observée depuis, et on la nomme la fête des Lumières , à cause , à mon avis , que ce bonhenr fut comme une agréable lumière qui dissipa les ténèbres de nos longues souffrances , et vint à paraître dans un temps où nous n'osions nous le promettre. »

« Ils célébrèrent huit jours avec joie , à la façon de la fête des Tentes , en se rappelant qu'ils avaient naguère passé cette fête sur les montagnes et dans les cavernes comme des bêtes sauvages. C'est pourquoi ils prirent aux mains des branches de lierre et des rameaux de palmier et entonnèrent des cantiques à Celui qui leur avait accordé le bonheur de purifier son temple (*\ )» (II,Machabée,X,6-8.)

D'après la tradition , c'est en souvenir d'un miracle particulier que nous allumons des lumières les soirées de cette fête. « Les Grecs avaient rendu impures toutes les huiles qui se trouvaient dans le temple. Après le triomphe des Asmonéens, on trouva, après de longues

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a Juda , ses frères et toute la communauté dlsraêl ordonnèrent de célébrer la fête de la restauration du temple , tous les ans le vingt-cinqaièa* jour de Kisîev , pendant huit jours , par des actions de grâces et dei louanges à Itternel. » (I Machabée, IV, 59; Il Mach., 1 , 10.)

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recherches, un seul flacon d'huile sainte portant le cachet du grand prêtre. Ce n'était que pour les besoins d'un jour; mais par un miracle, ce peu d'huile dura huit jours, w {Sabbath, 21 b.)

On rappelle aussi, pendant cette fête, l'histoire et l'héroïsme de Judith (lozeroth de sabbath Ghanouka,

a La prescription relative à l'illumination de Chanouka est un devoir fort agréable ; il faut l'observer exactement pour faire connaître le miracle et augmenter la louange de Dieu et la gratitude qu'on lui doit pour les choses merveilleuses qu'il a faites en notre faveur. >» (Maïmonide, Hilchath chanouka ^ IV, 12.)

D'après le Midrasch , l'histoire de cette fête et la cérémonie de l'illumination sont déjà indiquées dans le Pentateuque. » {Menarath hammaor^ chap. 133.) (*)

Cet anniversaire de la restauration du temple nous rappelle qu'à toutes ses gloires Israël peut ajouter la gloire militaire, j^n courage, un héroïsme, dont l'histoire des plus fameux et plus puissants peuples ne donne peut-être pas d'exemple. Jusqu'alors, nos pères étaient souvent sortis vainqueurs des combats, par l'intervention visible et directe de la Divinité. « Dieu combattra pour vous , » disait Moïse à son peuple poursuivi par Pharaon. Dans la lutte avec Amalec , Moïse éleva les mains vers le ciel, et l'ennemi fut vaincu. Les murs de Jéricho tombaient d'eux-mêmes , s'enfonçant si profondément dans

(*) Midrasch Agada, cité par Raschi à -jmbaînn B i nttJiB rûiabi mai»

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le sol , qu'on voit encore aujourd'hui qu'un prodige a passé parla. David avait une armée bien organisée, des généraux habiles , des ressources militaires considérables. Mais l'immortel Asmonéen, au milieu d'un pays occupé par des légions ennemies puissantes et nombreuses , n'ayant , lui , pour armée que quelques hommes peu familiarisés avec l'art de la guerre , livra aux bataillons d'Antiochus des batailles sanglantes , et planta sur leurs camps et sur leurs cadavres le drapeau du Dieu d'Israël ! Quel capitaine, ancien ou moderne , pourra donc eflFacer la grande figure de Juda Machabée? (*)

Cet anniversaire nous montre aussi que tous les eanemis de notre race, pour nous vaincre et perpétuer notre chute , employaient tous le même moyen , la proscription de notre religion. Ils savaient bien qu'aussi longtemps qu'Israël reste fidèle à sa loi et pratique ses commandements sacrés , aucune puissance du monde ne peut l'asservir. Pour devenir maître de nous , il faut renverser notre rempart : la religion que nous avons reçue sur le Sinaï ! Là est notre force , là est notre victoire , là est notre immortalité !

Vingt siècles ont passé sur cette grande et glorieuse époque de l'histoire Israélite. Pendant l'immense intervalle qui nous en sépare, Israël a souvent eu à lutter, non contre les seules armées des Syriens , mais contre la puissance de tous les empires et de tous les temps réunis, qui tous, par des persécutions sanglantes ou des

(*) a Les Âsmonéens , dit BlaTmonide , ont sauvé Israël de leurs puissants ennemis, établi un souverain de la famille sacerdotale, et renda i Israël la royauté pendant plus de deux siècles, jusqu*à la destruction di second temple.» (Yad ffacfcfoite, H., Chanouka.)

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