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tude les trésors des mages, quoiqu'il eût pu s’en passer. Quelques personnes en voyant nos sanctuaires si somptueusement décorés, s’écrient: N'eût-il pas mieux valu donner aux pauvres l'argent qu'on a dépensé pour se procurer toutes ces choses ? Ainsi se plaignait Judas, quoiqu'il n’eût aucun souci des pauvres (1). Lorsque Marie répandit de son vase d’albâtre son précieux onguent, notre Sauveur n'eut garde de la blämer., Pourquoi n’'imiterions-nous pas Marie, en plaçant aux pieds du divin Maître et autour de son sanctuaire, nos vases avec leurs pures et odoriférantes fleurs, afin que l'église soit remplie de leurs parfums, comme la maison de Simon le fut par l’odeur de cette liqueur précieuse ? A certaines saisons le Très-Haut n’orne-t-il pas de fleurs et de lis très variés cette terre, le grand temple de la nature? Qu’y a-t-il de plus convenable qu’à certaines occasions, nous embellissions son sanctuaire, ce lieu qu’il s’est choisi pour son habitation parmi nous? Il est doux de ravir aux champs leurs plus beaux trésors, pour rendre plus magnifiques les temples bâtis par la main des hommes.
Les vétements sacrés dont vous voyez l'officiant revêtu, ont dû vous frapper comme très antiques et hors de saison. A cela rien de surprenant; car si vous voyiez une dame dans l’église avec une coiffure semblable à celle que portait la reine Elisabeth, son costume vous paraîtrait singulier. Les vêtements de nos prêtres sont d'une époque bien plus ancienne que celle où vivait Elisabeth, bien plus ancienne que l'empire anglais. Eusèbe et d’autres écrivains du quatrième siècle en parlent comme existant déjà de leur temps. Il n’est donc pas étonnant qu’ils paraissent bizarres à des yeux qui ne sont pas accoutumés à les voir.
Dans la loi ancienne, Dieu avait prescrit aux prêtres
(1) S. Jean, xn, 6.
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