‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 27 sur 83 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

L'Eglise, comme nous l’avons vu, est le seul maître divinement institué pour nous transmettre la révélation.

L'Ecriture est le grand dépôt où se trouve contenu le Verbe de Dieu. L'Eglise en est par conséquent la gardienne autorisée et l'interprète infaillible. Car cette mission de guide infaillible était inutile, si chaque individu ava' pu interpréter la Bible par lui-même.

Que Dieu n’ait pas voulu établir la Bible comme règle de foi d’un chrétien, indépendamment de la vivante autorité de l’Eglise, c’est ce que nous allons essayer de prouver dans ce chapitre.

Aucune nation n’a eu un plus grand respect pour la Bible que le peuple juif. La sainte Ecriture était son orgueil et sa gloire. C'était son chant national en temps de paix, sa méditation et son secours dans les tribulations et dans l'exil. Les Juifs, cependant, ne songèrent jamais à terminer leurs querelles en faisant un appel privé à la parole de Dieu.

Toutes les fois qu’une dispute religieuse survenait dans le peuple, elle était tranchée par le grand-prêtre et par le sanhédrin, tribunal composé de soixante-douze juges civils et ecclésiastiques. La sentence du grand-

prêtre et des juges ses associés devait être exécutée sous peine de mort. ‘Si vous voyez, est-il dit au Deutéronome, qu’il y a une matière difficile et douteuse dans le jugement... vous irez au prêtre de la race lévitique et au juge... ils vous montreront le vrai jugement... Vous suivrez leur sentence, vous n’irez ni à droite ni à gauche... Mais celui qui refusera d’obéir au commandement du prêtre... mourra, et vous ferez disparaître le mal d'Israël (1).’°

Par cette déclaration si claire, vous voyez que Dieu ne renvoie pas les Juifs, pour terminer leurs querelles, à la lettre de la loi, mais à l'autorité vivante du tribunal ecclésiastique, qu’il avait expressément établi pour ce dessein.

Voilà pourquoi les prêtres étaient tenus d’avoir une connaissance profonde de la sainte Ecriture, parce qu’ils étaient les dépositaires de la loi de Dieu et ses interprètes auprès du peuple. ‘‘Les lèvres du prêtre garderont la science, et le peuple cherchera la loi dans sa parole, parce qu’il est l’ange (ou le messager) du Seigneur des armées (2).

De fait, un très petit nombre des enfants d'Israël, si l’on en excepte les prêtres, avaient en leur possession les livres divins. Les saints manuscrits étaient rares et précieux. Quels moyens Dieu prend-il pour que son peuple ait l’occasion d’entendre les Ecritures? A:-t-il commandé de multiplier les livres saints? Non; mais il a ordonné aux prêtres et aux lévites de se partager les différentes tribus, afin que tous puissent être en état de communiquer au peuple la connaissance de la loi. Il était défendu aux Juifs de lire certaines parties de la Bible avant l’âge de trente ans.

Notre Sauveur a-t-il rompu avec cette tradition, quand

(1) Deutéronome, xvir, 8 et suiv.

(2) Malac., n, 8.

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