‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 66 sur 83 · BEA LA FOI DE NOS PÈRES · texte numérisé non relu

BEA LA FOI DE NOS PÈRES

quité ; plusieurs Pères de la primitive Eglise le mentionnent expressément,

A mesure que nous avançons dans l’intérieur de l’'église vous apercevez, ouvert, sur l’autel, un livre: c’est le Missel ou livre de messes, ainsi appelé parce qu'il contient les prières qui sont récitées à la messe. Il renferme des passages empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament, le canon et d’autres prières particulières. Le canon de la messe ne varie jamais dans l’année, il nous vient des premiers âges tel que nous l’avons aujourd’hui, à l'addition près d’un ou deux mots. Presque toutes les collectes sont très anciennes, le plus grand nombre remonte à une époque antérieure au cinquième siècle. Je ne connais point de prière que l’on puisse comparer aux collectes du missel pour la chaleur et la vigueur du langage, pour la concision du style et pour l’onction de la piété. Il est évident que ces modestes compositeurs sentaient ce qu'ils disaient, et qu'ils étaient remplis de l'Esprit de Dieu, méprisant ‘‘les paroles persuasives de la sagesse humaine,” en cela bien différents de quelques compositeurs de prières modernes dont les périodes arrondies visent plutôt à flatter les oreilles des hommes qu’à percer les nues.

Vous connaissez probablement assez le Livre épiscopal de prières communes, et sans nul doute vous avez admiré sa diction remplie d’une belle simplicité. Mais aussi vous serez peut-être surpris d'apprendre que ce livre de prières n’est bien souvent que la traduction de notre missel.

Suivons maintenant pieusement l’officiant dans la célébration de la messe.

Vous le voyez sortir de la sacristie pour s'arrêter au pied de l’autel où il fait, à Dieu et aux saints, une humble confession de ses fautes. I1 monte les degrés de l’autel et, par neuf fois, il invoque la divine clémence en poussant ce cri: Kyrie eleison, Christe eleison. T1 en-

tonne la sublime doxologie: Gloria in excelsis Deo, il chante la collecte du jour, lit la leçon ou épître et chante l'évangile qui est habituellement suivi du sermon. Aussitôt après, il récite le Credo de Nicée qui, bien avant le cinquième siècle, retentissait dans toutes les églises de la chrétienté, Vous l’apercevez alors faisant l’oblation du pain et du vin. Il purifie l'extrémité de ses doigts en récitant les paroles du Psalmiste: ‘‘Je laverai mes mains parmi les innocents, et j'entourerai votre autel, ô Seigneur!” Cette cérémonie l’avertit qu’il doit être pur des moindres souillures en vue de l’acte qu’il va accomplir. Suivent la préface et le canon, renfermant les paroles solennelles de la consécration pendant laquelle le pain et le vin sont changés, par le pouvoir de Jésus-Christ, en son corps et en son sang. li continue les autres prières en arrivant à la plus excellente de toutes, l’Oraison dominicale et à la communion où il participe au pain et au vin consacrés, il donne ensuite la sainte

communion à tous ceux qui se sont préparés à la recevoir. Il poursuit la messe, bénit les fidèles prosternés et la termine par les premières paroles du sublime évangile de saint Jean.

Vous n'avez pas seulement ici un certain nombre de prières réunies entre elles; mais vous contemplez une scène qui captive votre pieuse attention et enflamme votre cœur d’une dévotion fervente. Vous participez à un acte d’adoration digne du Dieu à qui on l'offre.

Il vous tarde, je le vois bien, de connaître les motifs pour lesquels la messe se dit en latin. Lorsque le christianisme commença à s'établir, l'empire romain était seul maître des destinées du monde. Rome païenne étendait sa domination presque dans toute l’Europe et sur de nombreuses parties de l’Asie et de l’Afrique. Le latin était la langue de l'Empire. Partout où l’étendard romain était fixé là aussi était répandue la langue latine; comme aujourd’hui l’anglais est parlé partout où règne

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