L*IDÉAL
Ensuite, qu'est-ce que le réel^? Le réel, c'est nous, c'est notre nature avec les exigences, soit individuelles, soit sociales, de la vie actuelle. Par conséquent, ce n'est pas seulement le corps, mais le corps et l'âme ; ce n'est pas seulement l'individu, mais l'individu et la société ; ce n*est pas seulement la société domestique, mais aussi la société civile et la société religieuse. Le réel, c'est donc d'abord chacune de ces choses, prise séparément, avec tous les détails que comporte sa nature particulière ; puis, l'ensemble de ces mêmes choses, avec tous les rapporte qui naissent de leur rapprochement et de leur compénétration mutuelle. <
Donc^ l'union de Tidêal et du réel, c*est Jésus- Christ» Verbe de Dieu, prenant place dans le corps de Thomi^e^ dans son âme, dans la famille» dans la société» dans la religion, et dans les raj)ports mutuels de toutes ces choses : dans le corps de l'homme, pouf en faire ùti autre Parthéno», c'est-àrdire un temple à la fois consacré à la pureté et plein de grâce et de majesté : dans l'âme, pour soufflet' dans l'intelligence lé souffle de la foi» dans le cœur le souffle
ET LE aEEL. il
de l'espérance et de la charité, ce triple souffle qui s'appelle l'Esprit sanctificateur : dans la famille, pour remettre sur le front du père le rayon de la sagesse, sur les lèvres de la mère le sourire de la tendresse, dans les yeux de l'enfant le charme de l'obéissance et de la modestie : dans la société, pour apprendre aux rois ce qu'est l'autorité, aux peuples ce qu'est la liberté : enfin, dans la religion, pour réaliser ce vœu de Jésus-Christ : « Père saint, qu'ils soient un, comme nous sommes un I »
L'union se fait par l'addition des deux termes, et non par la soustraction de l'un d'eux. L'union de l'idéal et du réel, ce n'est donc pas la négation de la nature ni d'aucune des choses que Dieu a mises dans la nature ; mais c'est la grâce pénétrant la nature et tout ce qui est dans la tiature»
L'union se fait par le rapprochement et non paf la fuite» L'Union de l^idéal et du réel» ce n'est donc pas l'homme maudissant la terre et fuyant les conditions spirituelles et matérielles^ individuelles et sodales^ de la vie présente ; mais c'est l'homme faisant descendre le ciel sur la