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CHAPITRE X

La MéilIteiioB, le» SacrcttieMl» et l'Eaprlt

Je prière.

I. — . De même que le silence ne serait souvent que de l'oisiveté, s'il n'était occupé par la lecture ; de même, la lecture ne serait qu'une occupation inutile, si elle n'était fécondée par la réflexion et la méditation.

La réflexion est Vacte d'un esprit qui se replie sur lui-même pour considérer sa pensée. La méditation va plus loin : elle cherche à pénétrer jusqu'au fond de la pensée à F ai de des clartés de la pensée de Dieu. La réflexion n'est donc qu'un acheminement vers la méditation : celle-ci CvSt plus complète et plus profonde; la première se passe souvent de Dieu, la seconde jamais. Lire, c'est rassembler les éléments de son repas; réfléchir, c'est les faire passer en soi par le travail de la manducation ; méditer, c'est les convertir en sa propre substance par une assimila-

lion qui fortifie en alimentant les sources de la

vie. « Nous prenons en garde les opinions et le

sçavoir d'aultruy, disait Montaigne, et puis c'est

tout : il les fault faire nostres. Nous semblons

proprement celuy qui, ayant besoing de feu, en

iroit quérir chez son voysin, et, y en ayant

trouvé un beau et grand, s'aiTesteroit là à se

chauffer, sans plus se souvenir d'en rapporter

chez soy *. » — « Si vous ne réfléchissez pas,

vous n'êtes pas capable d'amitié : car, sans la

réflexion qui rappelle le passé, le sentiment

qu'on éprouve est toujours plus fort que celui

qu'on a éprouvé, et vous serez capable de donner

la préférence à votre ami présent sur votre ami

absent. Si vous ne réfléchissez pas, l'infortune

ne vous causera que du dégoût ; car vous ne

connaîtrez que les dehors de l'infortune. Si vous

ne réfléchissez pas, le devoir n'aura pour vous

que des sacrifices, car les sacrifices du devoir

6ont sensibles à l'œil, et sa nécessité ou ses ré-

tx)mpenses ne sont visibles qu'à la réflexion.

L'honneur est le fruit de la réflexion, car sans la

' Mon'aigne» Essais^ livre u cli. 24.

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