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se : ‘‘Je prierai le Père et il vous donnera un autre Paraclet, afin qu'il habite à jamais avec vous.
“Quand l'Esprit saint sera venu il vous enseignera toute vérité (1).
Le texte suivant d'une égale importance rappelle les dernières paroles de notre Sauveur, citées dans l'Evangile de saint Matthieu: ‘Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre, Allez donc et enseignez toutes les nations ; — apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai ordonné. Et voilà que je suis avec vous jusqu'à la consommation du monde (7
Il commence par affirmer son autorité et sa mission divines : “Tout pouvoir m'a été donné." Ce même pouvoir il le délègue à ses apôtres et à ses successeurs : ‘Allez donc et enseignez les nations.” Il ne leur donne pas des instructions pour Propager au loin des bibles Par toute la terre, mais pour enseigner par la parole: “Et voilà que;” notre Sauveur ne fixe jamais l'attention de ses auditeurs, en empioyant l'interjection : Voilà que, à moins qu'il ne doive faire quelque communication solennelle et extraordinaire, I] est certain qu'une déclaration importante va suivre cette parole, “Voi. là que je suis avec vous:” ces paroles ‘‘je suis avec vous” sont fréquemment citées dans les Ecritures par le langage que Dieu tient à ses prophètes et aux patriarches ; toujours elles impliquent une présence spéciale et une vision particulière de la divinité (3). Dans les exemples donnés elles conservent leur même signification. Jésus-Christ dit d'une manière équivalente, moi qui suis ‘‘la voie, la vérité et la vie’ je vous défendrai de toute erreur et je vous guiderai dans vos discours. Je serai avec vous, non seulement durant votre vie mortelle, non seulement durant un siècle, mais tous les jours,
(1) S. Jean, xiv, 16: xvi, 13.
(2) S. Matth., xxvurr.
(3) Exod. 111, 12 : Jérémie, xv, 20 etc.
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dans tous les temps, sans interruption jusqu’à la fin du monde.
Ces paroles de Jésus-Christ établissaient deux faits importants : 1° la promesse de préserver son Eglise d’erreur, 2° la promesse de continuer sa présence dans l’Eglise sans en excepter un seul instant, jusqu’à la fin du monde.
C’est en outre le sentiment de l’Apôtre des nations écrivant aux Ephésiens: Dieu ‘‘en a établi plusieurs apôtres, d’autres prophètes, quelques-uns évangélistes, les uns pasteurs, les autres docteurs pour la perfection des saints et l’achèvement de son ministère, pour l’édification du corps de Jésus-Christ, jusqu’à ce que nous rencontrions tous dans l’unité de la foi... afin que nous ne soyons plus des enfants agités ça et là, qui se laissent emporter à tout vent de doctrine par la malice des hommes habiles à jeter dans l'erreur (1).”°
S'il faut en croire plusieurs personnes, cette franche déclaration des Ecritures serait, une supposition sans preuve en faveur de l’infaillibilité que nous donnons à l'Eglise, Considérez pourtant les conséquences qui découleraient d’une telle dénégation.
Si votre Eglise n’est pas infaillible, elle peut donc errer, car iln’y a pas de milieu entre posséder l’infaillibilité et être sujet à l’erreur. Si votre Eglise et ses ministres peuvent faillir dans leur enseignement doctrinal, comme ils l’admettent, ils peuvent vous prêcher l'erre:r, au lieu de la vérité. Dans ce cas vous êtes incertains, et vous ne savez plus si vous écoutez la vérité ou l'erreur. Si vous doutez, vous n’avez pas la foi; car la foï exclut tout doute et ainsi vous déplaisez à Dieu, car ‘‘sans la foi il est impossible de plaire à Dieu (2).”’ La foi et l’infaillibilité se donnent mutuellement la main. L'une ne peut exister sans l’autre, [1 ne saurait v avoir de foi dans
(x) Ephésiens, IV, 11, 14.
(2) Hébreux, xt, 6.
l'auditeur, à moins que l’orateur n’ait une autorité exempte d'erreur. Son autorité doit être fondée sur une connaissance si sûre, qu’elle exclut, en ce qui le concerne, la possibilité d’errer. Elle suppose une véracité si absolue qu’elle écarte tout danger de déception dans celui qui écoute ses paroles.
Vous admettez certainement l'infaillibilité dans les sciences physiques ; pourquoi la niez-vous dans la science du salut? Le matelot guidé par sa boussole sait, au milieu de la tempête qui gronde et dans l'obscurité de la nuit, qu'il poursuit directement sa marche vers la ville qui est le but de son voyage. Et nous n’aurions pas besoin d’un guide également infaillible pour nous diriger vers la cité de Dieu dans le Ciel ?
N'est-ce pas étrange que l'Eglise soit obligée de se défendre aux yeux du monde, pour avoir simplement déclaré qu’elle dit la vérité, toute la vérité, et rien que
la vérité ?
Enfants de l’Eglise, remerciez Dieu de vous avoir faits membres d’une communion dans laquelle vous êtes préservés de toute erreur dans la foi, et de toute illusion dans la pratique de la vertu. Vous êtes heureusement étrangers à tous ces conflits intérieurs, à ces doutes perplexes, à ces agitations effrayantes qui tourmentent les âmes dont l’examen privé est le seul guide. Vous ne voguez pas comme les autres sur un océan d’incertitudes, ‘‘emportés par tout vent de doctrine.” Vous n’êtes pas ‘‘comme des aveugles conduits par des aveugles.”” Vous n'êtes pas non plus comme ceux qui sont dans un désert spirituel coupé par des sentiers écartés, ne sachant lequel il faut suivre, Vous êtes au contraire dans cette voie élevée dont parle le prophète Isaïe, qui est si ‘‘droite que les insensés ne peuvent y errer (1). Vous faites partie de cette vaste communion qui
(1) Isaie, xxxv, 8.
y2 LA FOI DE NOS PÈRES
n'a ni (Haute) ni (Petite Eglise) ni (Nouvelle) ni (vieille école) car vous appartenez à cette école, qui ‘‘est toujours ancienne et toujours nouvelle.” Vous jouissez de cette profonde paix et de cette tranquillité qui naît de la connaissance raisonnée de toute la vérité. Vous pouvez vous écrier en toute vérité, ‘‘qu’il est bon, qu'il est doux pour des frères de vivre (1)’’ dans l'unité d’un seul esprit et d’un seul cœur.
Remerciez encore Dieu de ce que vous appartenez à une Eglise qui a un sens si pénétrant pour découvrir et faire connaître ces fautes morales, ces fraudes déguisées sous le masque de la piété, ces projets socialistes qui se répandent si souvent, dans cette contrée, à découvert, sous les noms de moralité et de religion, mais qui, en réalité, sont subversifs de toute morale et de tout ordre. Ce sont les fruits du fanatisme, et ils servent de prétexte pour cacher les plus honteuses passions. Ni les Mormons, ni les Millérites, ni les défenseurs de l’amour pur et des droits de la femme, ne trouvent de recrues dans l'Eglise catholique. Elle ne souffrira jamais que ses enfants soient séduits par ces impostures, quelque spécieuses qu'elles paraissent.
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Il ressort de tout ce qui a été dit dans les pages précédentes que l’Eglise catholique ne peut être réformée. Je ne prétends pas, bien entendu, que les pasteurs de l'Eglise soient personnellement impeccables et sans péché. Tous les maîtres de l'Eglise, depuis le Pape jusqu’au plus humble prêtre, sont exposés à tout moment, comme les simples fidèles, à déchoir de la grâce et à se trouver dans la nécessité de se réformer. Nous portons tous ‘‘ce trésor d’innocence dans des vases d’argile(2).’’
Mais j'entends que l'Eglise n’est pas susceptible de réforme dans sa doctrine, L'Eglise est l’ouvrage d’un
(1) Psal., cxxxir.
(2) Corinth., 1v, 7.
Dieu incarné. Elle ne peut donc pas être réformée. N'est-ce pas pour des hommes le comble de la présomption de vouloir perfectionner l’œuvre de Dieu? N'’estce pas ridicule que les Luther, les Calvin, les Knox, les Henri et mille autres moins connus, s'offrent pour amender la constitution de l'Eglise, comme s'il s'agissait d’une constitution humaine ?
Notre Sauveur lui-même n'a jamais cessé de gouverner personnellement son Eglise. Ce sera toujours assez tôt pour les faibles mortels de prendre la direction du vaisseau lorsque le grand capitaine aura abandonné le gouvernail.
Un gentleman protestant, qui avait reçu une éducation très libérale, me disait avant l’ouverture du dernier concile œcuménique: ‘Un ami m'assure, monsieur, que dans un conclave secret, tenu dernièrement à Rome, on avait résolu de revenir sur le dogme de l’Immaculée
Conception, et de l’abolir au prochain concile général ; qu’en fait, la définition était une erreur, et que la méprise de 1854 serait réparée en 1869.” Je lui répondis qu’aucune semblable question ne pouvait évidemment être agitée dans le concile ; que les décrets doctrinaux de l’Eglise étaient irrévocables, et que le dogme de l'Immaculée Conception, une fois défini, l'était pour toujours.
Si l’on pouvait fournir la preuve que, dans un seul cas, l'Eglise a cessé d'enseigner une doctrine de foi antérieurement professée par elle, ce seul exemple serait son coup de mort ; elle ne serait plus admise à faire valoir ses titres à l’infaillibilité, Il est un fait merveilleux, digne de ren: 1rque, c’est que, dans toute l’histoire de l'Eglise, si l’on remonte du dix-neuvième siècle au premier, on ne trou: : aucun exemple d’un Pape ou d’un concile général ayant rapporté un décret de foi ou de morale promulgué par un Pontife ou un concile précédents. Le passé suffit pour nous montrer que l'Eglise ne tolérera dans l'avenir aucun changement doctrinal.
Si, comme nous l'avons vu, l'Eglise a l'autorité méme de Dieu pour enseigner, et si elle ne définit que la vérité n'est-ce pas le devoir de tout chrétien d’entendre Sa voix et d'écouter son con mandement ? Elle est l'organe du Saint-Esprit. Elle est le représentant de Jésus- Christ qui lui a dit: ‘Celui qui vous écoute m'écoute; celui qui vous méprise me méprise.” Elle possède la
vérité. C’est le propre de l'esprit humain d’embrasser la vérité partout où il la trouve. Ce serait donc non seulement un acte d'irrévérence, mais de pure folie, de désobéir à la voix de cette mère qui ne saurait se tromper.
Si un citoyen doit obéir aux lois de son pays, quoiqu’elles ne soient pas en tous points conformes à la stricte justice; si un enfant est tenu, d’après la loi divine et humaine, d'obéir à sa mère, bien qu’elle puisse parfois errer dans son jugement, coinbien sommes-nous plus étroitement obligés d’être dociles aux enseignements de l’Eglise catholique, notre mère, dont les avertissements sont toujours justes, dont les préceptes sont immuables!
‘Pendant vingt ans, fait remarquer un protestant récemment converti, j'ai combattu et j'ai lutté contre l'Eglise avec toute l'énergie de ma volonté. Lorsque je devins catholique, tous mes doutes cessèrent, mes recherches aussi, Je fus comme un petit enfant et semblable au nourrisson qui bégaie; je m'abandonnai dans les bras de ma mère.” Par le baptême, les chrétiens deviennent enfants de l'Eglise, sans égard à celui qui verse sur eux l’eau régénératrice, Si elle est votre mère, où est votre amour et votre obéissance? Quand l'enfant cherche sa nourriture dans le sein de sa mère, il ne la discute pas. Quand il reçoit des instructions de sa mère, jamais il ne doute: il croit par instinct. Quand la mère tend sa main, l’enfant suit sans hésiter, Le chrétien devrait avoir pour sa mère spirituelle toute la simplicité et je pourrais dire toute la crédulité d’un enfant guidé
par les instincts de la foi; ‘‘à moins que nous ne devenions, dit Notre-Seigneur, comme de petits enfants, nous n'entrerons pas dans le royaume du Ciel (1). ‘Comme des nouveau-nés, désirez le lait raisonnable, sans ruse, afin que de la sorte vous puissiez grandir dans le salut (2). Sa nourriture ne renferme aucun poison ; sa doctrine aucun artifice.
(1) S. Matth, xvinr, 3.
(2) S. Pierre, 11, 3.