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LE PARDON

gite; donnez-lui ce qu'il y a de plus doux en vous, ce qui vous résume le plus profondément, ce qui est le centre de votre âme, votre cœur ! — Deuxièmement, il doit lui faire du bien. Bene facile ; outre les biens qui sont en vous et qui se résument dans votre dilection, il en est d'autres autour de vous. Donnez -les à cet homme. A mesure que le flot de l'inimitié monte dans son cœur, que le flot de la charité s'élève dans le vôtre. Il faut que l'on voie si l'amour est plus fort que la haine. — Troisièmement, il doit prier pour lui. Orale; au-dessus des biens qui sont en vous et autour de vous, il en est un autre dont vous pouvez disposer. Dieu. Donnezle à cet homme. Pendant qu'il vous immole dans ce que vous avez de plus cher en ce monde, l'honneur, vivifiez-le par Celui qui est le principe même de l'honneur. Dieu. Répondez à sa calomnie par votre prière. Il vous enlève la terre, donnez-lui le ciel.

Lorsque vous apprenez les actes homicides de cet homme, écartez toute pensée de vengeance, ne songez même pas qu'il se frappe lui-même de tous les coups qu'il vous porte, mais mettez-

236 l'esprit de. charité.

vous à genoux dans le secret de votre chambre, et dites devant Dieu : « O mon frère, vous qui me haïssez, vous qui me persécutez, vous qui me calomuîez, je vous aime ! Je vous offre mon cœur, et avec mon cœur tout ce que j'ai, et, audessus de cette affection et de ces bienfaits, je vous offre le plus divin soupir de mon âme tout entière, ma prière. Elle monte vers Dieu coûime un parfum; puisse-t-elle en redescendre sur vous comme une rosée ! » Et Dieu, qui entend dans le secret, vous exaucera; et yous aurez sauvé celui qui voulait vous perdre. Puis, levezvous, allez à vos affaires le visage joyeux, ne disant à personne de Combien de douleurs est faite votre joie. Dieu, qui les connaît, sait que ce

sont des vertus.

« Je n'aurai pas pour eux un seul mdt d^anatliëme; Au fort de la douleur, je veux nief le mal; Je veux juger le monde à travers ceux que j'àime ; Rien n'existe pour moi que le seul idéal. Je bénis, ô mon Dieu, cette foule aveuglée; Que m'importent sa haine et coo exil d'un jour! Je vis dans un désert, mais mon âme est peuplée; Lançons à tout vivant un cantique d'amour *. •

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