CHAPITRE II
L'unité dont il est question signifie que les membres (le la véritable Eglise doivent professer les mêmes croyances, adnaettre la même révélation et reconnaître l'autorité des mêmes pasteurs. L'hérésie et le schisme sont opposés à l'unité chrétienne. Par l'hérésie on rejette un ou plusieurs articles de la foi chrétienne ; par le schisme on méprise l'autorité de ses chefs spirituels. Que notre Sauveur exige l'unité de foi et de gouvernement entre ses membres, cela ressort de nombreux passages de la sainte Ecriture. Dans cette admirable prière, qui précéda immédiatement sa passion il dit : « Je prie encore pour ceux qui parleur parole croiront en moi, afin que tous ensemble ils ne soient qu'un; comme vous, mon Père, êtes en moi, et moi en vous, de même qu'ils ne soient qu'un en nous ; pour que le monde croie que vous m'avez envoyé \ » Ici, Jésus demandait que ses disciples fussent unis dans une foi commune, comme Lui et son Père sont unis dans une même essence : mais nous n'en saurions douter, la prière de Jésus est toujours entendue.
Saint Paul range dans la même classe que le meurtre et
1 s. Jean, XVII, 20, 21.
l'idolâtrie le schisme et l'hérésie, et il déclare que les fauteurs de sectes ne posséderontjamais le royaume de Dieu ^ Dans son épître aux Ephésiens, il insiste sur l'unité de la foi dans le magnifique langage qui suit : « Travaillez avec soin à conserver l'unité d'un même esprit parle lien de la paix. Vous avez un seul corps et un même esprit, comme vous avez été appelés à une même espérance. Il n'y a qu'un seul maître, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu père de tous, qui est au-dessus de tous, sur tous et en nous tous ". » De même que tous, dit-il, vous adorez un seul Dieu et non plusieurs; que vous reconnaissez le même médiateur divin de la Rédemption et non plusieurs; que vous êtes sanctifiés par le même Esprit divin et non par plusieurs esprits; de même que vous attendez le même ciel, ainsi vous devez tous professer la même foi.
L'unité de gouvernement n'est pas moins essentielle à l'Eglise de Jésus-Christ que l'unité de doctrine. Notre divin Sauveur ne parle jamais de ses églises, mais seulement de son église. Il ne dit pas : « Je bâtirai mes églises sur cette pierre, » mais : « Je bâtirai mon église sur cette pierre \ » De ces paroles nous devons conclure qu'il n'a jamais eu l'intention d'établir ou d'autoriser différentes sectes luttant entre elles, mais qu'il a voulu élever un seul corps homogène dont les membres devraient se rattacher à une tête visible; car de même que l'Eglise est un corps visible, de même aussi elle doit avoir une tête visible.
L'Eglise est appelée un royaume : « Il régnera à jamais sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin. » Or dans tout royaume bien réglé il n'y a qu'un roi, qu'une forme de gouvernement, qu'un corps de loi uniforme que tous sont tenus d'observer. De même dans le royaume spirituel de Jésus-Christ il ne peut y avoir qu'un
» Galates, V, 20, 21.
2 Ephésiens, IV, 3,0.
3 S. Mutth., XVI, 18.
seul chef auquel tous doivent une obéissance spirituelle; qu'une seule forme de gouvernement ecclésiastique; qu'un corps uniforme de lois que tous les chrétiens sont tenus d'observer, car « tout royaume divisé contre lui-même sera détruit ^ » .
Notre Sauveur appelle son Eglise une bergerie : « Il n'y aura qu'un seul troupeau et qu'un seul pasteur ^ » Où trouverons-nous une plus belle comparaison représentant mieux l'unité que celle qui nous est figurée par la bergerie? Toutes les brebis du troupeau sont réunies; si elles sont un moment séparées, elles sont impatientes de se retrouver ensemble : elles suivent les mêmes routes; elles paissent dans les mêmes pâturages; elles obéissent à un même pasteur et fuient à la voix des étrangers. Ainsi notre Maître désire que toutes les brebis de son troupeau participent aux mêmes sacrements et au même pain de vie, qu'elles suivent les mêmes règles de foi, comme guide sûr pour arriver au ciel. Il veut qu'elles écoutent la voix d'un Pasteur Suprême et qu'elles aient grand soin de fuir les faux docteurs.
Son Eglise est comparée au corps de l'homme: dans un corps il y a plusieurs membres, tous inséparablement unis à la tête. La tête commande ; le pied à l'instant se meut, la main se lève et les bras s'ouvrent. Notre maître a ordonné que son Eglise composée de plusieurs' membres fût unie à une tête visible et suprême à laquelle chacun des membres doit obéir.
L'Eglise est comparée à un plant de vigne dont toutes les branches, quoique s'étendant au loin et tout autour, sont nécessairement unies à la souche mère et se nourrissent de sa sève. De même notre Sauveur aura tous les plants de sa vigne unis à la souche principale.et c'est d'elle «lu'ils tireront leur substance.
1 s. MatUi., Xil, Ho.
- S. Jean, X, 10.
L'Eglise enfin dans les saintes Ecritures est désignée sous le beau titre de fiancée et d'épouse du Christ, et la loi chrétienne n'adoiet qu'une seule femme légitime \
De fait le sens commun tout seul, indépendamment de la révélation, suffit pour nous convaincre que Dieu ne saurait être l'auteur de différents systèmes de religions. Dieu est essentiellement un. Il est la vérité même. Gomment le Dieu de la vérité peut-il affirmer, par exemple, à une communauté chrétienne qu'il y a trois personnes en Dieu et à une autre qu'il n'y en a qu'une seule ! Gomment peut-il dire à celui-ci que Jésus-Ghrist est Dieu et à celuilà qu'il est seulement homme? Gomment peut-il me dire que les tourments des méchants sont éternels et à un autre qu'ils ne le sont pas? L'une ou l'autre de ces assertions contradictoires doit être fmsse. « Dieu n'est pas le Dieu de la dissension mais de la paix ^ »
De tout cela, il ressort d'une manière évidente que Jésus-Ghrist voulait dans son église une doctrine commune dont tous les chrétiens doivent faire l'objet de leur foi, et une forme unique de gouvernement à laquelle tous sont tenus de s'attacher loyalement.
Malgré tout le respect dû à mes frères dissidents, la vérité me force à dire que cette unité de doctrine et de gouvernement ne se trouve pas dans les sectes protestantes unies ou séparées. Que les différentes classes protestantes différent entre elles non seulement dans des détails peu importants, mais jusque dans les parties essentielles de la foi, c'est évident pour tout homme qui connaît la doctrine des divers Credo. La multiplicité des sectes dans cette contrée, leurs mutuelles attaques sont le scandale de la chrétienté et le plus grand obstacle à la conversion des païens. Non seulement une secte diffère de l'autre, mais encore chaque caste particulière se divise en deux ou plu-
1 Apoc, XXI, 9.
- I Coriût., XIV, 33.
sieurs branches indépendantes et en lutte les unes avec les autres.
Dans les Etats de la Caroline du Nord, nous avons plusieurs classes d'anabaptistes, ayant chacune son appellation propre. 11 y a pareillement l'Eglise méthodiste du Nord et du Sud: la vieille et la nouvelle école presbytérienne. Et même dans la communion épiscopale, qui est, après l'Eglise catholique, le corps le plus conservateur, on distingue les ritualistes ou la haute et la petite église. Bien plus si nous interrogeons séparément chacun des individus composant les fractions de ces classes, nous en verrons souvent qui donneront des assertions contradictoires sur divers points de doctrine.
Les protestants diffèrent entre eux non seulement par la doctrine, mais encore par la forme du gouvernement, et par la discipline ecclésiastique. L'Eglise d'Angleterre reconnaît le prince régnant comme son chef spirituel, quelques sectes admettent les diacres, les prêtres et les évêques comme partie essentielle de la hiérarchie; tandis que la grande majorité rejette d'un seul coup ces divers ordres.
Où trouverons-nous donc cette unité nécessaire de foi et de gouvernement? Je réponds avec assurance, nulle part, excepté dans l'Eglise catholique.
Les catholiques s'élèvent au nombre de deux cent trente six millions. Ils ont tous : « un même chef, une même foi, un même baptême, un même Credo. » Ils reçoivent les mêmes sacrements, s'inclinent devant les mêmes autels, et rendent leurs hommages spirituels à un même chef; qu'un catholique soit assez infortuné et assez opiniâtre pour nier un article de foi ou pour se séparer de la communion de ses pasteurs légitimes, il cesse d'être un membre de l'Eglise et on le rejette comme une branche desséchée. L'Eglise retrancherait plutôt son bras droit que de permettre à un membre gangrené de corrompre ses
principaux organes. C'est ainsi qu'elle excommunia Henri VIII, parce qu'il persistait à violer les lois sacrées du mariage, bien qu'elle prévît que le schisme de ce voluptueux monarque entraînerait toute une nation dans sa ruine spirituelle. Elle a anathématisé plus récemment le docteur Dôlllnger, quoique le prestige de son nom menaçât d'engendrer un schisme en Allemagne. Elle dit à ses enfants : « Vous pouvez embrasser le parti politique qu'il vous plaira, je n'en ai nul souci. » Mais aussitôt qu'ils empiètent sur les matières de foi elle leur crie : « Vous viendrez jusqu'ici et vous n'irez pas plus loin et là vous briserez vos flots mugissants » de discorde. Le temple de la foi est l'asile de la paix, de la concorde et de l'unité.
Qu'il est beau et consolant de songer que partout où un catholique porte ses pas dans ce vaste univers, partout où il entre dans une de ses églises, à Pékin ou à Melbourne, à Londres ou à Dublin, à Paris ou à Rome, à New-York ou à San-Francisco, il est sur d'entendre prêcher une même doctrine, qui est la sienne, d'assister au même sacrifice et de participer aux mêmes sacrements.
Ce n'est pas tout. Son Credo est identique à celui des âges passés. Le même évangile de paix que Jésus- Christ prêcha sur la montagne, la même doctrine que Pierre annonça à Antiocheet à Rome; saint Jean Chrysostome à Constantinople; saint Augustin à Hippone; saint Ambroise à Milan ; saint Remy en France ; saint Boniface en Germanie; saint Athanase à Alexandrie; la même doctrine que saint Patrice introduisit en Irlande ; saint Augustin en Angleterre ; saint Pelage en Ecosse; cette doctrine est toujours prêchée dans l'Eglise catholique à travers le monde, tous les jours de l'année. « Jésus-Christ est le même aujourd'hui, il le sera demain et toujours ^ »
L'admirable unité qui existe dans les matières de foi
i Hébreux, XUI, 8.
est également établie dans le gouvernement de l'Eglise. Tous les membres de ce vaste corps des chrétiens catholiques sont aussi intimement unis à un chef visible que les membres du corps humain le sont à la tête. Les fidèles de chaque paroisse sont soumis à leur chef immédiat, celui-ci est subordonné à son évêque; tous les évêques de la chrétienté reconnaissent la juridiction de l'évêque de Rome, le successeur de saint Pierre et le chef de l'Eglise catholique.
Mais, pourra-t-on nous demander, l'unité de la foi n'est-elle pas rompue par ces définitions doctrinales que l'Eglise a promulguées dans le cours des temps ? Nous répondons. On ne saurait admettre aucun nouveau dogme ignoré des apôtres et non contenu dans la révélation chrétienne, promulguée au commencement (saint Jean, xiv, 26; XV, 15; xvi, 13); car les apôtres ont reçu tout le dépôt de la parole de Dieu, selon la promesse de notre Maître : « Quand viendra l'esprit de vérité, il vous enseignera toute vérité. » Ainsi l'Eglise propose les doctrines de la foi telles qu'elles sont tombées des lèvres de Jésus- Christ et telles que l'Esprit saint les a enseignées aux apôtres à la naissance de la loi chrétienne, — doctrines qui ne connaissent ni variation ni déclin.
Ainsi, toutes les fois qu'il a été défini qu'un nouveau point de doctrine appartenait à la foi catholique, on a toujours voulu montrer par cette déclaration, que la doctrine en question avait été révélée aux apôtres et nous était arrivée par eux, soit à l'aide de l'Ecriture, soit à l'aide de la tradition. Les actes de tous les conciles et l'histoire de toutes les définitions de la foi montrent évidemment qu'on n'a jamais prétendu recevoir une nouvelle révélation, mais que tous les efforts ont eu pour but cette seule fin; constater que la doctrine définie était déjà contenue dans les saintes Ecritures ou dans les traditions apostoliques.
UNITÉ DE l'Église. 35
Une vérité révélée a souvent une fin très étendue : elle attaque et poursuit l'erreur sous ses formes multiples et changeantes. Il n'est donc pas nécessaire que ceux qui reçoivent la révélation aient une connaissance explicite de tout ce qu'elle renferme, ni qu'ils puissent la saisir sous toutes ses faces. La vérité ne change jamais; elle est toujours la même en soi; elle était hier, elle est aujourd'hui, elle sera demain; mais nos rapports avec elle peuvent varier, car ce qui nous est caché aujourd'hui peut demain nous être révélé. « Il arrive souvent, dit saint Augustin, que lorsqu'on est obligé de défendre la doctrine catholique contre les attaques insidieuses des hérétiques, on l'étudié avec plus de soin, on en prend itne connaissance plus claire et on V inculque avec plus d'ardeur. Ainsi les querelles suscitées par les hérétiques donnent lieu à une connaissance plus complète du sujet débattue »
Développons notre pensée. Dans la révélation et dans les discours des apôtres, quelques vérités peuvent n'avoir été contenues qu'implicitement, par exemple, dans la doctrine que la grâce est nécessaire pour toute œuvre surnaturelle, il est affirmé implicitement que l'assistance de la grâce est requise pour le commencement de toute œuvre bonne et utile au salut. Les Pélagieiis l'ont nié, et leur erreur a été condamnée par une définition explicite. Dans les autres matières, selon que les controverses ouïes erreurs nouvelles y donnaient occasion, on faisait des déclarations explicites de ce qui, jusqu'alors, n'avait été admis qu'implicitement. Dans la doctrine du souverain pouvoir de Pierre, comme fondement visible de l'EgUse, se trouve contenue la confirmation de plusieurs droits qui appartiennent au centre de l'unité. Dans la révélation de la dignité suréminente de la Vierge bénie est renfermée l'exemption du péché originel, etc., etc.
* De civitate Dei, lib. XIV, cap. ii, n» 1.
36 LA 101 DE NOS PÈREb.
Ainsi encore, au commencement, plusieurs vérités ont pu être proposées un peu obscurément ou moins clairement; on peut y avoir insisté crune manière moins prèssanté, parce qu'il n'y avait ni hérésie ni enseignement contraire nécessitant une déclaration plus explicite. Or, une doctrine qui a été proposée îniplicitemcnt, moins clairement et avec moins de soin peut ensuite être négligée, oubliée, mal comprise et remise en question. Il peut donc se faire que quelques articles, maintenant universellement crus dans l'Eglise, aient été jadis le sujet de doutes et de controverses, même dans le sein de l'Eglise. « Ceux qui errent dans leur croyance ne servent qu'à faire connaître plus clairement la droiture de ceux dont la foi est parfaite. Car il y a plusieurs sens cachés dans les Écritures et quand les hérétiques furent rejetés, ils tourmentaient l'Eglise de Dieu par leurs disputes. Alors les sens cachés furent mis en lumière et la volonté de Dieu fut connue. » (Saint Augustin, sur le uv' psaume, n'' 22.)
Cette sorte de progrès dans la foi, nous pouvons et nous devons l'admettre, sans qu'on puisse en conclure que la vérité a eu à subir plusieurs changements. Mais, selon l'importante remarque d'Albert le Grand : « 11 serait plus correct de l'appeler progrés du croyant dans la foi, que progrès delà foi dans le croyant. »
Pour montrer qu'on peut admettre cette espèce de progrès, il suffît de prouver : 1*^ que plusieurs vérités révélées par Dieu sont contenues dans l'enseignement des apôtres d'une manière implicite, qu'elles sont moins clair&tnent exprimées, qu'elles sont rendues avec moins de rigueur. Ce point ne peut être nié que par ceux-là seuls qui prétendent que la Bible est la seule règle de la foi ; qu'elle est claire dans toutes ses parties et qu'elle pouvait être comprise par tous dès le commencement. Je m'étendrai plus au long sur ce point dans le cours de cet ouvrage. Il suffit de prouver ; 2'' que l'Eglise peut, dans la succès-
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sion des lemps, quand l'occasion s'en présente, exposer, développer et déterminer le sens des Ecritures. Ce point est également hors de toute contestation, et nous le voyons non seulement par l'Ecriture et par les Pères, mais encore par la conduite des protestants eux-mêmes, qui souvent se félicitent du soin et de la constance qu'ils mettent (à examiner les Ecritures), à étudier leur signification, maintenant surtout que des commentaires si nombreux ont été publiés sur les textes sacrés. Et dans quel but? Pour obtenir de plus vives clartés; pour mieux comprendre ce qui a été révélé. Nous arrivons donc à cette conclusion, qu'on ne peut révoquer en doute la possibilité d'arriver par degrés à une connaissance plus complète du vrai sens de la révélation ; la seule question agitée porte sur l'autorité qu'a l'Eglise d'en proposer et d'en déterminer le sens.
Après cette longue discussion, nous venons donc forcément au seul vrai point de la querelle qui divise les noncatholiques et les catholiques, c'est-à-dire à l'autorité de l'Eglise dont je parlerai dans la suite. Je ne puis mieux conclure qu'en citant les paroles de saint Vincent de Lérins : « Observons qu^il en est de nous en matière religieuse, intéressant le bien et la valeur de nos âmes, comme des corps matériels qui, avec le temps, passent par différentes phases de croissance et de développement et multiplient leurs années, tout en demeurant toujours ce qu'ils étaient dès le commencement... Etant connus l'harmonie et l'accord parfait qui unissent les commencements au résultat final, c'est une conséquence naturelle, que si nous cueillons les fruits de la vérité dogmatique, sortis du germe de la doctrine semée au printemps de l'Eglise, nous ne trouvions aucune différence essentielle entre le grain jadis confié à la terre et celui que nous récoltons aujourd'hui. Car, bien que les germes de la foi primitive aient été développés en quelques points dans le
cours des âges et reçoivent encore de la nourriture et des soins, aucun d'eux cependant ne peut subir de changement essentiel. L'Eglise du Christ est une fidèle et vigilante gardienne des dogmes qui ont été confiés à sa charge. Elle ne change rien à ce sacré dépôt ; elle ne lui ôte rien, elle n'y ajoute rien. »