‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 24 sur 83 · LA FOI DE NOS PÈRES È · texte numérisé non relu

LA FOI DE NOS PÈRES È

de la destruction les langues de la Grèce et de Rome, elle a tiré de l'oubli les écrivains de ces contrées. Hallam fait observer, avec vérité, que sans les travaux intelligents des moines du moyen âge, notre savoir dans l’histoire ancienne de la Grèce et de Rome serait aussi vague aujourd’hui que nos connaissances concernant les Pyramides d'Egypte.

Et pour les ouvrages d'art, il y a plus de monuments précieux renfermés dans le seul musée du Vatican. qu'on n'en trouve dans toute notre contrée. Les artistes sont obligés d'aller à Rome pour étudier les meilleurs modèles, Nos églises ne sont pas seulement des temples du vrai Dieu, elles renferment aussi la collection de l'art sacré,

VI. Est-ce la liberté qui tuera l'Eglise ? Elle respire librement là seulement où l’on trouve la vraie liberté. Elle est toujours gênée dans ses opérations partout où le despotisme projette son ombre obscure. Nulle part elle ne jouit d’une plus grande indépendance qu'ici. A l'heure présente, elle est très vigoureuse et très prospère.

Les enfants de l'Eglise ne craignent rien quoi qu'il puisse leur advezir. Jésus-Christ est avec elle, et avec son assistance, elle ne peut sombrer. César, en croisant l’Adriatique, disait au pilote troublé : Quid times ? Cæsarem vehis. Ce que César disait en présomptueux, Jésus-Christ l’a dit en vérité: que craignez-vous? Le Christ est dans la barque. N'’avons-nous pas la certitude que le soleil se lèvera aujourd'hui, demain et toujours jusqu’à la fin du monde? Pourquoi? Parce aue Dieu l'a ainsi ordonné quand il l’a fixé dans les cieux, et parce que depuis le commencement il n'a jamais cessé de fournir sa course. Jésus-Christ n'a-t-il pas promis que l'Eglise illuminerait toujours le monde? N'at-il pas largement rempli la promesse faite à l'Eglise ? N'a-t-elle pas parcouru sa carrière sans faillir au milieu

de la tempête et des éclairs ? Les succès du passé sont le plus sûr garant de l'avenir.

Au milieu du changement continuel des institutions humaines, seule elle demeure immuable. Au milieu des ruines universelles des monuments terrestres, elle est le seul édifice qui s'élève bien haut avec orgueil, Aucune Pierre de cet édifice ne tombe à terre, Au milieu des destructions des royaumes, le sien n’est jamais anéanti. Toujours ancienne et toujours nouvelle, le temps n’imprime jamais de ride sur son front divin,

L'Eglise a vu naître tous les gouvernements d'Europe ; il n'est pas invraisemblable qu'elle soit témoin de leur mort et chante leur requiem. Elle avait plus de quatorze cents ans lorsque Christophe Colomb découvrit l'Amérique, et pour elle la fondation de notre république date d’hier.

Elle considérait avec calme Jes Goths et les Visigoths, les Huns et les Saxons se répandant comme un torrent en Europe, renversant les dynasties, Elle à vu les monarchies changées en républiques, et les républiques transformées en empires, elle a vu tout cela, dis-je, et Sa Constitution est restée toujours la même, Nous pouvons en vérité lui appliquer les paroles du Psalmiste( 1) : “Ts périront et vous resterez, ils vieilliront tous comme un vêtement qui s'use, Vous les changerez comme un habit dont on se couvre, et ils seront en effet changés. Vous demeurerez toujours la même, vos années ne s’affaibliront pas. Les enfants de vos serviteurs vivront et leur race sera toujours dirigée Par vous dans les siècles des siècles.”

Aux plus beaux jours de leur république, les Romains disaient avec orgueil : “Je suis citoyen de Rome, ’" C'était leur plus beau titre. Ils étaient fiers de la république, parce qu'elle était vénérable à leurs veux, puis- Sante par le nombre de ses citovens et illustre par la sa-

(1) Psal., ci, 27; 29.

gesse de ses hommes d'Etat. Quel plus grand sujet de gloire que d’être citoyen de la République de l'Eglise, de cette République qui a duré pendant dix-neuf siècles et qui subsistera jusqu'à la fin des temps; qui compte par millions ses enfants de tous les climats; qui compte aussi par millions ses héros et ses martyrs; qui nous fait entrer dans la société des prophètes et des saints: ‘Vous n'êtes plus des étrangers ni des inconnus, mais vous êtes les concitoyens des saints et les serviteurs de Dieu, vous, édifiés sur le fondement des apôtres, unis ainsi à Jésus-Christ qui est la pierre fondamentale (1).”" 11 faut parfois sur la terre, se séparer de ses parents et de ses proches, mais on n'est jamais réduit à vivre loin de l'Eglise. Toujours elle est avec nous pour nous soutenir, Elle nous répète ce que son divin Epoux disait aux apôtres : ‘“Considérez que je suis avec vou: jusqu’à la fin du monde (2).”

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{ ph., 11, 19, 20. Matth., xxvin, 20.

Dieu a donné à l'Eglise l'autorité d'enseigner ce qui regarde la foi et la morale; et, dans cet enseignement, l'Esprit saint la préserve de toute erreur.

La prérogative d'infaillibilité est clairement déduite des propriétés de l'Eglise dont nous avons déjà parlé. L'Eglise est une, sainte, catholique et apostolique. En prêchant partout et dans tous les temps le même Credo ; en enseignant la vérité et la sainteté, elle est à coup sûr, essentiellement infaillible dans sa doctrine: car ce qui est un, saint, invariable, doit être vraiment infaillible.

Que l'Eglise ait été infaillible au temps des apôtres, aucun chrétien ne le nie, Nous n'avons jamais révoqué en doute la vérité de la doctrine apostolique (1). Les apôtres étaient de fait, au premier siècle, la seule autorité dans l'Eglise, 11 n'y a pas de motif pour refuser à l'enseignement apostolique du dix-neuvième siècle, où nous vivons, une prérogative évidemment possédée par les docteurs et les maîtres du premier, surtout quand le Verbe divin n'insinue nulle part que ce guide infaillible doive périr avec les apôtres, Au contraire, comme les apôtres ont transmis à leurs successeurs le pouvoir de prêcher, de baptiser, d'ordonner, de confirmer, ils doivent leur avoir communiqué le don non moins essentiel de l’infaillibilité,

Dieu nous aime autant que les premiers chrétiens. Le

(1) Voyez Galates, 1v, 14: | Thessal., 11, 13.

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Christ est mort pour nous aussi bien que pour eux, et nous n'avons pas moins besoin de maîtres infaillibles.

[1 ne suffit pas de dire ‘‘nous avons une Ecriture infaillible pour remplacer l'apostolat infaillible des premiers siècles.” Car un livre infaillible ne nous est d’aucun usage sans un interprète infaillible, comme l'histoire du Protestantisme le prouve clairement.

Mais nous avons mieux que des présomptions, l’Ecriture prouve avec une évidence positive que l'Eglise ne peut errer dans son enseignement. Notre-Seigneur bienaimé en établissant Pierre prince de ses apôtres lui dit : “Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'Enfer ne prévaudront jamais contre elle (1). Le Christ promet ici solennellement qu'au- Cune erreur ne pénétrera jamais dans son Eglise: si elle y est tombée les portes de l'Enfer ont certainement prévalu contre elle,

Les réformateurs du seizième siècle affirment que l'Eglise a erré; que les portes de l'Enfer ont prévalu contre elle ; que depuis le sixième siècle jusqu'au seizième elle a été plongée dans l’iniquité. Le livre des homélies de l'Eglise d'Angleterre affirme que “l'Eglise est restée ensevelie dans une damnable idolâtrie, huit cents ans et plus.” La véracité personnelle de notre Sauveur et celle des réformateurs sont ici en jeu, car Notre-Seigneur a établi un état de choses qu'ils contredisent. Qui doit être cru: Jésus ou les réformateurs ?

Si la prédiction de notre Sauveur qui assure à son Eglise l’immunité contre toute erreur est fausse, Jésus- Christ n'est pas Dieu, car Dieu ne peut pas mentir, I] n'est pas même prophète puisqu'il a prédit le mensonge. Bien plus, c'est un imposteur, et tout le christianisme n'est qu'une misérable erreur et une profonde déception, puisqu'il repose sur un faux prophète.

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Mais si Jésus a prédit la vérité quand il a déclaré que les portes de l'Enfer ne prévaudraient jamais contre son Eglise (et qui ose le nier ?), l'Eglise alors n'a pas pu et ne saurait déchoir de la vérité, Dans ce cas, l'Eglise catholique est infaillible, car seule elle réclame cette prérogative; seule de l’aveu de tous, elle a existé depuis le commencement, Jésus est vraiment ce sage architecte dont on parle dans l'Evangile, ‘‘qui a bâti Sa maison sur le roc; la pluie est tombée, les torrents sont survenus, les vents ont soufflé, ils ont heurté contre cette maison, elle n’a pas été ruinée, car elle était fondée sur le roc (1).

Jésus envoie les apôtres avec le plein pouvoir de précher l'Evangile : ‘Comme le Père, dit-il, m'a envoyé, moi aussi je vous envoie (2).”" ‘Allez donc, enseignez toutes les nations, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé (3). ‘‘Prêchez l'Evangile à toute créatuæ (4). ‘Vous me rendrez témoignage dans Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie et même jusqu'aux extrémités de la terre er

Cette mission ne convient pas seulement aux apôtres, mais aussi à leurs successeurs, jusqu'à la fin des temps, puisqu'il a été personnellement impossible aux apôtres de prêcher à tout l'univers.

Notre-Seigneur ne s'est pas contenté de donner à ses apôtres le pouvoir de prêcher l'Evangile, il a imposé à leurs auditeurs, sous les peines les plus sévères, l’obligation de les écouter et de leur obéir. “S'il arrive que quelqu'un ne vous reçoive ni ne vous entende, sortez de cette maison ou de cette ville et secouez la poussière de vos pieds. En vérité je vous le dis, on sera moins sé.

(1) S. Matth., vrr, 24 et suiv.

(2) S. Jean, xx, 21.

(3) S. Matth., xxvin, 19, 20.

(4) S. Marc, xvi, 15.

(5) Actes, 1, 8.

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