‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 36 sur 83 · PR RE NE DRE TPEPN · texte numérisé non relu

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jour brillant de la liberté religieuse. De même que notre divin Sauveur ressuscita triomphant du tombeau, après y être resté trois jours et trois nuits, ainsi nos premiers pères dans la foi sortirent du tombeau des Catacombes, après avoir été ensevelis pendant trois siècles, comme des morts, dans les entrailles de la terre.

Constantin fit à l'Eglise de magnifiques donations en arge: t et en biens-fonds. Elles s'accrurent bientôt de concessions nouvelles accordées par les empereurs ses successeurs. De la sorte le patrimoine des Pontifes romains fut bientôt très considérable. Voltaire lui-même nous dit que les biens acquis par eux ne furent pas employés à la satisfaction de leur avarice ou de leur ambition, mais qu’ils servirent uniquement aux œuvres les plus louables de charité et de religion. Les Souverains Pontifes dépensèrent leur patrimoine en envoyant des missionnaires évangéliques dans l’Europe païenne, en dc’ -ant l'hospitalité aux évêques exilés dans Rome et en nourrissant les pauvres, Je puis ajouter ici que les papes leurs successeurs ont généreusement imité la munificence des premiers pontifes.

Un événement du règne de Constantin aplanit, prépara les voies à une juridiction partielle dont les Pontifes Romains commencèrent à jouir dans Rome, et dont ils usèrent, jusqu’à ce qu’ils eussent obtenu une souveraineté pleine et entière grâce au roi de France, Pépin le Bref.

En 327, i'empereur Constantin transféra le siège de l'empire à Constantinople, aujourd'hui capitale de la Turquie. Constantin qui en fut le fondateur lui donna son nom. Un des empereurs qui lui succéda nomma un gouverneur ou exarque pour commander à l'Italie, Ce dernier, qui résida dans la ville de Ravenne, tenait plus à se concilier les grâces de l’empereur, qu'à faire droit aux réclamations du peuple romain.

L'Italie et Rome étaient alors dans des conditions politiques analogues à celles où l'Irlande se trouve placée depuis plusieurs siècles. L’Irlande est sous la juridiction immédiate d’un lieutenant gouverneur, qui ne doit rendre compte de ses actes qu'à son gouvernement. On ne l’a jamais accusé, entre autres faiblesses, d'avoir eu pour l'Irlande une bonté excessive,

Abandonnée à elle-même, Rome devint pour les nombreuses hordes de barbares, qui étaient descendus du Nord et ravageaient l'Italie, une proie capable de les tenter. La ville fut vivement attaquée par les Goths sous Alaric, par les Vandales sous Genséric et menacée par les Huns sous Attila. Ne pouvant obtenir des secours des empereurs d'Orient et des gouverneurs de Ravenne, les citoyens de Rome se tournèrent vers les Papes comme vers leurs gouverneurs et protecteurs; leur seul espoir de salut dans les dangers dont ils étaient menacés. La confiance qu'ils placèrent dans leurs pontifes ne fut pas trompée. Les Papes furent non seulement pour eux des pères spirituels dévoués, mais des gouverneurs civils fermes et vaillants. Lorsque Attila, surnommé “le fléau de Dieu,” s'approcha de la ville avec une armée de cing cent mille hommes, le pape Léon le Grand sortit à sa rencontre, sans soldats et sans suite. Par sa douce éloquence il désarma l'indomptable capitaine et l'amena à retourner sur ses pas, [1 sauva ainsi la ville du pillage et le peuple de la destruction. Le même Pape Léon affronta Genséric chef des Vandales, et quoique, dans cette circonstance, il ne parvint pas à protéger la ville contre le pillage des soldats, il préserva du massacre la vie des citoyens.

Dans la première partie du huitième siècle, Léon l’Isaurien, un des successeurs de Constantin sur le trône impérial, peu satisfait de son pouvoir civil, essaya, comme Henri VIT, d'usurper la juridiction spirituelle et, comme ce monarque anglais, il lutta pour arracher les

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peuples à des traditions sacrées depuis longtemps en honneur. Un gouverneur civil s’ingérant dans les affaires religieuses est aussi répréhensible qu'un clergyman s’immisçant dans les affaires politiques. L'un et l’autre sont à la fois odieux et ridicules. L'empereur donna l’ordre de retirer de toutes les églises les images de notre Sauveur et de ses saints, sous prétexte qu'on faisait acte d'idolâtrie en les exposant ainsi. Le pape Grégoire 11 fit À l'empereur d’énergiques remontrances, lui rappelant que: ‘‘les dogmes de la foi doivent être interprétés par les pontifes de l'Eglise et non par les empereurs,” et lui ordonnant de rétablir les images. Les représentations et les prières du Pape furent inutiles. Cette conduite de Léon ne servit qu’à creuser davantage l’abîme qui séparait l’empereur du peuple romain.

Bientôt après, survint un événement qui détruisit pour toujours l'autorité des empereurs de Byzance, et établit sur une base solide et durable, le pouvoir temporel des Papes.

En 754, Astolphe, roi des Lombards, envahit l'Italie, s’emparant de plusieurs villes et menaçant de marcher sur Rome.

Le pape Etienne IIT (1) qui gouvernait alors l'Eglise, fit un pressant appel à l'empereur Constantin Copronyme successeur de Léon l’Isaurien, le suppliant de venir au secours de Rome et de ses provinces d’Italie. L'empereur manifesta une apathie et une indifférence accoutumées, et reçut ce message avec négligence et froideur.

Dans cette circonstance, Etienne voyant qu'il n’y avait pas de temps à perdre, traverse les Alpes en personne, se rend auprès de Pépin roi des Francs, et sup-

(1) Pendant quelque temps appelé Etienne II, comme son prédécesseur, qui mourut trois jours après son élection et dont quelques calendriers omettent le nom.

plie ce puissar: monarque de protéger le peuple d'Italie, complètement abandonné par ceux qui devraient être ses défenseurs. Le pieux roi, après avoir rendu hommage au Pape, se dirige vers l'Italie avec son armée, défait les Lombards qui envahissent le pays et met le Pape à la tête des provinces conquises.

Charlemagne, successeur de Pépin, non seulement confirme les concessions de son père, inais augmente encore le domaine temporel du Pape, en lui accordant de nouvelles provinces.

Les Pontifes romains ont continué de gouverner cette petite portion de territoire jusqu’en 1870, si l’on en excepte quelques courts intervalles d'usurpation étrangère. À coup sûr, si jamais prince a mérité l’appellation de souverain légitime, il faut mettre en première ligne les évêques de Rome.

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