‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 11 sur 83 · RER · texte numérisé non relu

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vangile est annoncé aux pauvres (1), L'Eglise a une tendre compassion pour les victimes de la pauvreté qui a son genre particulier de tentations et d'infirmités, Aussi les pauvres s'attachent à l'Eglise comme ils s'attachaient à notre Maître durant sa vie mortelle,

Nous savons d'un autre côté, que les pécheurs coupables de grands crimes, réprouvés par la décence publi. que, sont virtuellement rejetés des communions protestantes, Les pauvres, si l'on en croit la presse, ont raison de se plaindre qu'ils ne sont l'objet d'aucun soin dans l'Eglise protestante. Un gentleman m'a assuré n'avoir jamais vu un pauvre entrer dans une ézlise voisine de sa résidence.

Ces pécheurs et ces victimes de la pauvreté ainsi rejetés où bien abandonnent complètement le christianisme, ou bien trouvent un refuge dans le sein de leur vraie mère, l'Eglise catholique, qui, à l'exemple de son divin époux, revendique les aMigés comme son plus cher héritage. Les paraboles qui figurent cette Eglise et que Notre-Seigneur a employées,

nous enseignent clairement que les bons et les m

auvais seront réunis dans l'Eglise aussi longtemps que durera sa mission terres. tre, Le rovaume de Dieu est comme un champ dans le. quel l’ivraie est mêlée pour grandir avec le grain, jusqu'au temps de la moisson (2). Le royaume de Dieu est comme un filet où sont enfermés les bons et les mauvais poissons jusqu'à l'heure de la Séparation (3). L'Eglise est encore une grande maison (4) où l'on trouve non seulement des vases d’or et d'argent, mais des v

ases de bois et d'argile,

Les Pères reproduisent l'enseignement des saintes Ecritures, Saint Jérôme dit : “"L'arche de Noé était une

(1) S. Matth, x, 5.

(2) S. Matth., x, 24, 47.

(3) Idem, xin, 47.

{4 TFimot., 11, 20.

SAINTETÉ DE L'ÉGLISI 49

figure de l'Eglise, Comme toutes sortes d'animaux s'y trouvaient renfermés, de même dans celle-ci il y a des hommes de toute race et de tout caractère, Comme on v voyait le léopard et le chevreau, le loup et l'agneau, dans l'Eglise aussi on trouve les justes et les pécheurs ; ce sont les vases d'or et d'argent mêlés à ceux de bois et d'argile (1).

Saint Grégoire le Grand écrit: ‘Parce que dans (l'Eglise) les bons sont mélés aux mauvais, les réprouvés aux élus, c'est à bon droit qu'on la compare aux Vierges sages et aux Vierges folles (2).

Ecoutez saint Augustin: “Rappelez-vous l'aire qui contient la paille et le froment ; les filets où sont enfermés les bons et les mauvais poissons: l'arche de No où il y avait les animaux purs et les animaux impurs, et vous verrez que l'Eglise depuis le moment actuel jusqu'au jour du jugement ne contiendra pas seulement les

moutons et les bœufs, c'est-à-dire les pieux laïques et les saints prêtres, mais encore les bêtes des champs. Les bêtes des champs ce sont les hommes qui trouvent leur charme dans les plaisirs charnels, le champ c'est la voie large qui conduit à la damnation ta

Les rares scandale: u'on rencontre dans les membres de l'Eglise ne diminuent ni n'affaiblissent en rien ses droits à la prérogative de la sainteté, Les taches du soleil ne troublent pas sa beauté. Les souillures de quelques membres ne ternissent pas davantage le vif éclat de celle qui ‘‘apparaît pure comme l'étoile du matin, belle comme la lune, brillante comme le soleil (4) ” L'ivraie qui grandit avec le bon grain n'altère en rien la beauté des moissons jaunissantes. La sainteté de Jésus n’a pas été atteinte par la présence de Judas dans

(1) Dialog. contra Lucif.

(2) Homél., x11, in. Evang.

(3) In Psal., vin n° 13.

(4) Corint., vi, 0.

le collège apostolique. La corruption morale de quelques disciples ne saurait non plus ternir la sainteté de l'Egli- À se. Saint Paul appelle l'église de Corinthe une réunion Ë de saints (1), quoiqu'il réprouve bon nombre de scan- ; | dales qui s’y tiouvent (2).

L On ne peut nier que la corruption de la morale n’ait prévalu, au seizième siècle, sur une assez grande étendue Pour rendre nécessaire une réforme générale, et que le relâchement de la discipline n'ait envahi le sanctuaire lui-même.

fl Mais comment cette réforme de la morale devait-elle Ë

ÿl être accomplie ? serait-ce par une force inférieure à l’E- He glise? Je réponds que le vrai moyen de l’opérer était de combattre l’iniquité dans l'Eglise elle-même. Toutes les armes que les hommes Pouvaient employer en dehors de l’Eglise pour déclarer la £uerre au vice devaient être beaucoup plus efficaces entre ses mains, et sous l'autorité de l'Eglise, Les vraies armes d’un apôtre ont été, dans tous les temps, les vertus personnelles, la prière, la prédication et les Sacrements. Tout génie réformateur trouvait ces armes au sein même de l'Eglise. Elle possède, à tous les âges, non seulement les principes d’une vie immortelle, mais encore tous les éléments de réforme et tous les moyens de sanctification. Avec les moyens que j'ai indiqués, elle corrigea les akus du premier siècle, Avec ces mêmes moyens, elle se mit à l'œuvre avec une volonté droite et bonne et opéra la réforme au seizième siècle : Elle fut la seule réformatrice spirituelle et efficace de cette époque. Qu’a été le concile de Trente, si ce n’est un grand tribunal de réforme ? Beaucoup de ces décrets avaient pour but de corriger les abus qui s'étaient glissés dans le clergé et parmi les fidèles, et nous recueillons même aujourd’hui les fruits salutaires de sa législation.

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