‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 23 sur 83 · RETIRE · texte numérisé non relu

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ment humain, il serait irrésistible, Mais si la force colossale et la puissance incomparable de l’empire romain n’a pas empêché l'établissement de l'Eglise; si l'Arianisme, le Nestorianisme et l'Eutychianisme n’ont pu ralentir son développement, comment l'organisation moderne peut-elle arrêter ses progrès, maintenant qu’elle est dans la plénitude de sa force ?

Il est plus facile de conserver ce qui a été créé que de créer à nouveau.

[TT, Mais, nous a-t-on dit: ‘‘Enlevez au Pape son pouvoir temporel, et l'Eglise est destinée à périr, Voilà le secret de sa force: Dépouillez-le, et comme Samson une fois ses cheveux coupés, il montrera la faiblesse d’un pauvre mortel, Alors cette brillante lumière pâlira, elle disparaîtra sous l'horizon pour ne plus se lever.”’

Pendant plus de sept siècles après l'établissement de l'Eglise, les Papes n'eurent de juridiction suprême sur aucun territoire, Comment aurait-elle pu vivre pendant ce temps si le pouvoir temporel avait été essentiel à sa perpétuité ? Et même, pendant ces sept dernières années, le Pape a été privé de tous ses biens. Cependant cette perte n'a imprimé aucune ride sur le front magnifique de l'Eglise, ni retardé d’un pouce sa marche en avant.

IV. Est-elle incapab'e de lutter avec les inventions modernes et avec les progrès matériels du dix-neuvième siècle ? On nous le dit souvent, mais loin de cacher notre tête, comme l’autruche dans le sable, à l'approche de ces inventions, nous les saluons comme les messagères de Dieu, et nous nous en servons comme d'instruments providentiels pour propager au loin la foi.

Si nous avons si bien réussi, quand nous n'avions Pour vaisseaux que de frêles barques, pour boussole que nos yeux; quand nous n'avions pas de routes mais des neiges éternelles, des forêts vierges et des déserts sans sentier; quand nous n'avions d’autres guides que Îa

foi, l'espérance et Dieu; — si, dis-je, nous avons alors si bien réussi à porter l'Evangile jusqu'aux confins de la terre, combien mieux réussirons-nous maintenant avec l’aide du télégraphe, des vaisseaux et des chemins de fer ?

Oui, hommes de génie, nous bénissons vos inventions, nous vous bénissons, découvertes modernes ; nous vous emploierons au service de l'Eglise et nous vous dirons : ““Eclairs et nuages, bénissez le Seigneur; œuvres du Seigneur, bénissez-le, louez-le, exaltez-le au-dessus de toutes choses à jamais (1).’’

L'utilité des inventions modernes pour l'Eglise a paru dernièrement d'une manière éclatante. Le Pape avait convoqué un concile de tous les évêques du monde, Sans le secours des vaisseaux, il leur eût été impossible de se réunir: grâce à eux, ils ont pu s’y rencontrer de toutes les parties du monde.

V. Mais la lumière de l'Eglise ne doit-elle pas pâlir et s’éteindre devant le flambeau du dix-neuvième siècle ? N'a-t-elle pas à craindre de la littérature, des arts et des sciences ? Elle a toujours été la mère et la patronne de Ja littérature, des arts et des sciences, Elle a fondé et doté naguère toutes les grandes universités d'Europe,

Sans mentionner celles du continent, dont une simple énumération couvrirait un grand espace, je puis faire allusion aux universités d'Oxford et de Cambridge, les deux plus fameux centres dé Ja science en Angleterre : elles furent établies sous les auspices de l'Eglise catholique, pendant des siècles qui ont précédé la Réforme.

L'Eglise a aussi fondé trois ou quatre universités qui existent maintenant en Ecosse, par exemple: celles de Saint-André, en 1411; de Glascow, en 1450; d’Aberdeen, en 1494.

Sans elle nous serions aujourd'hui privés des trésors inestimables de la littérature ancienne; car, en sauvant

(1) Daniel, nr.

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