‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 14 sur 83 · LA FO° DE NOS PÈRES · texte numérisé non relu

LA FO° DE NOS PÈRES

la même grande salle du concile, ces prélats auraient pu alors s'écrier, dans le langage de l’Apocalypse : ‘Vous nous avez, Seigneur, rachetés à Dieu par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, de toute nation.” (Apocalyp., v. 9.)

Ce que l'Eglise a perdu dans l'ancien monde par les révolutions religieuses du seizième siècle, elle l'a largement compensé par l'immense adhésion qu'elle a reçue dans les Indes de l'Est et de l'Ouest, dans l’Amérique du Sud et du Nord.

Jamais, dans «1 longue histoire, elle n’a été numériquement plus forte qu’elle l’est aujourd'hui, puisqu’elle compte deux cent trente-six millions de membres, c'està-dire deux fois plus que tous les chrétiens réunis pris en dehors de sa communion.

En elle seule se vérifie littéralement la magnifique prophétie de Malachie, car dans tous les climats, dans toutes les nations qui vivent sous le soleil, on a élevé des millions d’autels catholiques sur lesquels ‘‘l'oblation Pure est offerte tous les jours au Très-Haut (ET

On dit, avec trité, que le soleil ne se couche jamais sur les possessions anglaises, On peut pareillement affirmer, avec la même assurance, que partout où le roulement du tambour anglais se fait entendre et Partout où l’anglais se parle, toujours on trouvera un missionnaire Catholique parlant anglais, et venant planter la croix, symbole de notre salut, à côté de l’étendard de saint Georges. |

Tout récemment, bon nombre d'émigrants sont arrivés à Richemond. Ils ne connaissaient ni notre pays, ni nos coutumes, ni notre langue. Tous les objets qui frappaient leurs regards, leur rappelaient tristement qu'ils étaient loin de leur riante Italie. Mais quand ils virent la croix surmontant notre cathédrale, ils se hâtèrent vers

(1) Malachie, 4, 13.

elle d'un pas joyeux. J'ai vu et entendu un de leurs groupes donner des marques très vives de leur profonde émotion. En entrant dans le temple sacré, ils sentaient qu'ils avaient trouvé une oasis dans le désert. Désormais, ils étaient chez eux. Ils trouvaient une place commune dans la terre étrangère. Ils étaient dans l'église de leurs pères, dans la maison de leur enfance ; tandis qu'une iarme coulait sur leurs joues brülées par le soleil, ils semblaient dire au fond de leur cœur : “Qu'ils sont aimables vos tabernacles, Seigneur, Dieu des armées! Mon âme désirait ardemment être dans la maison du Seigneur et elle tombait presque dans la défaillance. Mon cœur et ma chair se sont réjouis dans le Dieu vivant (1). Ils voyaient autour du sanctuaire les images des saints qu’ils avaient coutume de vénérer dans leur jeune âge. Ils apercevaient les fonts baptismaux et les confessionnaux. Ils contemplaient l'autel et la table sainte où ils recevaient leur Créateur. Ils observaient le prêtre à l'autel, revêtu des ornements sacrés. Ils apercevaient autour d'eux une multitude d’adorateurs fléchissant les genoux, et dans le fond de leur cœur, ils se réjouissaient de se voir une fois de plus parmi des frères et des sœurs, avec lesquels ils avaient “un seul Seigneur, une seule Foi, un seul Baptême, un seul Dieu, un seul Père.’

Un catholique est partout chez lui. Les sociétés secrètes, de quelque nom qu'elles s'appellent, ne forment qu'un centre d'union bien faible et bien pâle, si on le compare à la vraie communion engendrée par la foi catholique, par l'espérance et par la charité.

L'Eglise catholique romaine mérite donc exclusivement le titre de catholique, parce que ses enfants abon. dent dans toutes les parties du globe, et qu'elle embrasse la plus grande partie de la famille chrétienne.

(4) Psal. xxx

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