CHAPITRE XXVI
Institution divine du sacrement de pénitence. — Le pouvoir de remettre les péchés donné par Jésus-Christ à son Eglise. — Nécessité et avantages de la confession.
Toute l'histoire de Jésus-Christ est marquée au coin de la miséricorde et de la compassion pour l'iumanité souffrante, Depuis son Incarnation jusqu'à sa mort, toutes les pensées, toutes les paroles et tous les actes de sa vie divine n’ont eu qu’un but, le soulagement de tous les maux et de toutes les misères des hommes déchus.
Aussitôt qu'il entre dans sa vie publique, il va faisant du bien aux hommes. Il rend la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la force et la vigueur aux paralvtiques; il verse le baume des consolations sur les cœurs ulcérés et rend les morts à la vie.
Mais pendant que Jésus-Christ s'occupait à soulager les infirmités humaines, le principal objet de sa mission etait de délier les âmes des liens du péché. Le seul nom de Jésus nous révèle cette vérité importante: ‘Vous
l'appellerez Jésus, dit l'ange, car il sauvera son pr de leurs péchés (1).
Si Jésus se fût contenté de cicatriser les plaies du corps, sans s'occuper de celles de l'âme, il eût mérité sans doute d'être appelé notre médecin, mais on n'aurait jamais pu lui appliquer les titres autrement chers de Sauveur et de Rédempteur. Puisque le péché est le plus grand mal de l’homme et que Jésus est venu pour éloigner de nous lei plus grands maux, il s’est présenté surtout au monde comme le grand pénitent chargé d'expier le péché. Madeleine semble en avoir eu conscience : elle se jette à ses pieds, elle les arrose de ses larmes, elle les essuie avec ses cheveux tandis que Jésus prononce sur elle une sentence fortifiante d'absolution. Tous les démons ont reconnu en lésus l'ennemi du péché, car ils tremblaient à son approche, reconnaissant, pour l'avoir éprouvé, qu’il les chasserait du corps des hommes.
To:tefois, Notre-Seigneur n'a guéri les corps qu'afin d'arriver plus sûrement à guérir les âmes. Quandil porte remède aux maladies du corps, il se propose toujours de gagner la confiance des spectateurs, et de les forcer à le reconnaître pour le médecin des âmes. C'est ainsi qu'il dit au paralytique: ‘Vos péchés sont pardonnés (2). Les scribes, d’un commun accord, s'élèvent contre notre Sauveur, parce qu'il s’est arrogé le pouvoir de pardonner les péchés. [1 répond en substance: “Si vous n’ajoutez pas foi à mes paroles, ajoutez foi à mes œuvres’’ et aussitôt il délivre cet homme de sa maladie. Après avoir rendu à la santé cet homme qui languissait depuis trente-huit ans, il lui fit tout bas cette aimable leçon : ‘Ne péchez plus, de peur qu'il ne vous advienne quelque chose de pire (3).'’
(2) Matth., 1, 21.
(2) S. Matth., 1x, 2. (3) S. Jean, v, 14.
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Autant la substance spirituelle de notre âme l'emporte en dignité sur la chair qui nous enveloppe, autant notre- Sauveur tient dar.s un plus haut degré d'estime la résurrection de !’âme et sa sortie du tombeau du péché, si on les compare à la résurrection du corps, à sa sortie du tombeau de la mort. Voilà pourquoi saint Augustin fait remarquer très judicieusement que, pour trois résurrections de corps relatées dans l'Evangile, on y trouve des milliers d’âmes rendues à la vie de la grâce par notre Sauveur.
Puisque l’Eglise a été établie par Jésus-Christ pour perpétuer l’œuvre que ce divin Sauveur avait commencée, il en résulte que la réconciliation des pécheurs avec Dieu a dû être l’effice principal de l'Eglise.
Une question importante se présente ici:
Comment l’hemme allait-il obtenir le pardon dans l'Eglise, après l’Ascension de Notre-Seigneur? Jésus- Christ devrait-il apparaître en personne à toute âme pécheresse et dire à chaque pénitent, comme il le fit pour Madeleine: ‘Vos péchés vous sont pardonnés,”” ou avait-il dessein de déléguer ce pouvoir à des ministres établis pour cette fin? Nous savons certainement que notre Sauveur n'a jamais promis de se présenter visiblement à chaque pécheur, et qu’il ne l’a jamais fait. 11 s’est donc proposé d'établir des ministres de réconciliation pour agir en son nom. Telle a toujours été, en effet, la conduite du Dieu Très-Haut et dans la loi nouvelle et dans l’ancienne, de confier à des intermédiaires humains le pouvoir d'exécuter ses desseins de miséricorde.
Quand Jéhovah eut la pensée de délivrer les enfants d'Israël de la captivité d'Egypte, il établit Moïse comme leur libérateur, Quand Dieu voulut les soustraire à la poursuite et À la fureur de Pharaon, à travers les eaux de la mer rouge, intervint-il directement? Non;
mais sur l’ordre de Dieu, Moïse étendit sa main sur les eaux, et à l’instant elles furent divisées.
Quand le peuple mourait de soif dans le désert, Dieu vint-il visiblement à son secours? Non; mais Moïse frappa le rocher d'où les eaux s’échappèrent à l’instant. Quand Paul allait à Damas, respirant la vengeance contre les chrétiens, notre Sauveur lui rendit-il personnellement la vue? Achevant sa conversion, le baptisat-il? Non; il envoya Paul à Ananias, son serviteur, pour que celui-ci lui ouvrît les yeux et le baptisât.
Le même apôtre nous décrit magnifiquement, dans une épître aux Corinthiens, le dessein de la divine Providence dans la réconciliation des pécheurs: ‘Dieu, dit-il, nous a réconciliés avec lui par Jésus-Christ, et il nous a donné ’? ministère de la réconciliation... ; nous sommes les a :assadeurs de Jésus-Christ, comme si Dieu exhortait par nous (1). Ce qui revient à dire, Dieu envoie Jésus-Christ pour réconcilier les pécheurs; Jésus-Christ, À son tour, nous envoie, et nous sommes ses ambassadeurs réconciliant les pécheurs en son nom.
Quand je songe à ce pouvoir redoutable qui est en nous, je félicite les membres de l’Eglise pour le bienfait qui leur est conféré. Je tremble pour moi-même et pour les ministres mes confrères, car notre responsabilité est terrible, tandis que nous n’avons rien dont nous puissions nous glorifier. Jésus-Christ est le trésor ; nous ne sommes que des bêtes de somme qui le portons : ‘‘Ce trésor est renfermé dans des vases de terre.” Jésus-Christ est le pasteur ; nous ne sommes que le chalumeau dont il se sert pour appeler son troupeau. Les paroles que nous prononçons au confessionnal ne sont que le faible écho de la voix de l’Esprit de Dieu, qui purifia les apôtres dans le cénacle de Jérusalem.
L’Evangile nous fournit-il des preuves pour démontrer que notre Sauveur a conféré aux apôtres et à leurs
(1) 11 Corint., #, 18, 20.
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successeurs, le pouvoir de pardonner les péchés ? Nous avons des témoignages positifs, et les paroles de notre Sauveur conférant ce pouvoir sont exprimées dans le langage le plus clair, dans un langage qui n’admet pas d'interprétation erronée. Dans l'Evangile de saint Matthieu, notre Sauveur s'adresse en ces termes à Pierre : “Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre le sera également dans les cieux (L):7
Dans une autre circonstance, il se sert du même langage énergique envers tous les apôtres : ‘Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera aussi délié dans le ciel (2). L'âme est enchaînée par le péché. Je vous donne le pouvoir, dit Notre-Seigneur, de rompre Îles liens de fer qui enchaînent l’âme pénitente, et de la rendre à la liberté des enfants de Dieu.
Dans l'Evangile de saint Jean, nous avons une confirmation bien plus frappante encore du pouvoir d'absoudre accordé par notre Sauveur à ses apôtres. Jésus, après sa résurrection, tient ce langage à ses disciples: ‘La paix soit avec vous. Comme mon Père m'a envoyé, je vous envoie... Recevez le Saint-Esprit: les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (3).
Cette paix que je vous donne vous la communiquerez aux âmes repentantes, comme un gage de leur réconciliation avec Dieu. Le pouvoir d’absoudre que mon Père m'a donné, je vous le confère. Recevez le Saint- Esprit, afin que vous puissiez le transmettre aux âmes possédées par l'esprit du mal.” Quand leurs péchés se-
(1) S. Matth., xvi, 18, 19.
(2) S. Matth., xvut, 18.
(3) S. Jean, xx, 21, 23.
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raient aussi rouges que l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que la laine. Quand ils seraient aussi nombreux que les sables du rivage de la mer, ils seront effacés, pourvu qu’ils viennent avec un cœur contrit. La sentence de miséricorde que vous aurez fait entendre sur la terre, je la ratifierai dans le ciel.”" De ces paroles de saint Jean, je tire trois conclusions importantes :
Il résulte, premièrement, que le pouvoir de pardonner n'était pas limité aux apôtres, mais qu’il s’étendait à leurs successeurs dans le ministère, dans tous les temps et dans tous les lieux. Le pardon du péché devait durer aussi longtemps que le péché dans le monde: et comme le péché, hélas! sera toujours dans le monde, il y aura toujours aussi dans l'Eglise un remède pour le péché. Le remède existera parallèlement avec la maladie. Le pouvoir que Notre-Seigneur a donné aux apôtres de prêcher, de baptiser, de confirmer, d’ordonner, etc., etc..., a été transmis par eux à leurs successeurs, Pourquoi n’en serait-il pas de même pour le pouvoir de pardonner les péchés, puisque avant tout l’homme a besoin d’être réconcilié avec Dieu par le pardon de ses offenses ?
Il en résulte, secondement, que le pardon des péchés devait ordinairement être obtenu par le seul ministère des apôtres et de leurs successeurs, comme aussi c'était par eux que le peuple devait recevoir la parole de Dieu et la grâce du baptême. Le pouvoir de pardonner était une grande prérogative conférée aux apôtres. Mais quelle espèce de prérogative v verrions-nous, si le peuple pouvait obtenir le pardon de ses péchés en se*confessant secrètement à Dieu dans sa chambre? I] serait bien petit le nombre de ceux qui auraient eu recours aux apôtres, s'ils avaient pu obtenir le pardon à des conditions plus faciles. Dieu dit aux ministres qu'il s’est choisis : ‘‘Je vous donne les clefs de mon royaume, afin Gue vous puissiez distribuer Îes trésors de misé.
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ricorde aux pécheurs repentants.”” Mais de quelle utilité aurait-il été de donner aux apôtres les trésors de Dieu, pour payer la rançon des pécheurs, si tout pécheur avait pu l'obtenir sans avoir recours aux apôtres ? Si je vous donnais, cher lecteur. la clef de ma maison vous autorisant à admettre qui vous voudriez, à prendre part aux bonnes choses qu’elle peut contenir, vous concluriez que je vous aurais fait une bien petite faveur, si vous découvriez que tout le monde possède une clef privée et peut entrer quand il lui plaît, sans vous consulter.
J'ai dit que le pardon des péchés devait ordinairement être obtenu par le ministère des apôtres et de leurs successeurs, car il peut souvent arriver qu’on soit dans l’impossibilité de recourir au ministre de Dieu. Le Seigneur miséricordieux ne demandera, dans cette circonstance, qu’une vraie douleur du péché jointe au désir de recourir, aussitôt que faire se pourra, au tribunal de la Pénitence ; car les lois de Dieu n’obligent que ceux qui sont capables de les exécuter.
Il résulte, en troisième lieu, que le pouvoir de pardonner les péchés dans le ministre de Dieu renferme, pour le pécheur, l'obligation de les confesser.
Le prêtre n’a pas le pouvoir de donner l’absolution à tout le monde indistinctement. Il doit exercer ce pouvoir avec mesure et discrétion. Il est tenu de rejeter l'impénitent et d’absoudre le vrai pénitent. Mais comment jugera-t-il des dispositions du pécheur, sans connaître ses péchés? Comment le prêtre les connaîtra-t-il à moins qu'on ne les lui confesse? Nous ne sommes donc pas surpris de lire au livre des Actes: ‘qu’un grand nombre de ceux qui croyaient, venaient confesser et déclarer leurs péchés (1)”’ aux apôtres. Pourquoi auraient-ils accusé leurs péchés s’ils n’y avaient pas été obligés? Voilà pourquoi nous comprenons ces paroles de saint Jean : ‘‘Si nous confessons nos péchés, Dieu est
(1) Actes, xix, 18.
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juste et fidèle pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toutes nos iniquités (1).’?
La force de ces textes nous paraîtra bien plus concluante encore quand on nous dira que tous les Pères de l'Eglise, du premier au dernier, insistent sur la nécessité de la confession sacramentelle comme étant d’institution divine. Nous entendons souvent dire, par ceux qui sont peu initiés à la doctrine et à l’histoire de L’Eglise, que l'accusation sacramentelle des péchés n’a été introduite dans l'Eglise que douze cents ans après la venue de notre Sauveur, Pour appuyer leurs assertions mensongères, ils nous donnent des passages tirés de saint Basile, de saint Ambroise, de saint Augustin, de saint Jérôme et de saint Chrysostome. Ces citations sont complètement étrangères au sujet; en lisant le contexte on trouve qu’elles tendent à prouver au lieu d’infirmer la doctrine catholique sur la confession. D'après un de ces extraits, il nous est facile de nous faire une idée des sentiments de tous les Pères sur la confession, ab uno disce omnes.
Saint Basile écrit: ‘Dans la confession des péchés, il faut suivre la même règle que l’on emploie pour guérir les infirmités corporelles; car de même qu’on ne montre pas indifféremment celles-ci à tout le monde, mais à ceux-là seulement qui savent comment on peut les gutrir, de même aussi la confession des péchés doit être faite à ceux qui ont le pouvoir d'appliquer le remède (2). Un peu plus bas, il nous dit à tous: ‘“‘Nécessairement nous devons confesser nos péchés à tous ceux à qui a été confiée la dispensation des mystères de Dieu. C’est ainsi, voyons-nous, qu'ont agi tous ceux qui ont fait pénitence, surtout les saints. Nous lisons en effet aux livres des Actes qu'ils se confessaient aux apôtres
(1) S. Jean, 1, 0.
(2) In Reg. Brev. quæst., cCxxIx, t. 11, p. 492.
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qui les avaient baptisés (1). Nous tirons naturellement deux conclusions de ces différents passages de saint Basile: 1° la nécessité de la confession ; 2° l'obligation de déclarer nos péchés aux prêtres qui, dans la loi ancienne, avaient ‘‘reçu la dispensation des mystères de Dieu.”
L'évêque de Milan écrit: ‘‘Le poison c'est le péché ; le remède, l'accusation de son crime; le poison c'est l'iniquité, la confession c'est le remède contre la rechute. Et de la sorte c'est vraiment un remède contre le poison si vous déclarez vos iniquités, dans le désir d’être justifiés. Mais êtes-vous arrêtés par une mauvaise honte ? Cette honte vous servira bien peu au jugement de Dieu (2).”’
Le passage suivant montre clairement que la grande Lumière de Milan parle aux prêtres de la confession : “Il en est, continue saint Ambroise, qui demandent pour pénitence qu’on les admette sur-le-champ à la communion. Ils désirent moins être délivrés que d'enchaîner le prêtre; car ils ne déchargeront pas leur conscience, mais ils souilleront celle du ministre qui a reçu l’ordre de ne pas donner les choses saintes aux chiens, ce qui revient à dire de ne pas admettre facilement les âmes coupables à la sainte communion (3).”
Paulinus, secrétaire de saint Ambroise, dans sa vie du grand évêque, rapporte qu’il avait coutume de pleurer sur les pénitents dont il entendait la confession.
Saint Augustin écrit: ‘‘Notre Dieu miséricordieux nous ordonne de nous confesser dans ce monde, afin que nous ne soyons pas confondus en l’autre (4).” Et encore : ‘‘Que personne ne se dise, je fais pénitence devant Dieu en particulier. Est-ce donc en vain que Jésus-
(1) Ibid., cCLxxxVIN, p. 516.
(2) Voyes la Foi des Catholiques, vol. 111, p. 74 et suivantes. (3) Apud Wiseman, Doctrine de l'Eglise.
(4) Hom., xx.
Christ a dit : ‘Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel?” Est-ce donc en vain que les clefs ont été données à l'Eglise? Rendrons-nous vain l'Evangile ? vaines les paroles de Jésus-Christ (1)?
Dans ce passage, comme le grand docteur réfute à propos les sophismes de ceux qui, de nos jours, affirment qu'il suffit de se confesser à Dieu!
Saint Chrysostome, dans sa trentième homélie, dit : “Nous touchons enfin au terme de la sainte quarantaine ; nous devons donc maintenant entrer résolument dans la carrière du jeûne... et faire une entière et très exacte confession de nos péchés... afin qu’en arrivant avec ces bonnes œuvres au jour de Pâques, nous puissions goûter le don du Seigneur... Car comme notre ennemi sait qu'après avoir confessé nos péchés, et montré nos blessures au médecin, nous sommes assurés d’une guérison pleine et efficace, il s'oppose d’une manière spéciale à notre changement de vie.”?
Et dans un autre endroit: ‘‘Ne vous confessez pas seulement à moi de vos fornications, ni de ces péchés qui sont connus des hommes, mais apportez aussi vos mauvais discours et toutes autres fautes semblables(2).” Le grand docteur suppose toujours une confession détaillée de nos péchés faite, non seulement à Dieu, mais à ses ministres, comme tout le contexte le prouve.
Le même Père, dans un éloquent traité sur le pouvoir des ministres sacrés, emploie les paroles suivantes: ‘‘Aux prêtres est donné un pouvoir que Dieu n’accordait pas aux anges et aux archanges; d'autant plus que ce que le prêtre fait ici-bas, Dieu le ratifie dans le ciel, et que le Maître confirme la sentence de son serviteur, Car il dit: les péchés que vous aurez retenus le seront réellement .”’
Je vous le demande, quel pouvoir peut être plus excel-
(1) Sermon cccxcr1.
(2) Tome vu, Comm. in Matth.