‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 50 sur 83 · LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY · texte numérisé non relu

LE MASSACRE DE LA SAINT-BARTHÉLEMY

Que faut-il penser du massacre de la Saint-Barthélemy?

Je n'ai pas assez de paroles pou 1‘: nbien je déteste ce massacre inhumain, Ilest rai velen 1, des victimes a été singulièrement € re par le ns hostiles, mais ce n'est point li - | , 1 is affirmer avec fierté que l'Egl: : ne ae ni aucune part dans cette hic son pour déplorer l'événement pu ef la .nes sur ces malheureuses victimes. vor fi nettement et brièvement exposés.

1° Sous le règne du roi de Franc: ‘ ie, 1N, s huguenots formaient, en ce pays, un ; ir foriidable et un élément dangereux de sédition; ils avaient pour chef l’amiral Coligny qui tramait des complots dans le but de renverser le monarque régnant. Le roi de France, sur les instigations de sa mère Catherine de Médicis, craignant d’ailleurs l'influence de Coligny, qu'il regardait comme prétendant au trône, décréta sa mort ainsi que celle de ses compagnons de Paris, le 24 août 1572. Cet acte de viclence fut en effet suivi d’un massacre qui eut lieu soit dans la capitale de la France, soit dans d'autres villes du royaume; ce fut le fait inconsidéré d'une populace incendiaire qu'on soulève sans peine, mais qu'on arrète fort difficilement.

2° La religion n'a été pour rien dans le massacre. Coligny et les hugnenots furent tués non à cause de leur Credo, mais parce qu'ils avaient tramé le crime de haute trahison dont on les accusait. S'ils n'avaient eu que leur foi protestante pour devenir odieux au roi Charles, on ne les eût jamais frappés. Jamais ni Charles ni sa lière n'ont Manifeste ni un zèie si tendre pour i'Egiise catholique, ni une aversion bien marquée pour le pro-

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testantisme ; ils n’ont été sensibles qu’à la menace méme du trône.

3° Aussitôt après le massacre, Charles envoya un message extraordinaire à chacune des cours d'Europe, avec la mission d'annoncer cette nouvelle à émotion, que le roi et sa famille venaient d'échapper à une horrible conspiration, que ses auteurs avaient été surpris et sommairement exécutés. Les envoyés dans leur récit s’abstinrent avec soin de toute allusion au massacre inconsidéré qui avait eu l:.u, ils en annoncèrent la nouvelle dans les termes suivants: ‘Pendant cette nuit mémorable, par la mort de quelques séditieux, le roi a été délivré d’un danger imminent de mort, et le royaume de la terreur perpétuelle d’une guerre civile.”

Le pape Grégoire XIII, se fondant sur cette information mensongère, ordonna de chanter un Te Deum, et de frapper une médaille commémorative en actions de grâces à Dieu, non pour le massacre qu'il ignorait, mais pour la préservation du roi de France qui avait échappé à une mort prématurée et violente, et pour la nation française qui était elle-même soustraite aux horreurs de la guerre civile.

Sismondi, historien protestant, nous dit que le nonce du Pape à Paris fut tenu, à dessein, dans l'ignorance des projets du roi. Rank, dans son Histoire des guerres civiles, nous apprend que Charles et sa mère quittèrent subitement Paris, afin d'éviter une entrevue avec le légat du Pape qui arriva bientôt après le massacre ; leur conscience coupable craignait sans doute les reproches du représentant du vicaire de Jésus-Christ, auquel on ne pouvait longtemps cacher la vérité des faits ralheureusement trop réels.

4° Îl est à peine nécessaire de venger l'innocence des évêques et du clergé de France, dans cette circonstance. Aucun auteur, si hostile qu'il soit à l'Eglise, ne les a

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