‹ La foi d'Israel;Chapitre 18 sur 30 · FÊTE DES ILLUMINATIONS. SI · texte numérisé non relu

FÊTE DES ILLUMINATIONS. SI

séductions perfides, par la force brutale ou des lois injustes» ont cherché « à nous faire oublier la loi de Dieu et déserter les décrets de sa volonté » ym'n wn^ri y^tn '^prro dtrwriii. Souvent notre sanctuaire fut violé , profané , détruit matériellement sur la terre ou attaqué moralement dans sa base ; et souvent aussi il a été reconquis 9 purifié , consacré de nouveau à la foi et à la vérité Israélites. Le miracle de Hanouka s'est mille fois répété : une étincelle de croyance israélite a suffi pour entretenir le feu sacré pendant des milliers de siècles ; une seule vérité israélite marquée du sceau divin a alimenté Tesprit et le cœur de mille générations. Aucune puissance du monde ne peut donc renverser notre temple tant que ridée israélite brûle sur son autel comme le feu descendu du ciel , tant que la pratique du commandement israé* lite se montre à tous comme le pain sacré sur la table du sanctuaire ; et la Synagogue peut retentir à tout jamais de cette parole du prophète : a Chantez , fille de Sion » soyez dans la joie , car je viens habiter au milieu de vous y dit rËternel. » i^x rû •^rrow ^^y^.

218 ir PARTIE. — LE CULTE.

POURIM. - FÊTE DES SOàTS.

onis)

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Le mois d'il(/ar a toujours été cher à Israël, car il rappelle particulièrement la divine protection descendue si souvent d'en haut, et d'une manière si miraculeuse, sur notre sainte et antique race; il rappelle les coups portés par la Providence à Pharaon et à Aman, pour avoir attenté à la liberté et à la vie de nos pères. Aussi le Midrasch dit-il : « Si toutes nos fêtes étaient un jour abolies, celle de Pourim ne le serait pas. » Organe et représentant de . la liberté morale dans le monde, Israël célèbre avec bonheur et orgueil les anniversaires de sa délivrance ; car, pour lui, l'oppression n'est pas seulement un attentat à la dignité humaine , mais aussi un crime de lèse-divinité, puisqu'elle est la soumission idolâtre à un homme ou à un gouvernement qui s'arroge sur la société l'autorité et les droits de Dieu. C'est pourquoi toute notre loi religieuse , depuis la solennité de Pesach jusqu'à celle du 14 Adar, est une loi d'émancipation et d'affranchissement, nn^n ô<fcï< n-inn K^pm b».

Dans la fête de Hanouka , nous voyons le salut d'Is;raël conquis par l'épée victorieuse d'un homme ; dans la fête de Pourim , c'est la grâce d'une femme qui a sauvé

nos pères. Le Seigneur se sert de toutes sortes de moyens, de toutes espèces d'anges, pour nous arracher au péril; et en Israël, où il y a égalité absolue de gloire, de martyre et de lumière divine , les femmes aussi bien que les hommes sont les envoyés du Très-Haut.

a Esther est pour nous une douce et ravissante image , un des plus purs diamants de la couronne israélite. Dans Myriam, veillant, priant et pleurant sur le bord du Nil, où son frère attend la mort, nous admirons la prudence et Tamour fraternel ; dans Debora, la prophétesse et Toracle céleste, nous saluons la poésie sacrée et l'inspiration divine ; dans Judith , soldat du Seigneur, nous sommes frappés du courage surnaturel qui mit une épée dans la main délicate de cette immortelle héroïne de notre race ; dans Ruth , Tinfortunée Moabite , nous sommes touchés du dévouement de la fille pour sa mère adoptive, de rattachement d'une étrangère à notre Dieu et à notre foi ; dans Esther, nous adorons la grâce , le charme , la pieuse modestie , la sainte résignation poussée jusqu'au martyre, qui brilleront à jamais, comme un astre éclatant, dans Tâme, dans le souvenir et dans la reconnaissance de toute femme dlsraël. » (1)

Mais voici Tévénement qui a donné lieu à la fête de Pourim.

Assuérus, roi de Perse et de Médie, dans la troisième année de son règne, répudie la reine Vasthi , parce que dans un festin elle refuse de paraître devant les invités; quatre ans après, il choisit pour femme Esther, une Juive, nommée jusqu'alors Hadassa. Mardochée , son parent et tuteur, remplissant les fonctions de gardien de porte à la cour, se distingue en découvrant une conspiration ourdie contre la vie du roi. Mais, bientôt après, il refuse de rendre les honneurs publics habituels à Aman , Torgueilleux grand-vizir ; celui-ci en est tellement exaspéré qu'il demande au roi Textermination de tous les Juifs

(«) Lettres d'une Parisienne , Univers israélite ^ mars 1856.

habitant Tempire persan. Le roi j-consent, et 1*0 donné, dans toutes les provinces et tontes les vi faire mourir les Juifs le 13* jour do mois à'Âdt marqué par le sort comme favorable à l'entreprî! licitée par Mardochée , Esther va chei le roi , couvre son origine juive, tenue secrète jasqa'a supplie pour son peuple. Sa prière est écoutée est mis à mort, Mardocbée est élevé & la dignité i et Tordre d'extermination rendu contre les Juifs nuléparun autre décret qui autorise ces derniers à ser par les armes toute agression. Le 13 Adar, attaqués dans beaucoup de localités; mais, soute les employés du roi, ils triomphent partout. En a de cette délivrance, la fête de Pourim est înstîtU' cet événement, arrivé environ six siècles avant 1* gaire, embrasse une période de dix ans.

Le document qui contient l'histoire de ce dram chef-d'œuvre d'exposition, de style, de couleur lo composition en est attribuée par le Talmud (fit thra, 15 a) aux docteurs de la grande synagogt Mardochée a fait partie (*), bien que le nom de se trouve pas une seule fois dans le livre d'Es Meguilla. Ce livre, qui a inspiré les poètes de pays et de tous les siècles , a aussi excité les i lions des plus profonds penseurs. On y lit :

«Dans la troisième année de son règne, AssuëniB fit un fe seigneurs et à ses serviteurs, les princes de Perse et del olGciers et les gouverneurs des provinces , pour montrer lei et la gloire de son règne , les magnîQcencea et les splendei grandeur, pendant cent quatre-vingts jours, s

[<) Talmud Meguilla, leb. Ta.

Voilà, certes» une abominable inauguration d'un règne ! Tout un peuple convié à une ivresse de six mois » pendant lesquels le travail est abandonné » le sanctuaire de la justice fermé , le foyer domestique livré à la solitude et au désordre 9 tous les devoirs moraux et sociaux oubliés ou violés... Est-il étonnant qu'Assuérus ait voulu vendre les Juifs à Aman, après avoir épuisé tant de tré-' sors du pays par d'indignes dissipations! Mais c'était toujours ainsi l'habitude de tous les tyrans qui ont persécuté nos pères. Quand » par une vie de désordre et de débauche , ils avaient ruiné leur pays , ils ont , sous le masque hypocrite du zèle religieux, attaqué les israélites et confisqué leurs biens.. C'est encore aujourd'hui le secret des exactions dont nos coreligionnaires de certaines contrées sont toujours victimes. Aussi , pour punir Pharaon dans l'intention même de son crime, Dieu avait promis à Abraham que ses enfants quitteraient l'esclavage chargés de richesses. Aussi le livre d'Ësther, qui commence par une immense orgie, comment finit-il? Par cette phrase significative : Le roi Àssuénis frappa de cantributwm ses possessions de terre et de mer. » (Chap.

Cette ivresse de cent quatre-vingts jours se termina

par un acte aussi insensé que monstrueux. Malgré la sévère coutume persane qui défend aux femmes de se montrer à visage découvert devant les hommes (Voy. Josèphe, H* livre, chap. VI), le roi ordonna à la reine de venir s'exposer aux regards avinés de ses convives. Vasthi, qui, au milieu de tant de désordres, sut résister à un caprice tyrannique et maintenir la dignité de l'épouse et de la reine , fut lâchement punie par la perte de sa couronne.

Voilà OÙ conduisent les fêtes du paganisme , les fêtes de toutes les sociétés où la pensée divine est absente, où la loi morale est blessée, où la dignité humaine est foulée aux pieds! <c L'État, dit un philosophe célèbre, perd plus de sujets par les fêtes que par les batailles. » Bien avant lui , un docteur de la Synagogue, Rabbi Siméon , disait : « Trois hommes qui mangent ensemble et ne s'entretiennent pas de choses religieuses sont comme s'ils mangeaient d'un sacrifice offert aux idoles. » (Abothy III , 4.) Mais le festin d'Israël , c'est la table devant le Seigneur (Ezéchiel, XLI, 22); c'est la fête de Pourim, qui resserre les liens de la fraternité Israélite et envoie des dons aux pauvres (Esther, IX, 22) ; c'est le repas de Moïse , où Aaron et tous les anciens d'Israël vinrent manger avec Jéthro devant l'Éternel (Exode y XVIII, 12); c'est le repas des princes d'Israël qui contemplèrent D'm avant de manger et de boire (Ibid., XXIV, H); c'est le repas d'Abraham visité par les anges , sanctifié par la prière, et où la femme est l'objet des hommages et des promesses du Ciel. Mais , aux saturnales de Tidolàtrie, « le peuple se lève de grand matin , offre des sacrifiées abominables, se met à manger et à boire, et se livre à tous les débordements. » (Exode, XXXII, 6.)

Esther, la modeste et humble jeune Israélite, l'emporta sur les milliers de filles persanes qui se disputaient laconronne. Cependant son triomphe, qui ruinait tant de prétentions et d'espérances , n'excita la jalousie de personne: « elle conquit la grâce de tous ceux qui la voyaient. ■ (II, 15.) Le roi mit le diadème sur son front et la proclama reine à la place de Vasthi. Pour célébrer cet heureux événement , il donna à ses princes et à ses digni-

FÉTË DES SORTS. 223

taires un festin , non une orgie comme sous la première sultane , mais le festin d'Esther^ c'est-à-dire présidé par la convenance , la dignité , les nobles et délicates manières ; et, au lieu d'enivrer la populace de Suze et de la plonger dans tous les mauvais excès , le roi accorda au pays des soulagements et distribua des bienfaits. (Ibid. ,18.) Voilà le cadeau de noces qu'Esther avait demandé , voilà la première influence de la reine Israélite !

a Esther ne révéla pas sa race ni son peuple , ainsi que le lui avait recommandé Mardochée. Elle obéit à ses paroles comme au temps où elle était encore sous sa tutelle, d {Ibid,^ 20.)

La noble fille de Juda n'avait pas honte de sa foi , ne rougissait pas de son origine Israélite ; elle alla bientôt , au jour du danger, en donner un grand et éclatant témoignage. Au milieu de ses splendeurs, elle ne voyait que Sion détruit, que le sanctuaire dévoré par l'incendie, que ses pères opprimés et persécutés ; vêtue de soie et d'or, ayant un monde à ses pieds , son âme en deuil portait le cilice et la cendre :

Esther, disais-je, Esther dans la pourpre est assise, La moitié de la terre à son sceptre est soumise : Et de Jérusalem Therbe cache les murs !

Mais Mardochée , inspiré par la sagesse divine , lui avait dit de garder le secret de sa naissance jusqu'au jour marqué d'en haut. Et elle , souveraine d'un empire immense , continua d'obéir à son parent comme si elle était encore une pauvre orpheline. Quelle humilité dans la grandeur et quelle union dans la famille ! Voilà l'honneur, la bénédiction et le salut du judaïsme : réserve et modestie dans la fortune , dignité et fierté dans le malheur, céleste harmonie au foyer domestique , tendresse et res-

224 ir PARTIE. — LE CULTE.

pect des enfants envers leurs parents. Sacrifice , dévouement et amour» voilà les âmes d'Abraham , d'Isaac et de Jacob vivant éternellement dans leur postérité !

Un complot contre la vie du roi fiit découvert par Mardochée ; il en informa Esther, qui en prévint le roi <t aa nom de Mardochée » . Elle réserva à son parent la gloire et la récompense de ce grand service.

Cependant le prince des ténèbres , Fauteur de tout mal , Satan , voyait avec colère la piété et la vertu assises sur le trône ; il était furieux de voir Israël jouir d'un peu de repos et de sécurité , d'entendre dans le palais du roi y — temple des faux dieux et des pratiques abominables , — les cantiques de Sion s'élever en l'honneur du Dieu-Un dans les suaves chœurs d'Esther et de ses compagnes... Alors il ressuscita de l'enfer un descendant d'Agag , pour détruire l'œuvre du Seigneur et faire du paradis un désert et un tombeau... Mais lafid* blesse de Saûl envers notre plus cruel ennemi allait^être réparée par sa noble petite-fille.

Aman , de la race d'Amalec , fut élevé au rang de premier vizir. Tous les serviteurs du roi se prosternèrent devant lui , à l'exception de Mardochée , dont la religion et le sentiment Israélite lui défendaient cette vile adorar tion d'un mortel. Aman, dont la vengeance n'était pas sar tisfaite par la mort d'un seul, voulait immoler à sa colère et à son orgueil blessé tous les Juifs de l'empire ; il dit au roi :

oc II est un peuple dispersé et décimé parmi les peuples de toutes itf contrées de ton empire; leurs lois sont différentes de celles de toM It les nations , et ils n'observent point les lois de ton règne : il ne oomM 1^ point au roi de les tolérer. S*il plaît au roi , qu'ils périssent ! » 1^

Langage stéréotypé y mensonge banal , calomnie odieuse , qui se trouvent dans la bouche et sous la plume de tous les persécuteurs de la liberté de conscience , de tous les ennemis d'Israël. Dans tous les pays et dans toutes les religions, on honore particulièrement les associations d'hommes qui , sous le nom d'ordres » de confréries , de congrégations 9 etc., se distinguent des autres hommes par une certaine austérité de mœurs et une certaine rigidité de conduite. Israël, cette grande confrérie religieuse dans l'humanité, a dû souvent mourir, sous les païens , pour n'avoir pas pris part à des bacchanales abominable^ ; sous les chrétiens , pour avoir été préser^ vée de la peste par la sobriété de sa vie. Toujours et partout y l'accusation d'Aman a poussé des racines empoisonnées dans les cœurs méchants et les instincts féroces.

c Et Esther fait dire à Mardochée : Va , réunis tous les Juifs de Suze, et jeûnez à cause de moi pendant trois jours et trois nuits ; moi et mes compagnes nous en ferons autant; et c*est ainsi que jlrai auprès du roi , contrairement à la loi , et , si je dois mourir, je mourrai ! »

Grande et sublime image de la vie d'Israël ! Pour toutes les sérieuses circonstances de son existence icibas, rîsraélite se prépare par le jeûne, la prière, les bonnes œuvres , la sanctification du corps et de l'âme. Le premier jour de Tan n'est pas chez nous un jour de dissipation et de plaisir, mais un jour saint et auguste consacré à l'Étemel et à l'examen de notre conduite. Le jour du mariage est, pour les jeunes époux Israélites, un jour de recueillement et de pieuses méditations . Nos pères ont célébré leur délivrance de Mizraïm par la divine solennité de la soirée pascale. Après nos grandes fôtes du printemps et de Tautomne, il y a des jours d'abstinence

pour expier les péchés qu'on a pu commettre dans la joie et dans l'enivrement. La vie israélite tout entière est un long jour de pénitence et de prières, car d'un moment à l'autre on peut être appelé devant le Roi des rois» et paraître en sa présence, contrairement à la loi^ chargé

de fautes et d'iniquités Qui sait si alors le souverain

maître du monde tendra à Esther le sceptre d'or de la miséricorde et du pardon?... Qui sait si Esther pourra alors se montrer dans le palais céleste ornée des vêtements royaux de la vertu et de la sainteté, et si elle pourra ofïrir aux élus du ciel le festin de ses mérites , les fruits de son passage sur la terre ?...

a En cette nuit le sommeil du roi était trouble ; alors il ordooni (rapporter le livre des souvenirs, les chroniques des temps, el têê furent lus devant lui. Et il s'y trouvait écrjt que Mardochée avait r^ vêlé le complot de Bigthana et Teresch, deux officiers du roi, qù avaient voulu attenter aux jours du roi Assuérus. »

Ouvrez donc le livre des souvenirs, rois et nations de la terre, et vous trouverez sur mille pages les services qu'Israël vous a rendus , le puissant concours qu'il a apporté à votre prospérité, à votre salut, à votre gloire! Ouvrez les chroniques des temps, souverains d'Espagne, et vous verrez des juifs assis dans vos conseils, administrant vos finances, commandant vos armées, élevant haut votre nom et portant au loin l'illustration de votre empire par leur patriotisme, leur science, leur poésie, leurs chants divins!... Réveillez-vous de votre sommeil» souverains et peuples, ouvrez le livre des souvenirs, oih vrez les chroniques des temps, et voyez si vous ne seriei pas plongés encore dans la barbarie , dans les ténèbres de l'idolâtrie , dans l'abomination de tous les crimes , si Israël ne vous avait révélé le mal et le bien, fait cos-

naître son Dieu , sa loi , sa céleste lumière ! • . . Comment avez-vous récompensé Mardochée, qui vous a sauvé la vie étemelle?...

« Alors le roi dit à Aman : « Hâte-toi , prends le manteau royal et le cheval, comme tu as dit, et fais ainsi à Mardochée, le Yehudi , qui est assis à rentrée du palais ; n*omets rien de tout ce que tu as dis. »

Si le méchant est souvent pris dans le piège qu'il a tendu à son prochain , les fruits de son ambition et de ses calculs égoïstes ne sont pas moins souvent le partage d'autrui. Aman a beau calomnier Mardochée et ravaler ses mérites, tramer contre lui de noirs complots, le persécuter odieusement pour un peu d'air et de bien-être dont il jouit dans le coin d'un palais quelconque..., au moment où le méchant croit avoir atteint son but, au moment où il croit avoir accablé l'homme juste de désespoir et d'affliction , une réaction s'opère , la vérité se fait jour, et Aman est forcé de rendre justice à celui qu'il a persécuté , et sa femme lui dit comme Seresch : <( Tu tomberas devant lui ! »

« Et beaucoup dliabitants du pays embrassèrent le juda!sme, car la crainte des Yehudim les avait saisis. »

Preuve de la valeur des changements de religion quand la terreur et la force brutale , dans les temps antiques , quand des lois intolérantes et des inégalités civiles, dans les temps modernes, conduisent l'homme à l'apostasie. Mais au moins les coreligionnaires de Mardochée, en triomphant de leurs ennemis, n'en confisquaient pas les biens pour les forcer à abjurer leur culte, iniw «i nna-ï trr»r«.

<c Et ils n$ touchèrent pas au butin. »

Glorieux témoignage pour le désintéressement de nos

pères ! Éclatante réfutation de tout ce que nos adversaires , anciens et modernes, ont dit et écrit de la prétendue cupidité de nos coreligionnaires. Au jour de leur triomphe, les israélites sujets d'Âssuérus avaient à leur merci tous les biens de leurs ennemis , a car la crainte de Yehudim était tombée sur eux » (VIII, 17); cependant ils ne touchèrent à rien , comme Abraham après sa victoire sur les quatre rois ; et leur triomphe , au lieu de coûter une larme aux habitants paisibles de Tempire, fit que « la ville de Suze retentit de joie et d'allégresse ». {Ibid.y V, 15.) A leur sortie de TEgypte, les Hébreuxse firent payer le juste et légitime salaire de leurs travaux de quatre siècles. A leur délivrance de la persécution d'Aman , ils distribuèrent des secours aux pauvres et contribuèrent à la puissance et à la prospérité de l'empire, « car Mardochée , le Juif, était le second après le roi et cherchait le bonheur de son peuple. » (X , 2-3.) Descendants de Benjamin , Mardochée et Esther ont aocompli cette merveilleuse prédiction de Jacob : « Benjamin, un loup qui dévore , le matin il consume sa proie, et le soir il partage les dépouilles, » (Genèse, XLIX, 27.) C'est la distribution et la charité de Pourim !

ce Et Mardochée écrivit ces événements et envoya des lettres à tous les Juifs de Tempire du roi Assuérus, leur disant de célébrer tous les ans le quatorzième et le quinzième jour du mois d'adary en souvenir des jours où les Yehudim conquirent le repos sur leurs ennemis, et du mois où la douleur fut transformée pour eux en joie , et le deuil en fête; exhortant de célébrer ces jours en festins et en allégresse, el par l'envoi de présents Tun à l'autre et de dons aux pauvres. »

Voilà la vraie fête d'Israël , illuminée par la fraternité et la charité , ces deux grandes lumières resplendissant au ciel du monde Israélite pendant les jours du bonheur

comme pendant la nuit de l'infortune. Aussi la solennité de Pourim a-t-elle toujours été marquée au milieu de nous par une abondance de charité et d'actes bienfaisants. Maïmonide dit : w II vaut mieux distribuer en ce jour plus de dons aux pauvres que de faire à soi-même un grand festin, ou d'envoyer des présents à ses amis. Il n'est point de joie plus grande et plus méritoire que celle de réjouir le cœur des nécessiteux, des veuves, des orphelins et des étrangers. » (H. Meguilla, II, 17.) (*)

(*) « n faut donner à tous ceux qui tendent la main ; car H n'est point de contentement plus grand et plus méritoire que de réjouir le cœur des pauvres, des orphelins, des veuves et des étrangers. Celui qui réjouit ces infortunés est comparable à la bonté divine dont il est dit : a Elle relève Tesprit des malheureux et le cœur des affligés.» {Ibidem.)

XiSS ^fiUBVfiS.

niolîrn

A côté de ses fêtes, demî-fétes et jours fériés (*^ Israëla des jours déjeune et de deuil, en commémoration de tristes souvenirs. Ces jours de jeûne, pour lesqueb est prescrite une abstinence rigoureuse de toute nourri^ ture, sont :

!• Le 3 Tischri (mb'iadis), pour rappeler le meurtre commis sur Ghedalyahu , gouverneur de la Judée , dont la mort a fait évanouir la dernière espérance dlsraêl sous la domination babylonienne. (II Rois, XXV; Jérémie, XLI.) Ce jeûne est en même temps un des dix jours de pénitence de Tischri.

2* Le 10 Tebeth (naoa nies?), jour où commença le siège de Jérusalem par Nabuchodonosor. (II Rois, XXV, 1 ; Jérémie, XXXIX, 1 ; Ezéchiel, XXIV, 1-2.)

(*) Ces jours fériés sont : les Néoménies {rosch hodesch) ; le 15 «ehcMi commencement de Tannée pour les arbres , dont les fruits sont souoiif à la dîme à partir de cette époque ; le 18 iyar (33* jour de Vomer) , anniversaire de la cessation d*une épidémie ; le 15 ab , anniversaire de la réconciliation de la tribu de Benjamin avec les autres tribus, etd*autrei événements ; le petit Pourim ; la veille des fêtes et le lendemain (tfl TtNOî les trob jours qui précèdent la fête des Semaines (M^a^M TD*^ txtbo)* Ces jours ne se distinguent des jours ordinaires que par quelques changements dans les prières.

LES JEUNES. 23i

3* Le 13 Adar (nro» nr^a»n), jeûne d'Esther. (Esiher, IV, 16; IX, 31,)

4* Le 17 Tammou% (n»ra iw «paw), anniversaire de plusieurs événements malheureux. Le culte, dans le premier temple, cessa en ce jour avant la destruction; au siège du second temple par les Romains, la muraille principale de la ville fut renversée. En ce jour aussi, les tables de la loi fiirent brisées par Moïse à la vue du veau d'or. (Taanith, 26 b.)

5* Le 9 Ab ( nxa rwttjn) , jour de deuil et de larmes, qui a vu la destruction de deux temples de Jérusalem. (II Rois, XXV, 8; Josèphe, Guerres des Juifs^ VI, 4, 5; Taanithj 29 a; Rosch HaschanUy 18 b.)

Ce lugubre anniversaire du cinquième mois est célébré par la Synagogue dans l'affliction la plus sombre et la plus profonde. Jour néfaste et épouvantable, marqué de sang, de larmes et de désespoir, où notre couronne fut brisée, notre gloire plongée dans la poussière, notre peuple dispersé au vent, nos princes et nos pontifes enchaînés au char de triomphe du vainqueur, où l'idolâtrie fiit victorieuse et Dieu , en quelque sorte , exilé de la terre!... En vérité, non-seulement Israël, mais tout le genre humain, devrait pleurer la chute du temple qui a arrêté le monde dans la marche de son développement, reculé de longs siècles le vrai progrès de l'humanité , sa perfection, son bonheur et son salut.

L'histoire raconte la résistance héroïque, désespérée, inouïe, faite par les Israélites aux légions romaines. Titus dut lancer toute son armée , l'enflammer par des discours enthousiastes, fanatiques, promettre des récompenses brillantes et menacer par des châtiments terribles, pour vaincre chez ses soldats la terreur que les

Juifs leur inspiraient (0. Et, sans la discorde que de longues souffrances et la trahison avaient fait naître dans

{*) Il leur disait entre autres :

« Cette constance invincible que les Juifs témoignent au milieu de tant de maux qui étonneraient des âmes lâches , ne doit-elle pas aussi vous animer? Quelle honte serait-ce que des soldats romains, des soldats que je commande, des soldats qui en temps de paix s*occupent continuellement aux exercices de la guerre , et qui dans la guerre sont accoutumés à toujours vaincre, cédassent en courage aux Juifs?.... Quelle infamie vous serait-ce de témoigner moins de cœur que ceux sur qui vous avez tant d'avantage? Quoi ! les Juifs, qui ne doivent point avoir de honte d'être vaincus, puisqu'ils sont accoutumés à la servitude, ne craignent pas, pour s'en affranchir, de mépriser la mort et de nous attaquer avec tant de hardiesse , non par espoir de nous pouvoir vaincre , mais par vaillance; et nous qui avons assujetti à notre domination presque toute la terre et toutes les mers , et à qui il n'est pas moins honteux de ne pas vaincre qu'aux autres d'être vaincus, nous attendrons avec une si puissante armée que la famine et le besoin achèvent d'accabler les révoltés , sans oser rien entreprendre de glorieux, quoiqu'il n'y ait rien que nous ne puissions entreprendre sans grand péril ?.... Je ne vous parlerai point des louanga que méritent ceux qui finissent leurs jours les armes à la main, et quone gloire immortelle rend toujours vivants, même après leur mort, dans la mémoire des hommes; mais je vous dirai seulement que je souhaite qu'une maladie emporte durant la paix ces lâches dont les âmes et les corps descendent ensepble dans la tombe : car, qui ne sait que ceux qui meurent en combattant avec un courage invincible ne sont pas plutôt dégagés de la prison de leurs corps qu'ils vont prendre leur place dans le ciel entre les étoiles, d'où leurs âmes héroïques paraissent à leurs descendants comme des esprits bienheureux , pour les animer à la vertu par le désir de posséder un jour une même gloire ; et qu'au contraire les âmes de ceax qui meurent de maladie dans un lit , quelques tourments qu'elles souffrent dans un autre monde pour être purifiées de leurs taches, sont ensevelies avec leur nom dans des ténèbres perpétuelles?.... Je m'engage à récompenser de telle sorte le mérite de celui qui montera le premier sur la brèche, que, soit qu'il vive oil qu'il meure après avoir fait une si belle action, il sera digne d'envie, puisque s'il survit il commandera à ceux qui auparavant lui étaient égaux , et que si cette brèche devient son tombeau , il n'y aura pas d'honneurs que je ne rende à sa mémoire. > (Josèphe, Guerre^ VI, 4.)

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