RP EPS EPP EN EN ART ES ES
observations qui suivent: ‘‘La loi du Maryland avait pour but de protéger la liberté de conscience; quelques années après sa confirmation, l’apologiste de lord Baltimore pouvait affirmer que son gouvernement n'avait apporté aucun trouble à personne dans le Maryland, en matière de religion, que les colons avaient joui de la liberté de conscience, non moins que de la iiberté individuelle et politique, aussi amplement qu'aucun peuple du monde. Les amis de l’Eglise épiscopale des Massachussets, et les puritains de la Virginie qui avaient été privés de leurs droits, furent favorablement admis à jouir d’une égale liberté et pour la conscience et pour leurs droits politiques, dans la province catholique romaire du Maryland (11).
Cinq ans plus tard, lorsque les puritains eurent la prépondérance dans le Maryland, ils se rendirent coupables de la dernière ingratitude en privant de leur liberté tous <s vrais catholiques par qui ils avaient été accueillis d’une manière si hospitalière. ‘‘Ils n’eurent pas même assez de reconnaissance pour respecter les droits du gouvernement qui les avait reçus et nourris, ni l’esprit assez large pour continuer la tolérance à laquelle seule ils étaient redevables de leur séjour dans la colonie. Un acte concernant la religion défendait que la liberté de conscience s'étendît à la Papauté, à l’Episcopat ou à la licence de l'opinion (2).
Que dirai-je de la part active que prirent d'illustres notabilités catholiques dans la cause de notre indépendance américaine? Que dirai-je de Charles Carroll, de Carrollton qui, au risque de sacrifier ses riches Etats, signa la déclaration de l'indépendance; du révérend Jean Carroll le premier archevêque de Baltimore, qui avec son cousin Charles Carroll et Benjamin Franklin furent envoyés par le Congrès au Canada, pour assurer
(1) Bancroft, Histoire des Etats-Unis, vol. 1, chap. vu. (2) Ibid. Voyez les lois de Bacon.
LE
la coopération du peuple de cette province dans le combat pour la liberté ; de Kosciuscko, de Lafayette, de Pulascki, de Barry et d’une multitude d’autres catholiques qui travaillèrent si efficacement au triomphe de la même cause.
L'Eglise a nourri une multitude sans nombre de héros américains; des traîtres jamais.
Le Père de son pays n’a pas oublié ces services. Peu après son élection à la Présidence, répondant à une Adresse de ses concitoyens catholiques, il emprunta le langage suivant: ‘‘J’espère que vos concitoyens n'’oublieront pas la part patriotique que vous avez prise dans leurs résolutions, et dans l'établissement de leur gouvernement; ni les secours puissants qu'ils reçurent d’une nation dans laquelle la foi catholique était professée.”
Les catholiques de nos jours ont suivi avec une noble
émulation le patriotisme et l'esprit de tolérance montrés par leurs ancêtres; ils ne peuvent être accusés ni de déloyauté ni d’intolérance par leurs frères séparés. A diverses époques de notre histoire, nos églises ont été profanées et brûlées jusque dans leurs fondements, notre clergé exposé à la violence et à l’insulte. Ces injures nous ont été infligées par des troupes incendiaires animées par la haine du catholicisme.
Cependant, en dépit de leurs provocations, nos concitoyens catholiques, quoiqu'ils eussent une grande influence numérique dans les localités où ils ont souffert, n’ont jamais usé de représailles. Nous affirmons, et c’est avec un juste sentiment d’orgueil, que jusqu'ici dans les Etats-Unis, aucun temple protestant et aucune maison d'éducation n’ont été détruits, et qu'aucune violence n'a été faite à un ministre protestant par ceux qui professent la foi catholique. Puisse Dieu nous accorder d’avoir toujours à rappeler de semblables souvenirs!
enr merermnrs matt been be 2 Be
C'est parce que l'Eglise s’est toujours opposée à la tyrannie des rois dans leurs empiétements sur les droits sacrés de la conscience, qu'elle a toujours été victime de la persécution des rois.
Dans tous les à es, selon le langage du Psalmiste, ‘‘les rois de la terre se sont élevés et les princes se sont assemblés contre le Seigneur et contre son Christ (1)."’ Les plus brillantes et les plus émouvantes pages de l'histoire ecclésiastique sont celles où l’on rappelle les souffrances des papes et des prélats, infligées par les souverains temporels, et supportées pour l'amour de la justice et de la conscience.
Témoin saint Jean Chrysostome, le grand archevêque de Constantinople, au cinquième siècle, et l’idole du peuple. Il eut le courage, comme saint Jean-Baptiste, d'élever son éloquente voix contre le relâchement de la cour, et particulièrement contre l’impératrice Eudoxie, qui gouvernait à l'instar d’une autre Jézabel. Il fut banni de son siège, traité avec la dernière indignité par les soldats, et il mourut en exil par suite d’inanition et de mauvais traitements. Témoin le pape Grégoire VIIT, le courageux Hildebrand, dans les longues luttes qu'il eut à soutenir contre l’empereur d'Allemagne, Henri IV. Grégoire dirigea toute l'énergie de son âme grande et forte vers la réforme des abus qui s'étaient glissés dans les Eglises de France et d'Allemagne au onzième siècle. L'empereur d'Allemagne s’arrogeait alors le droit de nommer ou de désigner les évêques dans son empire. Ce ministère sacré était parfois accordé à d’indignes prétendants, et souvent mis en vente pour être donné au plus offrant, comme on le voit à présent dans l’Eglise grecque schismatique de Turquie. De leur côté les évêques payaient trop souvent leurs bienfaiteurs royaux en servant leurs passions et en leur prodiguant les plus viles flatteries, L'intrépide pontife fut
(1) Psal., nr.
assez heureux pour déraciner en partie le mal; mais ses efforts lui coûtèrent la vie. L'empereur envahit Rome, chassa Grégoire de son siège et le pontife rendit son dernier soupir en prononçant ces paroles: ‘‘J'avais aimé la justice, haï l’iniquité, voilà pourquoi je’ meurs en exil.”’ Pour la mème cause Thomas Becket, archevèque de Cantorbéry, fut massacré au pied de l'autel par les assassins émissaires de Henri II d'Angleterre. Remarquez comment Pie VIT a été traité par Napoléon [*, au commencement de ce siècle. Napoléon avait rêvé d'être le maître de l'Europe, et de placer ses frères et ses amis sur les divers trônes du continent: il voulait en faire comme autant de satellites qui auraient accompli leur révolution autour du trône qu'il occupait en France, Napoléon fait une double demande au vénérable pontife: 1° de dissoudre le mariage qui a été contracté entre le frère de l’empereur, Jérôme, et Miss Patterson, protestante; son mobile secret était d'assurer une épouse de sang royal à son jeune frère au lieu d'une femme américaine; 2° de fermer ses ports au commerce de l’Angleterre, avec laquelle Napoléon était en guerre, et de faire ainsi cause commune avec l'empereur contre ses ennemis. Le pape rejeta ces deux propositions. Il dit à l’empereur que l'Eglise considérait comme indissolubles tous les mariages conclus devant elle, même quand l’une des deux parties était protestante ; et qu’en sa qualité de père de tous les chrétiens, il ne pouvait fermer ses ports à aucune nation. Pour avoir fait un double refus, le pape fut arrêté et envové en exil, où il languit de nombreuses années,
En ce moment le vieux conflit de l'Eglise avec les gouvernements despotiques a éclaté en Europe avec fureur.
La scène qui s’est produite entre Jean-Baptiste et Hérode se renouvelle aujourd'hui dans presque tous les royaumes de l’:ncien monde. C’est la vieille lutte entre
FA ER ar LE ER Ségo
“RTS one nr pe genre me
la force brutale et les droits divins de la conscience. En Russie nous voyons l'évêque de Plock éloigné pour toujours de son siège et exilé en Sibérie. Tout son crime consiste à avoir refusé de reconnaître l’empereur Alexandre eomme le chef de l'Eglise chrétienne.
Si nous passons en Italie, nous voyons des religieux et des religieuses chassés de leur couvent, leur maison et leur bibliothèque confisquées ; bibliothèque que des hommes pieux et instruits avaient formée et consultée pendant des siècles, Le seul crime de ces religieux était de ne pouvoir résister à la force brutale. Passez les Alpes, pour entrer en France, vous y verrez la Commune, ce monstre à plusieurs têtes, assassinant l’archevêque de Paris et divers membres de son clergé, parce que les uns et les autres sont les représentants de la loi et de l’ordre.
Dans cette république, qu'on appelle la Suisse, Mgr Mermillod est chassé de Genève sans qu'on ait pu articuler la plus légère accusation contre son caractère de citoyen et de prélat catholique. Les prêtres fidèles sont privés par le gouvernement de leurs droits paroissiaux et des renégats sont mis leur place. Le berger a été chassé et les loups se concertent pour ravagei le troupeau.
Allez en Prusse; qu’y voyez-vous ?
Un premier ministre enflé de ses récentes victoires sur la France. Il ne lui scffit pas de voir son maître porter la couronne impériale d'Allemagne; il voudrait encore placer sur sa tête la tiare du Pape. Comme Aman, ministre d'Assuérus, Bismark n’est pas satisfait d’être le second dans le royaume tant que Mardochée, c’est-à-dire l’Eglise, refuse de fléchir le genou devant lui et de l’adorer.
Il condamne plusieurs fois à l'amende le vénérable archevêque de Gnésen-Posen et d’autres prélats prussiens ; il confisque leurs meubles et finalement il jette
leurs personnes en prison pour un temps indéfini. Saint Jean Chrysostome fait magnifiquement remarquer qu'il est glorieux pour saint Paul d’avoir été élevé jusqu'au troisième ciel, mais que cet apôtre est bien plus grand lorsqu'il se montre à nous chargé de ses chaînes dans les prisons de Rome. Je puis en dire autant de l'archevèque de Posen, Ledochowski, qui s'est distingué parmi les Pères au concile du Vatican; il est bien plus magnifique encore assis solitaire dans les prisons de Prusse.
La loyauté du clergé prussien est à l'abri de tout reproche. Les évêques sont mis en prison parce qu'ils revendiquent le droit d'élever les étudiants, de choisir et d’ordonner les prêtres sans consulter le gouvernement. On leur r:fuse les droits dont les francs-maçons et les autres corporations d'Allemagne jouissent dans ces contrées, Une simple comparaison mettra plus en lumière l’odieux caractère des lois pénales auxquelles nous faisons allusion. Supposons que le gouvernement des Etats-Unis soit sur le point de porter un décret général ordonnant que les prêtres des différentes dénominations chrétiennes soient élevés dans les établissements de l'Etat, et contraints de prêter serment avant d'entrer dans les fonctions de leur ministère, empêchant l'autorité ecclésiastique de désigner ou d'éloigner les prêtres sans la permission du gouvernement de Washington. Est-ce que le peuple américain ne se soulèverait pas de toute sa force avant de permettre qu’on lui forge des fers si gènants pour sa conscience ?
Voilà l’odieuse législation que le gouvernement prussien décrète contre l'Eglise. L'Eglise catholique en résistant à ces lois ne livre pas seulement pour e!! des batailles, elle lutte partout pour le principe de la liberté de conscience.
Mais, Dieu merci, nous vivons dans un pays où la liberté de conscience est respectée, et où la constitution
Da nn og tt be ne 22 ve on erronée bed tail nmidies. te
civile élève au-dessus de nous l'égide de sa protection, sans s’immiscer dans les affaires ecclésiastiques. De tout mon cœur j2 m’écrie: Amérique, malgré tes fautes je t’aime toujours. Et peut-être à l'heure actuelle, il n’est pas de nation sur la surface du globe où l'Eglise soit moins embarrassée et entravée; où elle ait plus de liberté pour atteindre ses hautes destinées qu'aux Etats- Unis.
Pour ma part, je préfère le système qui a prévalu dans ce pays, où l’on pourvoit aux besoins temporels de l’Eglise par les volontaires contributions des fidèles, à celui qui prévaut dans quelques contrées catholiques d'Europe, où l'Eglise est protégée par le gouvernement accordant ainsi une faible compensation des grandes injustices qu’il a commises envers elle, par la confiscation en masse de toutes les propriétés ecclésiasques. L’Eglise paie chèrement cette indemnité; car elle a à supporter les continuelles attaques ou tentatives d'intervention, et à subir les vexatoires empiétements du pouvoir civil qui fait des efforts pour la placer dans une dépendance complète.
11 y a quelques années, en compagnie du défunt archevêque de Baltimore, Spalding, à mon retour de Rome, je fis une visite à l’évêque d'Annecy, en Savoie. Je fus frappé de la splendeur de son palais; je vis à la porte une sentinelle placée par le gouvernement français comme une garde d'honneur. Mais le vénérable évêque me fit revenir bientôt de mon impression favorable. Il me dit qu'il était dans un esclavage doré. Je ne puis bâtir seulement une sacristie, dit-il, sans en obtenir l’autorisation du gcuvernement,
Je ne désire pas voir le jour où l'Eglise demandera ou recevra du gouvernement des secours pour bâtir nos églises, ou pour payer le salaire de notre clergé, car le gouvernement peut alors commencer à nous dicter les doctrines qu’il veut nous voir précher. À mesure que ie
patronage de l'Etat augmentera, la sympathie et les secours des fidèles diminueront.
Que l’heureux état de choses qui existe maintenant pour nous continue; que les relations entre le clergé et le peuple soient directes et immédiates ; que les évêques et les prêtres puissent répandre sur leurs enfants spirituels leurs labeurs volontaires, leur tendre sollicitude, leur paternelle affection et faire jaillir, comme d’une fontaine, le sang de leur cœur, si c'est nécessaire, et qu'ils reçoivent en retour les libres offrandes, Ja gratitude, et le dévouement de la piété filiale des peuples.