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brillera toujours d’un aussi vif éclat que le soleil ; comme lui, il sera toujours en dehors de toute atteinte humaine.
Le Saint-Père peut vivre et mourir dans les catacombes, comme les souverains pontifes des trois premiers siècles. [1 peut être traîné loin de son siège, et périr en exil comme les Martin, les Grégoire et les Pie, Il peut mener une pauvre existence comme Pierre lui-même. Rome à son tour peut être ensevelie dans la Méditerranée, mais toujours la chaire de Pierre sera debout et toujours Pierre vivra dans ses successeurs.
Les chrétiens de la plupart des sectes sont habitués à réciter l’article suivant contenu dans le Credo des apôtres: ‘‘Je crois à la communion des Saints.”’ Je crains toutefois qu’il y en ait beaucoup qui, mettant souvent ces paroles sur leurs lèvres, n'en pénètrent pas la signification.
Le sens naturel et vrai des paroles tirées du Credo est qu’il existe entre ls enfants de Dieu, qui règnent dans les cieux, ou séjournent encore sur la terre, une communion ou communication spirituelle de prières : par conséquent que nos amis, déjà entrés dans leur repos, se souviennent de nous dans les prières qu'ils adressent à Dieu.
Pour l'exposition de son Credo, l'Eglise catholique pèse ses paroles dans la balance du sanctuaire, comme un banquier son or. En ce qui regarde l’invocation des saints, l'Eglise déclare seul:ment qu'il est ‘‘utile et salutaire”’ de demander leurs prières. Certaines expressions appliquées aux saints, dans quelques livres populaires de dévotion, peuvent paraître extravagantes. Elles ne sont que le langage exagéré de l’aflection et de la poésie :,ui a besoin d’être contenu par la règle de notre foi. Remarquez que toutes les prières de l'Eglise finissent ainsi: ‘‘par Notre-Seigneur Jésus-Christ; elle montre assez par là qu’elle croit que Jésus-Christ est le médiateur du salut. Un cœur tendrement attaché aux
saints laissera échapper ses sentiments sous la forme d'un langage hyperbolique, comme un amant enthousiaste appellera sa future épouse, son adorable reine, sans avoir l'intention de l’adorer comme une déesse, Telles sont les réflexions que ferait naître dans l'esprit la lecture de semblables passages.
Je pourrais tacilement montrer, par des citations volumineuses d'auteurs ecclésiastiques, combien est conforme à l’enseignement antique, la pratique de l'Eglise catholique d’invoquer l’intercession des saints. Mais craignant, mon cher lecteur, que vous ne soyez disposé à n’attacher qu’une faible importance aux écrits des Pères, je me bornerai au témoignage des saintes Ecritures.
Vous admettrez facilement que c'est un usage salutaire de demander les prières des bienheureux vivant dans le Ciel, après avoir été persuadé qu’ils peuvent entendre nos prières, et qu’ils ont le pouvoir et la volonté de nous assister. Or, les Ecritures établissent solidement la connaissance, le pouvoir et l’amour des saints à notre égard.
1° Ce serait une grande erreur de croire que les anges et les saints qui règnent avec Dieu, dans le ciel, voient et entendent de la même manière que nous voyons et entendons sur la terre; ou bien que la science leur est communiquée comme à nous. Tant que nous sommes détenus dans la prison de notre corps, nous ne voyons qu'à l’aide de nos veux; nous n’entendons qu'à l’aide de nos oreilles. Voilà pourquoi la vue et l’ouïe sont en nous très limitées. Par rapport aux habitants célestes, nous ressemblons à un homme qui serait dans un sombre cachot où il ne pénètre qu’un faible rayon de lumière ! Cet homme ne voit qu’un petit nombre d'objets, et encore obscurément. Aussitôt que notre âme est débarrassée des liens du corps, elle prend son essor vers les régions célestes comme un oiseau échappé de sa
cage, et sa Vision s'agrandit merveilleusement, L'œil ne lui sert pas à voir ni l'oreille à entendre, mais elle coftemple tout en Dieu comme dans un mircir: ‘Nous voyons maintenant, dit l'Apôtre, obscurément à travers une glace, mais nous verrons alors face à face. Je ne connais qu'en partie, mais alors je connaîtrai comme je suis connu moi-même (1).
Que les âmes des justes dans le ciel s'occupent de ce qui se passe sur la terre, cela ressort clairement du passage suivant de la sainte Ecriture, Quand le vénérable patriarche Jacob était sur son lit de mort, il pria en ces termes pour ses deux petits enfants : ‘Que l'ange qui m'a délivré de tous les maux bénisse ces enfants(2)." Nous voyons ici un saint Patriarche (favorisé d’une manière particulière par le Très-Haut, éclairé de visions surnaturelles, le père du peuple choisi par Jéhovah) suppliant un ange du ciel d'obtenir une bénédiction pour ses petits enfants. À dire vrai, pouvons-nous le supposer assez ignorant pour supplier celui qui ne peut l'entendre ?
L'ange Raphaël après s'être fait connaître à Tobie lui dit: “Quand tu priais avec larmes, quand tu ensevelissais les morts, quand tu quittais ton repas, j'offrais tes prières au Seigneur (3). Comment l'ange eût-il pu présenter à Dieu les prières de Tobie s'il les avait ignorées ?
Si nous passons de l'Ancien Testament au Nouveau, nous trouvons cette parole de notre Sauveur: “‘I] y aura joie parmi les anges de Dieu pour un pécheur qui fait pénitence (4).” Les anges sont dans l'allégresse toutes les fois que nous nous repentons de nos péchés. Que faut-il entendre par pénitence ? C'est un changement de
(3) Corinth., x, 12.
(2) Genèse, XLVIET, 16.
(3) Tobie, x11, 12.
(4) S. Luc, xv, 10.
cœur, C'est une opération intérieure de la volonté, Les Saints connaissent donc, nous ne savons comment, non seulement nos actions et nos paroles, mais encore toutes nos pensées, Et quand saint Paul dit: ‘Nous avons té donnés en spectacle au monde, aux anges et aux hommes (1),"" que veut-il signifier, sinon que nos actions sont aperçues non seulement par les hommes mais encore par les anges du ciel ?
Les exemples que j'ai cités se rapportent, il est vrai, aux ang”". Mais Notre-Seigneur déclare que les saints dans le ciel seront comme des esprits angéliques, ayant la même connaissance, jouissant du même bonheur (2):
Nous lisons dans l'Evangile que le mauvais riche, livré aux tourments dans le lieu des réprouvés, supplie instamment Abraham d'étancher sa soif brûlante: ce dernier, quoique détenu dans les Limbes, put l'écouter et lui répondre. Si les relations sont possibles entre les âmes des justes et des réprouvés, combien n'est-il pas plus facile de supposer qu'un échange de pensées peut se faire entre les saints dans le ciel et leurs frères de la terre ?
Ces quelques exemple: suffisent pour vous persuader que les âmes des bienheureux entendent nos prières.
2° Nous avons un grand nombre de témoignage: de la sainte Ecriture, établissant que les saints nous assistent de leurs prières. Le Dieu Très-Haut menace les h: bitants de Sodome et de Gomorrhe de la dernière destruction, à cause de leurs crimes et de leurs abominations. Abraham s’interpose en leur faveur. À sa prière Dieu consent à épargner ces villes si on trouve dix justes, La main vengeresse de Dieu est ici suspendue et le feu de sa colère éteint, grâce à l'efficacité de la prière d'un seul homme (3).
(1) Corinth.. iv, 0.
(2) S. Matth., xx, 30.
(3) Genèse, xvir.
Nous lisons, au livre de l'Exode, que lorsque les Amalcites allaient remporter la victoire sur les enfants d'Israël, Moïse, le grand serviteur et le prophète du Seigneur, se rendit sur une montagne afin d'y prier pour le succès de son peuple. Au témoignage de l'Ecriture tant que Moïse élevait les bras pour prier, Israël avait la victoire, et, lorsqu'il cessait de prier, Amalec triomphait, Le pouvoir de la prière aurait-il pu êtr: manifesté d'une manière plus frappante? La prière silencieuse de Moïse sur la montagne était plus redoutable aux Amalécites que l'épée de Josué et de ses cohortes armées combattant dans la plaine (1).
Quand les Hébreux furent bannis de leur pays natal et conduits en exil à Babylone, leur confiance dans les prières de leurs frères de Jérusalem était si grande, su'ils leur envoyèrent le message suivant, avec une somme d'argent pour qu'on pôt offrir le sacrifice dans la cité sainte: ‘‘Priez pour nc , le Seigneur Dieu, parce que nous avons péché contre lui (2).
Quand les amis de Job r''rent soulevé l’indignation du Très-Haut par leurs vains discours, Dieu, au lieu de leur accorder directement le pardon qu'ils sollicitaient, leur ordonna d'invoquer l'intercession de Job: ‘Allez, leur dit-il, à mon serviteur Job et offrez pour vous-mêmes un holocauste, mon serviteur priera pour vous et je l'exaucerai (3)."" Ils ne firent pas inutilement appel à Job, car ‘‘Le Seigneur changea de disposition à la vue de la pénitence de Job qui priait pour ses amis | (4). Dans cet exemple nous ne soyons pas seulement la valeur de la prière, mais nous trouvons que Dieu la sanctionne par son autorité. De tous les écrivains sacrés, il n'en est pas qui mette une plus grande confiance dans
(1) Exode, xvit.
(2) Baruch, 1, 12.
{3} Job, x.
(4) Ibidem.
la prière de ses frères que saint Paul, quoique personne n'ait connu mieux que lui les mérites infinis de la Passion de notre Sauveur, et que personne n'ait mieux su s'attirer l'estime de Dieu par ses propres travaux. Dans ses épitres, saint Paul demande avec instance, pour lui, la prière de ses frères, S'. lsire être délivré des mains
des incrédules de Jud: 1! emande que son ministère soit fécond dans Jér.: 1! | ol ‘es Romains de lui obtenir cette fa : :. sil lie : |. grâce de prècher l'Evangile =: étais is se ls, il implore l'intercession de. {. en
N'est-ce pas : prise eçie pari nous, et méme parmi nos s.ties 4 1, de dlemarder des prières les uns pour les aires inc 1r père de famille est sur le point de quitter <1 0, our longtemps, une piété instinctive le porte à Soi -pouse et à ses en-
fants: ‘Souvenez-vous de moi dans vos prières. "”
Je vous le demande, si nos amis, quoique pécheurs, peuvent nous aider par leurs prières, pourquoi nos amis les élus du Très-Haut, ne pourraient-ils pas également nous assister ? Si Abraham, Moïse et Job ont pu exercer une aussi grande action sur le Très-Haut tandis qu'ils vivaient dans la chair, leur pouvoir sur Dieu est-il diminué maintenant qu'ils règnent avec lui dans le ciel ?
Nous sommes émus par le spectacle des enfants d'Israël transmettant leurs picuses demandes aux enfants de Jérusalem. Is se rappelaient sans doute ce ue le Seigneur avait dit à Salomon après qu'il eut aci:: é le temple: ‘Mes veux seront ouverts et mes oreilles attentives aux prières de ceux qui m'invoqueront dans ces lieux (1).”
Si les supplications de ceux qui priaient dans la Jérusalem terrestre étaient si efficaces, Dieu pourra-t-il refu-
(1) Paralip. vit, 15.
ser quelque chose à ceux qui l’invoquent face à face dans la Jérusalem céleste ?
3° Mais, me direz-vous, les élus s’intéressent-ils assez, dars le ciel, à notre prospérité, pour se souvenir de nous dans leurs prières ? Ou ne sont-ils pas tellement absorbés par la contemplation de Dieu, et par la jouissance du bonheur céleste, qu’ils ne peuvent s'occuper de leurs amis de la terre? Bannie:soit la pensée que les saints régnant dans le Ciel, ne songent plus à nous; leur plus grand désir c'est de nous voir porter un jour les couronnes qui nous attendent dans le séjour de la gloire. Si la douleur pouvait les atteindre, elle aurait sa source dans cette considération qu'ici-bas nous ne marchons pas toujours sur leurs traces, pour assurer notre bonheur éternel.
Comme nous, les Hébreux croyaient que les saints, après leur mort, prient pour leurs frères. Nous lisons au livre des Machabées, que Judas Machabée, la nuit qui précéda le combat engagé avec l’armée de l’impie Nicanor, eut un songe surnaturel ou une vision dans laquelle il aperçut le grand prêtre Onias et le prophète Jérémie morts depuis fort longtemps. Onias lui apparut les bras étendus, priant pour le peuple de Dieu ; et montrant Jérémie, Onias dit à Judas Machabée: “C'est un ami de ses frères et du peuple d'Israël, c'est le prophète Jérémie qui prie instamment Dieu pour le peuple ct pour toute la cité sainte (1). Jérémie, comme Île rapporte la suite de la vision, présenta une épée à Judas et lui prédit que, par elle, il serait vainqueur de ses ennemis. Les soldats, animés par ce récit, combattirent avec un courage invincible et l’emportèrent sur leurs ennemis. Quoique le livre des Machabées ne soit pas reçu par nos frères séparés comme inspiré, ils doivent au moins le reconnaître comme un monument historique fidèle. Ainsi, il est évident d'après ce récit, que
(1) LE Mac, xv, 14.
les Hébreux croyaient à l’intercession des saints dans le (Ciel en faveur de leurs frères de la terre,
Saint Jean, dans son Apocalypse, nous présente les saints devant le trône de Dieu priant pour leurs frères de la terre:‘* Les vingt-quatre vieillards s’inclinèrent devant l'agneau, ayant chacun une harpe, et des vases d'or remplis de parfums, qui sont les prières des saints (1).”
Le prophète Zacharie rapporte une prière qui fut offerte par l’ange pour le peuple de Dieu, et la réponse favorable qu'il reçut du Ciel: ‘Combien de temps, Seigneur, resterez-vous encore sans faire miséricorde à Jérusalem et aux villes de Juda, contre lesquelles vous vous êtes irrité? Et le Seigneur répondit à l'ange de bonnes paroles pleines d'assurance.”
Ne sovons pas surpris de voir que les anges travaillent à notre salut puisque saint Pierre nous dit que: “Le démon rôde autour de nous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer.” Car, si la haine pousse les démons à notre ruine, sûrement l'amour doit inspirer aux anges de nous secourir pour nous assurer la couronne de gloire. Si les anges se souviennent de nous quoique d'une nature différente, quel plus grand intérêt les saints ne doivent-ils pas manifester pour notre bonheur, eux qui sont les os de nos os et la chair de notre chair ?
Demander les prières de nos frères dans le Ciel, ce n'est pas seulement faire un acte conforme aux saintes * Ecritures, mais c'est obéir aux instincts de notre nature. La doctrine catholique de la communion des saints enlève à la mort ses terreurs ; tandis que les réformateurs du seizième siècle, en niant cette vérité, n’ont pas seulement fait au Credo une blessure mortelle, maïs ils ont cncore brisé les fibres les pius délicates du cœur hu-
(ui Apocalvpse, v, &.
main. Îls ont rompu les liens sacrés qui unissent la terre au Ciel, et l’âme qui vit dans la chair à celle qui en a été délivrée. Si mon frère me quitte pour traverser l’Océan, je crois qu’il continue à prier pour moi. Quand il traverse le détroit de la mort, et qu’il aborde aux rivages de l'éternité, pourquoi ne prierait-il pas toujours pour moi? Que détruit la mort? Le corps. L'âme vit toujours ; elle se meut, elle conserve son être. Elle pense, elle veut, elle se souvient, elle aime. La rouille du péché, de l’égoïsme et de la haine a été brûlée par le feu salutaire de la contrition, de l’expiation et il ne resie plus que l'or pur de la charité.
Oh! loin de nous la sombre pensée que la mort sépare entièrement de nous nos amis! Loin de nous l’insensible Credo qui déclare un éternel divorce entre nous et les justes dans le Ciel! N’allez pas croire que lorsque vous perdez un père ou une mère, une tendre sœur ou un frère qui sont morts dans la paix du Seigneur, ils vous oublient. L'amour qu'ils nous portaient sur la terre s'est purifié dans le Ciel où il demeure plus intense, Si votre enfant innocent, régénéré dans les eaux du baptème, vient à être ravi par la mort, soyez persuadé que quoique séparé de vous par le corps, il est toujours avec vous en esprit, et il vous paie au centuple la vie que vous lui avez donnée. Croyez aussi que les'chaînes dorées de la prière vous unissent à cet angélique enfant, € qu'il offre constamment ses ferventes demandes au trône de Dieu, afin que vous puissiez être réunis dans le Ciel.
Mais j'entends des hommes s'écrier, avec une pharisaïque assurance: ‘Vous déshonorez Dieu, monsieur, en priant les saints, vous rendez inutile la médiation de Jésus-Christ, Vous élevez la créature au-dessus du Créateur.”
Combien cette objection est sans fondement! Nous ne déshonorons pas Dieu en priant les saints. C'est ce
que nous ferions si nous invoquions les saints en dehors de Dieu. Mais telle n'est pas notre pratique. L'Eglise catholique enseigne au contraire que Dieu seul est le distributeur de tout don parfait, qu’il est la source de toute bénédiction, la fontaine de toute bonté. Elle enseigne que quels que soient le bonheur, la gloire ou le crédit dont jouissent les saints, tout leur vient de Dieu. De même que la lune emprunte sa lumière au soleil, de même les bienheureux tirent toute leur clarté de Jésus, ‘‘soleil de justice,” unique médiateur ‘‘de rédemption entre Dieu et les hommes (1). Ainsi donc, lorsque nous nous adressons aux saints, nous les supplions de prier pour nous, par les mérites de Jésus-Christ, tandis que nous demandons à Jésus de nous soutenir par ses mérites et par sa grâce.
Quel avantage y a-t-il à prier les saints, puisque Dieu peut nous entendre ? S'il est inutile et vain de prier les saints, puisque Dieu peut nous entendre, Jacob s'est donc trompé en priant l’ange? Les amis de Job se sont trompés en le conjurant de prier pour eux, quoique Dieu leur eût fait un ordre d'implorer l’intercession de son serviteur. Les Juifs captifs à Babylone se sont trompés aussi, en demandant les prières de leurs frères de Jérusalem. Saint Paul s’est trompé quand il a supplié ses amis de prier pour lui; nous nous trompons tous quand nous prions les uns pour les autres. Vous jugez utile et bon de demander pour vous les prières de votre pasteur ; n'est-il pas pour moi, tout au moins, également utile de demander les prières de saint Paul, puisque je suis convaincu qu'il peut m’'entendre ?
Dieu ne veut pas que les supplications adressées à notre Père du Ciel diminuent à mesure que nous les multiplions envers les saints, Nous devons, après tout, nous rappeler que si l'Eglise proclame la nécessité pour
(1) Timothée, 1, 5.
le salut de prier Dieu, elle affirme seulement qu’il est ‘bon et utile d’invoquer les saints (1).
Demander les prières des saints n'est pas seulement utile, mais très profitable. En implorant leur intercession, au lieu d’un seul, nous en avons plusieurs qui prient pour nous. À nos froides prières nous unissons les ferventes supplications des bienheureux et ‘‘le Seigneur entendra la parole du juste (2). À nos supplications, pauvres pèlerins dans cette vallée de larmes, se trouvent unies celles des habitants du Ciel. Nous leur demandons de supplier leur Dieu qui est le nôtre, leur Père qui est notre Père, afin que nous puissions un jour partager leurs délices dans ces régions bénies, dans la société de notre commun Rédempteur, avec lequel vivre c'est régner.
(1) Concile de Trente, sess. xxv.
(2) Prov., xv, 29.