‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 13 sur 83 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La catholicité est une marque éminente de la véritable Eglise, On le prouve par le Credo des apôtres où il est dit: ‘‘Je crois la sainte Eglise catholique.” Le mot catholique ou universel signifie que la véritable Eglise n’est pas circonscrite dans son étendue, comme ‘2s empires humains, ni restreinte ou limitée à une race de peuples comme l'Eglise juive, mais qu'elle embrasse toutes les nations du globe et qu’elle compte des enfants dans tous les peuples, dans toutes les tribus, dans toutes les langues de la terre.

Cette glorieuse Eglise est prédite par le Psalmiste quand il chante: ‘Toutes les extrémités de la terre seront converties au Seigneur, et toutes les familles de la gentiité s’inclineront devant lui pour l’adorer. Tout royaume, en effet, appartient au Seigneur et il étendra son domaine sur toutes les nations (Le

Le prophète Malachie a vu dans un avenir éloigné cette Eglise immense quand il écrit : ‘Depuis le lever du soleil jusqu'à son coucher, mon nom est grand parmi les gentils. En tous lieux 1, y a un sacrifice où l'on offre à la gloire de mon nom une oblation pure, car mon nom est grand parmi les gentils, dit le Seigneur des armées (2).

(1) Psal., xxr.

(2) Malachie, 1, 11.

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Quand Notre-Seigneur donna leur mission ? ses apôtres, il leur assigna tout l'univers et le genre humain tout entier, comme théâtre de leurs labeurs, sans égard au langage, à la couleur, à la nationalité, ni aux auditeurs à qui ils devraient prêcher. C’est ce qui paraît par les passages suivants: ‘Allez donc et enseignez toutes les nation: (1). ‘Allez dans tout l'univers et prèchez l'Evangile à toute créature (2). “Vous me rendrez témoignage dans Jérusalem, dans ja Judée et même jusqu'aux extrémités de la terre ES Fo

C'est ainsi que les choses se sont passées, Les apôtres se Sont en effet répandus sur la surface de la terre prê- Chant l'Evangile de Jésus-Christ, “Leur voix, dit l’Apôtre, s’est fait entendre à toute la terre et leurs paroles jusqu'aux extrémités du monde (4

Saint Justin martyr a pu dire, un siècle après Jésus- Christ, qu’il n’y avait aucune race d'hommes ou Grecs ou Barbares, aucun peuple de n'importe quel nom, où le nom de Jésus ne fût invoqué ! Et saint Irénée écrivant au second siècle nous dit que la religion répandue d’une manière si prodigieuse, n’était une forme ni vague ni changeante du christianisme, mais que cette foi préchée à travers le monde est précise, comme si l'Eglise était une seule famille, avant une seule âme, un seul Cœur, une seule bouche. Car bien que les langues du monde diffèrent, la doctrine est la même, Les églises fondées dans la Germanie, dans les nations celtiques, dans l'Est, en Egvpte, en Libye et dans le centre de la civilisation, ne diffèrent pas €ntre elles ; de même que le soleil donne la même lumière à travers le monde, ainsi la lumière de la foi brille partout du même éclat, partout elle éclaire les hommes qui désirent parvenir à Ja con-

(1) S. Matth., xxvin, 19.

(2) S. Marc, xvi, 15.

(3) Actes, 18.

(4) Romains, x, 18.

naissance de la vérité (1). ‘*Nous ne sommes que d’hier, dit Tertullien, et déjà nous avons rempli vos cités, vos villes, vos salles de conseil, vos camps... le palais, le sénat, le forum, nous ne vous avons laissé que vos temples (2).

Cette catholicité ou cette universalité ne peut se trouver dans les autres communions réunies, séparées de l'Eglise catholique romaine.

Les églises schismatiques de l'Orient n’ont aucun droit à ce titre, parce qu'elles sont confinées dans les Etats de la Turquie et de la Russie, ne comptant que soixante-six millions d’âmes.

Les ég'ises protestantes, même prises dans leur ensemble (car les communions séparées ne sont qu’une poignée), sont trop insignifiantes au point de vue du nombre, et trop circonscrites dans leur étendue territoriale pour avoir des prétentions au titre de catholique. Toutes les sectes protestantes réunies arrivent au chiffre de soixante-cinq millions; elles forment donc moins d’un cinquième de ceux qui portent le nom de chrétien. iles répudient donc le titre de catholique contre lequel elles protestent ; mais elles n’en continuent pas moins à dire dans le Credo des apôtres : ‘Je crois la sainte Eglise catholique.”

Que l'Eglise catholique romaine seule mérite nom de catholique, c'est un fait évident qu’il serait ridicule de nier. C’est notre Eglise seule qui adopte ce nom comme son titre officiel. Nous avons pour nous la possession qui forme les neuf dixièmes de la loi. Seuls, à l’exclusion de tous, nous avons porté ce titre glorieux en des temps troublés, quand le prendre nous exposait à l’insulte, à la persécution et à la mort. Essayer de nous en priver à cette heure, serait aussi inutile que les efforts

(+) Adzers. Hær,, 1, x.

(2) Apolog.. C. 33.

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des révolutionnaires français, qui cherchaient à faire disparaître toutes les traces de la vieille civilisation, en

assignant de nouveaux noms à tous les jours et à toutes les saisons de l’année.

La passion, le préjugé, une mauvaise mode peuvent nous infliger les épithètes de Romain, Papiste et Ultramontain, mais un esprit calme et sans passion, quelle

que soit sa foi, dans tout l'univers, nous connaît sous le Se 11 nom de catholique.

Le charme attaché au nom de catholique est si grand, qu'une partie du corps épiscopal usurpe quelquefois le titre de catholique, quoique dans leurs livres officiels ils s'appellent épiscopaux protestants. S'ils pensent avoir droit au titre de catholique, Pourquoi ne l'affichent-ils PaS ouvertement? Pourquoi ne l’inscrivent-ils pas en tête de leurs bibles et de leurs livres de prières ? Crai- £nant d'aller si loin, ils dédommagent leur vanité donnant en secret Le titre de catholique est si transparente qu'elle provoque le mi eux.

en se $s. Mais l'erreur sourire même par-

Si un étranger demandait à un d’entre eux de lui montrer l'Eglise catholique, il Jui indiquerait instinctivement l’Eglise catholique romaine.

Les sectaires du quatrième et cinquième siècle, c Saint Augustin nous l'apprend, essavèrent | fraude pieuse ; mais ils furent déçus :

omme a même

“Nous devons fermement nous tenir attachés à la re-

ligion catholique, et à cette communion de l'Eg est catholique, et qui est ainsi appelée ses adhérents, mais par ses €

lise qui non seulement par nnemis. Qu'ils le veuillent ou non, les hérétiques eux-mêmes et les sectateurs du schisme, quand ils conversent, non entre eux, mais avec les étrangers, appellent seulement catholique 1

a communion qui l'est cn réalité

‘ Car 1Îs ne peuvent être compris,

à moins de la distinguer par ce nom sous lequel elle est connue dans toute la terre (1).’’

Nous n'avons pas seulement le titre, mais la chose. Un seul exemple suffira pour mettre dans la plus grande lumière la vaste étendue de l'Eglise catholique. Prenez le concile œcuménique du Vatican, tenu en 1869, et présidé par Pie IX, Sur les mille évêques et plus qui composent maintenant la hiérarchie de l'Eglise catholique, huit cents environ étaient présents à l'ouverture de la première session, les autres n'avaient pu s’y rendre. Toutes les parties du monde habité étaient donc représentées au concile,

On y voyait réunis les évêques de la Grande- Bretagne, de l'Irlande, de l'Allemagne, de la Suisse et de presque toutes les nations et principautés de l'Europe. Ils s’y rencontraient du Canada, des Etats-Unis, du Mexique, de l'Amérique du Sud, des îles de l’Atlantique et du Pacifique, Ils v étaient rassemblés de l'Afrique et de l’Or'anie, Ils venaient des rives du Tigre et de l'Euphrate, berceau du genre humain, et des rives du Jourdain, berceau du christianisme, Ils se dirigeaient sur Rome de Mossul, bâtie tout près de Ninive, et de Bagdad, bâtie sur les ruines de Babylone, Ils venaient en foule de Damas, du mont Liban et de la Terre-Sainte, sanctifiée par les pas de notre saint Rédempteur.

Ces évêques appartenaient à toutes les formes de gouvernement, depuis la république jusqu’à la monarchie la plus absolue (2). Leurs visages accusaient toutes les nuances et toutes les couleurs qui distinguent la famille humaine, [ls parlaient toutes les langues en usage sous le soleil. En tombant en même temps à genoux, dans

(1) S. Aug., de era Relig. C. 7, n° 12.

(2) Ce seul fait ne démontre-t-il pas péremptoirement cette vérité que l'Eglise peut subsister sous toute forme de gouvernement? N'est-ce pas une réfutation écrasante de cette calomnie si souvent répétée, qu'une république n'est pas un sol favorable pour son développement ?

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