‹ La foi de nos pères, ou, Exposition complète de la doctrine chrétienne [microforme]Chapitre 71 sur 83 · TE DESERT ESS ESS TS · texte numérisé non relu

TE DESERT ESS ESS TS

lent que celui-là? Le Père a donné toute autorité à son Fils, et je vois que cette même autorité est communiquée par Dieu le Fils à ceux qui sont honorés du sacerdoce. “Au prêtre juif seul a été donné de purifier la lèpre du corps, ou plutôt de déclarer qu’elle est guérie. Mais à nos prêtres a été accordé non plus seulement le pouvoir de distinguer entre la lèpre et la lèpre du corps, mais de purifier absolument les souillures de l’âme(1).” Et encore: ‘Si un pécheur, comme cela lui convient mettait à profit la lumière ou le témoignage de sa conscience, s’il se hâtait de confesser ses crimes, et de découvrir ses plaies au médecin qui veut les guérir et non lui faire des reproches, s’il allait chercher auprès de lui le remède, s’il lui parlait seul à seul, à l’insu de tout autre, et s’il avait soin d’épancher devant lui toute son âme, il amenderait facilement ses fautes; car la confession des péchés c’est l’absolution des crimes (2).” Saint Jérôme écrit: ‘‘Si le serpent, le démon, blesse secrètement un homme, et l’infecte par là du poison du péché, que cet homme garde le silence, qu'il ne fasse pas pénitence, qu’il ne veuille pas faire connaître sa blessure à celui qui est tout à la fois son frère et son maître ; celui-ci qui par la parole pourrait le guérir, est alors réduit à l’impuissance d'agir. Car si cet homme qui souffre rougit d'ouvrir son mal au médecin, il n’a pas de guérison à attendre; la médecine n’a pas de remède pour les maux qu’elle ne connaît pas (3).” Il dit ailleurs : ‘Parmi nous, l’évêque "1 le prêtre lie ou délie, non ceux qui sont simplement innocents ou coupables ; mais il doit préalablement entendre, comme son devoir l'exige, les différentes qualités du péché, il comprend alors ce qui doit être lié et ce qui doit être délié.”” La doctrin: de l'Eglise concernant le pouvoir des prè-

(1) Liber III de Sacerdotio.

(2) Ibid., Hom. xx.

(3) Comm. in Eccl.

tres et l'obligation de la confession, pouvait-elle être rendue dans un langage plus expressif ?

Voilà pourtant les Pères qu'on nous oppose comme les adversaires de la confession sacramentelle! Méprisant dédaigneusement la voix unanime de l'antiquité, les novateurs ont la hardiesse d'affirmer que la confession privée ou sacramentelle a été introduite seulement après le douzième siècle. Mais ils n’ont nul souci de nous indiquer par quel pape, par quel évêque, par quel Père de l'Eglise, par quel concile et dans quelle contrée, une innovation aussi monstrueuse a pénétré dans la république chrétienne, Une institution, qui, s’il faut les en croire, a été grosse de malheurs pour le peuple chrétien, doit cependant avoir son origine indiquée avec la plus g'ande exactitude, Mais il est parfois prudent de ne pas préciser les dates,

Je vais montrer, j’en ai la confiance, à la satisfaction du lecteur: 1° que la confession sacramentelle n’a pas été introduite; 2° qu'elle n'aurait pu être introduite dans l’Eglise depuis les apôtres, et par suite, qu’elle est d’origine apostolique,

Que la confession n'ait pas été inventée depuis les apôtres, cela ressort clairement de l’impossibilité où l'on est de fixer la date de son premier établissement. Retournons en arrière; remontons pas à pas du dixneuvième siècle jusqu’au premier. Elle n’a pas été établie de nos jours, tout le monde l’admet.

La confession n’a pas surgi tout à coup au seizième siècle, puisque le concile général de Trente, célébré à cette époque, en parle comme d’une institution vénérable déjà ancienne.

Luther lui-même dit : ‘La confession auriculaire, telle qu’elle est maintenant en usage, est utile, bien plus elle est nécessaire ;”” et il ajoute: ‘‘Je ne l’aurais pas abolie, parce qu’elle est un remède pour les consciences affigées.”’ Henri VIII à son tour, avant de fonder une nou-

velle secte, a écrit un livre pour la défense des sacrements, parmi lesquels se trouve la pénitence et par conséquent la confession.

Elle n'a pas été introduite au treizième siècle; car, en 1215, le quatrième concile de Latran porta un décret obligeant les fidèles à confesser leurs péchés au moins une fois l’an. Ce décret suppose donc que la confession était déjà un dogme établi en précepte.

Quelques protestants tombent dans une erreur assez commune, en donnant au décret du concile de Latran l'interprétation suivante: ‘La confession sacramentelle n’a jamais été requise dans l'Eglise avant le treizième siècle.” Le concile, au contraire, se contente de fixer une limite au delà de laquelle les fidèles ne peuvent pas différer leur confession.

Ces écrivains semblent incapables de distinguer entre une loi qui nous impose un devoir et un décret déterminant simplement l’époque où nous devons le remplir. Ils pourraient au même titre supposer que le percepteur des impôts crée la loi même des contributions, quand il fait un billet pour exiger que l'impôt soit payé à telle époque déterminée.

Remontons au neuvième siècle, nous verrons que la confession n'a pas pu également prendre naissance à cette époque. C’est alors qu'éclata le schisme grec par la révolte de Photius. L'Eglise schismatique grecque est depuis lors restée séparée de l'Eglise catholique sans avoir de relations spirituelles avec elle. Et aujourd’hui l'Eglise grecque est aussi fortement que nous attachée à la confession privée ou auriculaire.

Pour les mêmes motifs, on ne saurait faire remonter l'origine de la confession au cinquième ou au quatrième siècle. Les Ariens se sont révoltés contre l'Eglise au quatrième siècle; les Nestoriens et les Eutvchéens, au cinquième, Les deux dernières sectes existent encore très nombreuses en Perse, en Abyssinie, le long des

côtes de Malabar ; elles retiennent cependant la confession comme une de leurs pratiques les plus sacrées et les plus chères.

Enfin aucune autorité humaine n'aurait jamais pu parvenir à établir la confession du premier au quatrième siècle; les enseignemen:s de Notre-Seigneur et de ses apôtres avaient fait une trop vive impression pour être si facilement effacés. Les ennemis les plus acharnés de l'Eglise avouent qu'aucune tache, qu'aucune souillure, qu'aucune ride n'avait encore déformé son visage dans cet âge d'or de :n existence.

Ces remarques suffisent pour nous convaincre que la confession sacramentelle n'a pas été établie depuis le temps des apôtres. Je vais maintenant essayer de vous prouver, pour votre satisfaction, qu’elle n'a pu être introduite dans l'Eglise depuis l’âge apostolique, la chose étant absolument impossible.

Il est deux manières dont nous pouvons supposer que l’erreur se glissera dans l'Eglise: ou subitement, ou par des progrès lents et successifs. Or il est absolument impossible que la confession ait été introduite par l’une ou l’autre de ces deux manières.

Ne serait-ce pas le comble de l’assurde de supposer que la confession a fait une irruption soudaine dans le monde chrétien? L'expérience nous montre, en effet, avec quelle lenteur, avec quelles difficultés les hommes sæ dépouillent de leurs impressions religieuses vraies ou fausses. S'il en est ainsi pour les particuliers, à combien plus forte raison ne doit-il pas paraître ridicule qu’une nation adopte, en un seul jour, un article de foi qu'elle n’avait pas reçu auparavant ? Ainsi donc nous ne pouvons pas imaginer, sans faire violence au bon sens, que toute la population vraiment saine de l'Eglise se soit couchée un soir ignorant le sacrement de Pénitence, et qu’elle se soit éveillée le lendemain croyant fermement la confession auriculaire comme dogme et comme

PR en en a 8 +

né 47; art pa à met an

sis

Page 1