CHAPITRE I
Le Wiart— lama et le» nHM41clloa» Ûe Sé9u:
Nous jouissons davantage des beautés du jour, lorsque auparavant nous avons subi pendant de longues heures les épaisses et froides ténèbres de la nuit. Afai donc de mieux comprendre la piété lumineuse et ardente de l'esprit, sachons d'abord traverser les tristes régions de la piété de la lettre. Décrire le mal et le flétrir, c'est commencer Téloge du bien.
La piété de la lettre se résume tout entière dans le Pharisaïsme,
Le Pharisaïsme, en effet, c'est le corps mis à la place de l'âme, c'est l'extérieur absorbant et dévorant l'intérieur, c'est l'apparence de la
2 LE PUARISÂISME
vertu et de la vie morale, et la réalité du vice ei de la mort spirituelle.
Les Pharisiens se soucient très-peu de leurs pensées et de leurs désirs, parce que les pensées et les désirs sont des choses intérieures qui ne se voient point ; ce qui les préoccupe, c'est le son de leurs paroles et le dehors de leurs actions.
Peu leur importe le culte, c'est-à-dire l'adoration véritable; ce qu'ils cherchent avant tout, ce sont les exercices du culte. Si beaucoup trop de philosophes ont déclaré qu'il n'y avait pas d'autre religion que la stricte morale, beaucoup trop de chrétiens, à leur tour, agissent comme s'il n'y avait pas d'autre morale que la stricte religion. Combien ne se jettent pas dans les cérémonies, comme pour se dispenser des œuvres! Le culte direct qu'ils rendent à Dieu les exempte, à les juger par leur conduite, du culte indirect qu'ils doivent lui rendre dans la personne de leur prochain.
Les Pharisiens feraient cent lieues pour aller à un pèlerinage non encore recommandé par rÉglise, et ils refuseraient de faire cent pas pour se réconcilier avec leurs ennemis, lis seraient