CHAPITRE II UNITÉ DE L'ÉGLISE
L'unité dont il est question signifie que les membres de la véritable Eglise doivent professer les mêmes croyances, admettre la même révélation et reconnaître l'autorité des mêmes pasteurs. L'hérésie et le schisme Sont opposés à l’unité chrétienne, Par l'hérésie on rejette un ou plusieurs articles de la foi chrétienne ; par le schisme on méprise l'autorité de ses chefs spirituels. Que notre Sauveur exige l'unité de foi et de gouvernement entre ses membres, cela ressort de nombreux passages de la sainte Ecriture, Dans cette admirable prière, qui précéda immédiatement sa passion, il dit: ‘‘Je prie encore pour ceux qui par leur parole croiront en moi, afin que tous ensemble ils ne soient qu'un ; comme vous, mon Père, êtes en moi, et moi en vous, de même qu'ils ne Soient qu’un en nous; pour que le monde croie que vous m'avez envoyé (1).” Ici, Jésus demandait que ses disciples fussent unis dans une même foi commune, comme Lui et son Père sont unis dans une même essence; mais nous n'en saurions douter, la prière de Jésus est toujours entendue,
Saint Paul range dans la même classe que le meurtre et l’idolâtrie le schisme et l'hérésie, et il déclare que les fauteurs de sectes ne posséderont jamais le royaume de
(1) S. Jean, xvu, 29, 21
et
Dieu (1). Dans son épître aux Ephésiens, il insiste sur l'unité de la foi dans le magnifique langage qui suit: “’Travaillez avec soin à conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix, Vous avez un seul corps et un même esprit, comme vous avez été appelés à une même espérance, 11 n'y a qu'un seul maître, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu père de tous, qui est au-dessus de tous, sur tous et en nous tous (2). De même que tous, dit-il, vous adorez un seul Dieu et non plusieurs; que vous reconnaissez le même médiateur divin de la Rédemption et non plusieurs ; que vous êtes Sanctifiés par le même Esprit divin et non par plusieurs esprits; de même que vous attendez le même ciel, ainsi vous devez tous professer la même foi.
L'unité de gouvernement n'est pas moins essentielle à l'Eglise de Jésus-Christ que l'unité de doctrine. Notre divin Sauveur ne parle jamais de ses églises, mais seulement de son église, Il ne dit pas: ‘‘Je bâtirai mes églises sur cette pierre,” mais: ‘‘Je bâtirai mon église sur cette pierre (3). De ces paroles nous devons conclure qu'il n’a jamais eu l'intention d'établir ou d'autoriser différentes sectes lutiant entre elles, mais qu'il a voulu élever un seul corps homogène dont les membres de. vraient se rattacher à une tête visible: car de même que l'Eglise est un corps visible, de même aussi elle doit avoir une tête visible.
L'Eglise est appelée un royaume: “T1 régnera à jamais sur la maison de Jacob, et son règne n'aura pas de fin.”’ Or dans tout royaume bien réglé i] n’y a qu’un roi, qu'une forme de Souvernement, qu'un corps de loi
(1) Galates, v, 20, 21.
(2) Ephésiens, ur, 3, 6.
(3) S. Matth., xvi, 18.
uniforme que tous sont tenus d'observer. De même dans le royaume spirituel de Jésus-Christ il ne peut y avoir qu'un seul chef auquel tous doivent une obéissance spirituelle ; qu'une seule forme de gouvernement ecclésiastique; qu'un corps uniforme de lois que tous les chrétien; sont tenus d'observer, car ‘‘tout royaume divisé contre lui-même sera détruit LS à de
Notre Sauveur appelle son Eglise une bergerie: ‘‘[] n'y aura qu’un seul troupeau et qu’un seul pasteur(2).’ Où trouverons-nous une plus belle comparaison représentant mieux l'unité que celle qui nous est figurée par la bergerie ? Toutes les brebis du troupeau sont réunies ; si elles sont un moment séparées, elles sont impatientes de se retrouver ensemble : elles suivent les mêmes routes ; elles paissent dans les mêmes pâturages ; elles obéissent à un même pasteur et fuient à la voix des étrangers. Aiosi notre Maître désire que toutes les biebis de son troupeau participent aux mêmes sacrements et au méme pain de vie, qu'elles suivent les mêmes règles de foi, comme guide sûr pour arriver au ciel, Il veut qu'elles écoutent la voix d'un Pasteur Suprême et qu'elles aient grand soin de fuir les faux docteurs,
Son Eglise est comparée au corps de l'homme: dans un Corps il v a plusieurs membres, tous inséparablement unis à la tête, La tête commande ; le pied à l’ins tant Se meut, la main se lève et les bras s'ouvrent. Notre Maître a ordonné que son Eglise composée de plusieurs membres fût unie à une tête visible et Suprème à laquelle Chacun des membres doit obéir.
L'Eglise est comparée à un plant de vigne dont toutes les branches, quoique s'étendant au loin et tout au-
(1) S. Matth., xx, 25:
(2) 9 Jeans «x, 16:
tour, sont nécessaircment unies à la souche mère et se nourrissent de sa sève, De même notre Sauveur aura tous les plants de sa vigne unis à la souche principale, et c'est d'elle qu'ils tireront leur subtance.
L'Eglise enfin dans les saintes Ecritures est désignée sous le beau titre de fiancée et d'épouse du Christ, et la loi chrétienne n’admet qu'une seule femme légitime(1).
De fait le sens commun tout seul, indépendamment de la révélation, suffit Pour nous convaincre que Dieu ne Saurait être l’auteur de différents Svstèmes de religions. Dieu est essentiellement un. I1 est .a vérité même, Comment le Dieu de la vérité peut-il affirmer, par exemple, à une communauté chrétienne qu'il y a trois personnes en Dieu et à une autre qu'il n’y en a qu’une seule! Comment peut-il dire à celui-ci que Jésus-Christ est Dieu et à celui-là qu’il est seulement homme ? Comment peutil me dire que les tourments des méchants sont éternels et à un autre qu’ils ne le sont pas ? L’une ou l’autre de ces assertions contradictoires doit être fausse, ‘Dieu n'est pas le Dieu de la dissension mais de la paix (2)."'
De tout cela, il ressort d’une manière évidente que Jésus-Christ voulait dans son Eglise une doctrine commune dont tous les chrétiens doivent faire l’objet de leur foi, et une forme unique de gouvernement à laquelle tous sont tenus de s'attacher loyalement.
Malgré tout le respect dû à mes frères dissidents, la vérité me force à dire que cette unité de doctrine et de ROuvernement ne se trouve pas dans les “ectes protestantes unies ou séparées. Que les différentes classes protestantes diffèrent entre elles non seulement dans des détails peu importants, mais Jusque dans les parties
{1} Apoc., xxt, 9.
(2) Corint., xiv. 33
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essentielles de la foi, c'est évident pour tout homme qui connaît la doctrine des divers Credo. La multiplicité des sectes dans cette contrée, leurs mutuelles attaques sont le scandale de la chrétienté et le plus grand obstacle à la conversion des païens, Non seulement une secte difière de l’autre, mais encore chaque caste particulière se divise en deux ou plusieurs branches indépendantes et en lutte les unes avec les autres.
Dans les Etats de la Caroline du Nord, nous avons plusieurs classes d'anabaptistes, ayant chacune son appellation propre. Il y a pareillement l'Eglise méthodiste du Nord et du Sud; la vieille et la nouvelle école presbytérienne, Et même dans la communion épiscopale, qui est, après l'Eglise catholique, le corps le plus conservateur, on distingue les ritualistes ou la haute et la petite église. Bien plus,si nous interrogeons séparément chacun des individus composant les fractions de ces classes, nous en verrons souvent qui donneront des assertions contradictoires sur divers points de doctrine.
Les protestants diffèrent entre eux non seulement par la doctrine, mais encore par la forme du gouvernement et par la discipline ecclésiastique. L'Eglise d'Angleterre reconnaît le prince régnant comme son chef spirituel, quelques sectes admettent les diacres, les prêtres et les évêques comme partie essentielle de la hiérarchie : tandis que la grande majorité rejette d’un seul coup ces divers ordres,
Où trouverons-nous donc cette unité nécessaire de foi et de gouvernement ? Je réponds avec assurance: nulle part, excepté dans l'Eglise catholique,
Les catholiques s'élèvent au nombre de deux cent trente-six millions. Ils ont tous: ‘un même chef, une même foi, un même baptême, un même Credo.”’ Ils re-
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