PAP TACIT SE CRE
y42 LA FOI DE NOS PÈRES
leurs fonctions saintes: ‘‘Tels seront les ornements qu'on fera (pour les prêtres) : un rational, un éphod, une tunique et d’étroits vêtements de lin, une mitre et une ceinture, On fera des vêtements sacrés pour votre frère Aaron et pour ses enfants, afin qu'ils puissent remplir l'office du sacerdoce en ma présence (1 ).”' Conduite par le Ciel, l'Eglise elle aussi a prescrit des vêtements sacrés pour ses prêtres exerçant le saint ministère, Il est, en effet, éminemment convenable que le ministre de Dieu, tandis qu'il célèbre, soit paré des ornements qui lui rappellent fortement le caractère sacré dont il est revêtu, lui redisent aussi bien qu'aux fidèles les sublimes fonctions qu’il remplit.
Le costume que porte le prêtre tandis qu’il célèbre la messe comprend: l’amict, ou blanc vêtement autour du cou; l’aube, ou habit blanc qui descend jusqu'au talon et est rattaché autour de lui par une ceinture; le manipule, suspendu au bras gauche: l'étole, placée sur les épaules et se croisant sur la poitrine ; la chasuble, ou vêtement extérietrr plus ample.
La chasuble, l’étole et le manipule varient de couleur selon les occurrences. Ainsi on emploie les vêtements blancs à Noël, à Pâques et aux autres fêtes qui nous rappellent la joie; à la Pentecôte, aux fêtes des apôtres et des martyrs, on se sert des ornements rouges ; on revêt les ornements verts du dimanche de la Sainte- Trinité à l'Avent, aux jours où il n’v a pas de fête spéciale; on se sert des ornements violets pendant l’avent et le carème, et l’ornement noir sert aux messes des morts.
Un mot seulement de plus sur ce sujet, Il v a quelques années à peine, tout le monde protestant flétrissait, d’un commun accord, l’usage des fleurs dans la décoration de nos autels, de l’encens, des vêtements sacrés et de l'autel lui-même, comme autant d’abominations
(1) Lévitique, xxviir, 4.
inventées par le Papisme. Mais, naguère, un meilleur esprit s’est emparé d'une portion notable de l'Eglise protestante épiscopale. Après avoir épuisé toute leur rage contre nos ornements, et les avoir livrés au mépris comme les haillons des femmes perdues de Babylone, les membres de l'Eglise ritualiste sont passés, avec une dextérité remarquable, d'une extrémité à l'autre, Is revêtent nos habits, répandent notre encens, érigent des autels dans leurs églises et les ornent de fleurs et de candélabres.
Ces ritualistes, cependant, se distinguent aisément des vrais prêtres, et si l’un d’entre eux se présentait dans ces habits mal ajustés au Père des fidèles, le vénérable pontife s’écrierait comme le patriarche de la loi ancienne: ‘‘La voix est bien celle de Jacob, mais les mains sont d’Esaü.”’ Je sens les vêtements du prêtre, mais j'entends la voix du curé.
Daigne Dieu accorder à nos frères égarés qu'après avoir revêtu nos habits sacerdotaux, ils puissent revêtir notre foi, afin que leurs discours soient conformes à leurs costumes! Après avoir déposé leurs étoles terrestres, puissent-ils mériter comme tous les prêtres fidèles d’être vus : ‘‘Se tenant debout devant le trône, en face de l’agneau avec des étoles blanches et des palmes dans leurs mains... s’écriant: Salut à notre Dieu qui siège sur le trône et à l’agneau (1).”
(1) Apocalypse, vI1, 9, 10.
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