CHAPITRE IV
Les petites choses et les ehoeee petites.
11 ne suflit pas d'avoir étudié le Pharisaïsme dans les malédictions que Notre-Seigneur Jésus- Christ a prononcées sur lui, dans les caractères que signalent en lui les maîtres de la vie spirituelle, dans les principaux éléments qui constituent son essence, enfin dans les blessures mortelles qu il fait aux âmes. 11 faut encore, par de sages réflexions, établir des règles pour diriger notre piété entre les deux abîmes qui bordent sa route, et, en évitant le Pharisaïsme, ne pas tomber dans l'excès contraire.
D'abord, une expression extérieure est nécessaire à nos sentiments religieux, parce que, comme hommes, nous n'avons pas seulement une âme, mais un corps qui sert d'extérieur et d'expression à notre âme. « Nier l'utilité des rites et des pratiques en matière de religion et de morale, c'est, disait Portails, faire preuve de déraison et d'ineptie; car, c'est nier l'empire
des notions sensibles sur des êtres qui ne sont pas de purs esprits ; c'est encore nier la force de l'habitude... La vraie philosophie respecte les formes, autant que l'orgueil philosophique les dédaigne. Ne voir que les formes, c'est une superstition ; les mépriser, c'est ignorance et sottise*. M Si les Pharisiens vivent terre à terre dans un matérialisme grossier , les contempteurs du culte extérieur ne sont-ils pas perpétuellement errants à travers les nuages d^une religiosité insaisissable ?
Mais, dans la piété comme dans la constitution de l'homme, l'extérieur, loin de nuire à l'intérieur, doit l'exprimer fidèlement et Itiî obéir avec une soumission exacte. Donc, il faut l'extérieur, mais avant tout et par-dessus tout, l'intérieur; de.telle sorte que, si l'extérieur, au lieu d'être un moyen, devient un obstacle et détourne de l'intérieur, il faut le briser dans la mesure où il est obstacle. « C'est ainsi, dit Mgr Landriot, qu'il faut tout entendre dans la religion , non-seulement l'Incarnation , mais
* Df l'usa ge et de l'abus.