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CHAPITRE XVII

li'Rsprit d*obéftiMiiice e« la Liberté.

I. — L'esprit de charité et Tesprit d'humilité impliquent nécessairement l'esprit d'obéissance. Ces trois esprits n'en sont qu'un.

De même que l'esprit de charité n'exclut point Tamour légitime de soi et que l'esprit d'humilité se concilie avec la grandeur d'ftme, ainsi Tesprit d'obéissance s'harmonise parfaitement avec la liberté.

Potir avoir l'intelligence de cette harmonie il faut d'abord Comprendre l'erreur et le désoi*dre que recèlent deux excès contraires i l'exagération de la liberté ou la licence, et le défaut de la liberté ou l'esclavage.

En matière de piété, la licence produit le laxisme ou le relâchement, et l'esclavage engendre Tétroitèsse et le scrupule*

De même que la piété étroite et scrupuleuse n'est atitre que la manie des choses petites et

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l'oubli des choses grandes, ainsi la piété relâchée n'est autre que F oubli des grandes caché sous le mépris des petites.

Le relâchement ne reconnaît les lois qu'en théorie : pratiquement , il invoque la liberté, mais exerce la licence. C'est l'adoration de soi-même à la place de l'adoration de Dieu.

L'étroitesse et le scrupule, ces deux formes de l'esclavage mystique, ne sont pas l'adoration de l'homme, mais la fausse adoration de Dieu. Ce qui les entretient, c'est le formalisme et l'esprit de parti. — Le formalisme, en nous faisant entrer de force dans des moules pour lesquels notre nature n'est point faite, rétrécit notre âme, étouffe notre intelligence, ôte à nos facultés le libre déploiement de leurs forces, pour ne leur laisser qu'un exercice comprimé et malsain ; il met en jeu une activité factice qui nous use au lieu de nous fortifier ; et finalement, à force de tenir notre vue attachée sur le même objet et dans la même direction, il la brise. L'expérience quotidienne le démontre : les moules sacrifient les âmes, non pas à la gloire de Dieu, mais au bénéfice des mouleurs. —

ET LA LIBERTÉ. i]07

L*esprit de parti n'est ni moins oppressif ni moins destructeur. Dans son exclusivisme, il ne discute ni ne tolère, mais renverse tout ce qui lui est opposé. Ce n'est ni la vérité ni la vertu qu'il cherche : car, dit Platon, « la vertu n'a pas de maître ; comme la vérité, elle s'attache à qui l'honore et abandonne qui la néglige. » Ce qu'il veut et ce qu'il cherche, c'est la justification de ses capricieuses violences. Il croit régner sur autrui, il ne règne pas même sur lui; il s'estime indépendant des hommes, et il subit le pire des esclavages, l'esclavage de son aveuglement et de ses passions.

Tel est l'esclavage dans lequel languissent des âmes que Jésus-Christ est venu délivrer. Cet esclavage, si on ne lui fait obstacle, étend son joug humiliant sur la religion tout entière. En effet, au lieu d'une prière qui glorifie Dieu en nous élevant jusqu'à lui, n'y a-t-il pas une prière esclave, « qui devient un oreiller de sécurité et un prétexte d'inaction, qui nous dispense de la lutte et presque de la fidélité, qui confond la résignation avec l'apathie, et remet si bien tout à Dieu que nous nous savons gré de

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nous croiser les bras? n Au lieu d'une humilité qui marche à la perfection par la grandeur d'âme, n'y a-t-il pas une humilité esclave, « qui se résigne à végéter dans les bas-fonds, qui renonce à combattre se sentant indigne de vaincre, «qui donne la main à toutes les langueurs et à toutes les lâchetés? » — « Ce serait une terrible histoire que celle de la piété qui asservit; mais c'est une glorieuse histoire que celle de la piété qui rend libre. » Comme David, sachons donc répondre aux tentateurs : Je ne connais qu'un parti, le parti de tous ceux qui craignent Dieu *.

La piété libre, c'est la piété large ; et la piété large diffère autant de la piété relâchée, que la piété exacte diffère de la piété étroite* « Je crois, dit Mgr Landriot, que la ruse la plus perfide du démon pour égarer les âmes est de leur donner de fausses idées sur les vertus... Il

les conduit ainsi à l'étroitesse d'esprit, au découragement et à une sorte d'impasse spirituelle, où l'âme se replie douloureusement sur elle-même. 11 empêche la vraie croissance et le

* Psaume CXVIÎÎ, v. C3.

Et LA LIBERTÉ. 309

développement intérieur auxqtiels faisait allusion le Prophète, quand il disait: « J*aî couru la voie de vos commandements aussitôt que vous avez eu dilaté mon cœur *. » — « L'âme des Saints, dit saint Cyrille d'Alexandrie, n'a rien de bas ni de déprimé *. » — Du reste, n'est-il pas écrit que « le commandement de Dieu est d'une largeur excessive, latum mandatum tuum nimis ^. »

Le Seigneur n'a-t-il pas dit aux Juifs par la bouche de Jérémie \ a Vous ne m'avez pas écouté pour prêcher la liberté chacun à votre frère et à votre ami. Eh bien! moi, je vous prêche la liberté* (Allez) à Fépée, à la peste et à la famine, et soyez en commotion dans totts les royaumes de la terre *7 »

Et si Dieu parle ainsi aux Juifs^ s'il les châtie si sévèrement, lorsqu*ils refusent à leurs frères une liberté inférieure à la liberté religieuse, que ne dira-t-il pas aux chrétiens par les lèvres

* VI^ Conférence aux Dames dn monde, 2 In Exod.,\\h.\\h

5 Psaume CXVIIf, ▼. 96.

• Jérémie, ch. xxxiv, t. 17;

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bénies de Jésus-Christ ? D'abord, Jésus-C4hrist lui-même n'est-il pas le Libérateur par excellence? Ensuite, n'enseigne-t-il pas que la liberté est fille de la vérité S et par conséquent qujelle est bonne essentiellement comme la vérité ellemême? — « Si le Fils vous délivre, ajoute-t-îl, vous serez vraiment libres *... Les fils sont libres '. »

Mais écoutons saint Paul : « Les choses créées elles-mêmes, dit-il, seront délivrées de la servitude de la corruption, et participeront à la liberté de la gloire des enfants de Dieu *... L'esprit scrute tout, même les profondeurs de Dieu. Car qui des hommes sait ce qui est de l'homme, sinon l'esprit de l'homme qui est en lui ? De même personne ne connaît ce qui est de Dieu, sinon l'esprit de Dieu. Or, nous n'avons point reçu l'esprit de ce monde, mais l'esprit qui est de Dieu, afin que nous sachions les

* Evangile selon saint Jean, ch. vni, v. 32. 2 Ibid,, V. 36.

* Evangile selon saint Mathieu, ch. xvii, v. 25. 4 Epitre aux Romains, ch, viii, v. 21.

dons que Dieu nous â faits ; et nous les annonçons, non avec les discours étudiés de la sagesse humaine, mais avec la doctrine de Tesprit, accommodant les choses spirituelles aux hommes spirituels. L'homme animal ne perçoit pas les choses qui sont de l'esprit de Dieu ; c'est une folie à son égard et il n'y peut rien comprendre, parce que c'est spirituellement qu'on les examine. Mais l'homme spirituel juge toutes choses, et n'est jugé par personne : car qui connaît les pensées de Dieu pour pouvoir l'instruire *?... Dieu est esprit, et là où est l'esprit de Dieu, là est la liberté ^•.. La Jérusalem, qui est 'en haut et qui est notre mère, est libre '... Frères, nous ne sommes point les enfants de l'esclave, mais de celle qui est libre ; et c'est cette liberté que le Christ nous a donnée *. Restez fermes, et ne vous remettez point sous le jong de la servitude ^. . . Car vous êtes appelés à la liberté ®. »

* /" Epiire aux Corinthiens, th. ii, v. 10-16.

* //• Epiire aux Corinthiens, ch. Jii, v. 17.

* Epitre aux Galates, ch, iv, v. 2C.

* Ibid, V. 81.

s Ibid.^ ch. V, V. 1.

8 Ibid., V. 13.

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Saint Jacques, à son tour, appelle la loi de Jésus-Christ « une loi parfaite de liberté *. »

Les Pères et les Docteurs de l'Église ne sont pas moins explicites que les Apôtres,

Saint Augustin, en effet, nous déclare « que sous Tancienne loi^ dans ce temps de crainte et de servitude, le peuple était onéré par de nom* breux sacrements..., mais que, depuis que la Sagesse même de Dieu s'est faite homme et nous a appelés à la liberté, peu de sacrements ont été institués, afin que la société du peuple chrétien fût une 'multitude libre sous un Dieu unique*. » Et ce grand Docteur avait de cette liberté l'idée la plus large. Loin de vouloir s'imposer dans les matières les plus graves, il savait se défier de lui et professait pour tous le respect le plus profond. Dans son explication du mystère de la Trinité, voici ce qu'il nous dit : o Que quiconque lit ces choses, s'avance avec moi, s'il est convaincu ; si au contraire il hésite, qu'il cherche avec moi; s'il s'aperçoit de son erreur,

» Epitre de samt Jacques, ch. i, v. 25; ch. iii v. 12 ' Saint Augustin, De Vera Relig.y c. xvii.

qu'il revienne à moi, et s*il s'aperçoit de la mienne, qu'il me rappelle *. »

Saint Thomas enseigne que dans l'ordre naturel notre volonté est libre, parce qu'elle est proche de Dieu ^ . Quelle ne doit donc pas être notre liberté dans les choses de l'ordre surnaturel ! Car, si par la nature nous sommes à l'image de Dieu, par la grâce nous participons à sa propre essence, divinœ cansortes naturœ '.*

« Je désire, écrit saint François de Sales, que vous ayez une saincte liberté d'esprit touchant les moyens de vous perfectionner. »

« Quoi! s'écrie Bellarmin, le don de la liberté n'est-il pas le plus précieux que Dieu nous ait fait, celui que Grégoire de Nysse appelle le bien le plus utile et le plus excellent qui soit dans l'homme ! »

Déjà saint Bernard n'avait-il pas dit : « La

* De Trinitate^ lib, I, n. 6.

* Saint Thomas, Opusc. LXI, ch. iir.

^ //* Epîfrp dfi saint Pim^^e, cli. i, V. U*

314 L'£SPfiIT d'obeissancf.

liberté est un don tout divin, qui brille dans rame comme un diamant enchâssé dans For... Je suie misérable, mais je suis libre. Je suis libre, parce que je suis homme ; je suis misérable, parce que je suis esclave. Je suis libre, parce que je suis semblable à Dieu ; je suis misérable, parce que je suis contraire à Dieu « ? .)

Et rÉglise ne met-elle pas tous les jours cette prière sur les lèvres de ses prêtres : « Seigneur, daignez nous diriger et nous sanctifier, nous conduire et nous gouverner..., afin que, ici et dans l'éternité, nous méritions par votre secours d'être saufs et libres *? »

D'ailleurs, il suffit d'interroger l'histoire et la raison, pour se convaincre de la nécessité et de la grandeur de la liberté religieuse. Quiconque a étudié l'histoire, a constaté mille fois que l'étroitesse de quelques chrétiens a fait plus de mal au christianisme que les persécutions de ses ennemis. Et quiconque a réfléchi dans la

* LXXXl* Sermon sur le Cantique des cantiques, u 6 et 9. - Prière du Pretiosa^ à Prime.

ET LA UBERTJË. 315

loyauté de sa conscience, n*a-t-il pas compris que, si chaque plante, tout en étant soumise aux lois générales delà végétation, a sa manière spéciale de respirer, chaque âme, bien que gouvernée selon Tordre et les conditions

du monde spirituel , a son mode particulier de vivre et de respirer en Dieu.

Aimons donc la liberté, mais surtout sachons la pratiquer. Pour cela, appre.nons d'abord à la connaître.

II. — Le premier élément constitutif de la liberté, c'est l'élévation de l'âme. Une âme abaissée, en ellet, est une âme esclave.

Cette élévation consiste à sentir, autant par son cœur que par sa raison, la petitesse des accidents qui composent le tissu de la vie terrestre, à dominer les circonstances dans lesquelles on est placé, à se dégager des milieux que l'on traverse, et à s'élever, au-dessus des choses et des hommes, jusqu'à ces régions sereines où n'atteignent pas les passions de la foule, où Ton sent son âme plus vaste que le monde, et où Ton se rit des partis des hommes

316 l'esprit d'obéissance

pour ne plus estimer que le grand parti de Dieu.

De même que le propre du génie est d'être indépendant du milieu dans lequel il se meut, et de se fixer, malgré les oscillations des choses environnantes, dans la vérité absolue, éternelle ; ainsi le propre de la vertu et de la sainteté est de s'établir, au milieu des choses incertaines et mobiles, dans le bien immuable et infini.

On le voit, une telle élévation, en noua détachant du relatif et du contingent, nous unit à Dieu, l'Être absolu. Et c'est cette union permanente de notre âme avec Dieu, cet amour insa tiable du vrai, du beau et du bien, cette recherche infatigable de la justice jusque dans l'injustice, cette poif de l'idéal jusqu'au sein du réel, c'est en un mot cette poursuite constante de l'infini dans le fini, qui forme le second élément de la liberté religieuse. « Aime, et fais ce que tu veux, ama etjac quod vis » , s'écrie saint Augustin.

La liberté qui mène à la sainteté, peut donc se définir l'élévation de la conscience couronnée par l'amour de Dieu.

Dès lors, il est facile de comprendre comment

la liberté se concilie avec Tobéissance, Car, si Ton aime Dieu, comment pourrait-on résister à sa volonté, rejeter sa loi, mépriser l'autorité légitimement transmise et légitimement exercée? Quoi 1 On voudrait être libre, sans vouloir être juste I

Toutefois, il est manifeste qu'il s'agit ici, avant tout, de l'obéissance à l'esprit de la loi. Obéir à la lettre d'une loi en en violentant l'esprit, c'est sortir de la liberté pour tomber dans l'esclavage. Voilà pourquoi saint Paul nous dit que, si nous sommes conduits par l'esprit, nous ne sommes plus sous la loi S c'est-à-dire sous la lettre de la loi, cette loi matérielle qui n a point été posée pour le juste ^ et qui n'est pour le pécheur qu'une occasion de transgressions '. Ici comme ailleurs, c'est l'esprit qui vivifie et la lettre qui tue. Dans les préceptes comme dans les enseignements, les paroles que Jésus-Christ nous a dites sont esprit et vie ; et la doctrine qui

* Épitre aux Galates, ch. v, v. 18.

2 /" Épitre à Timothée, ch. i, v. 9.

* Épitre aux Galates, ch. m, v. 19.

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les matérialise, n'est plus le Christianisme, mais le Pharisaïsme.

C'est ainsi que les Saints ont compris l'obéissance et Tont pratiquée.

« Je veux, écrit saint François de Sales, que vous considériez le cardinal Borronaée, qu'on va canoniser dans peu de jours. C'estoit l'esprit le plus exact, roide et austère qu'il est possible d'imaginer : il ne beuvait que de l'eau, et ne mangeoit que du pain : si exact que depuis qu'il fut archevesque, en vingt quatre ans il n'entra que deux fois en la maison de ses frères estant malades, et deux fois dans son jardin ; et néantjpoins cet esprit si rigoureux mangeant souvent avec les Suisses ses voisins pour les gaigner à mieux faire, il ne faysoit nulle difficulté de faire des carus ou brindes * avec eux à chaque repas, outre ce qu'il avoit beu pour sa soif. Voilà un traict de saincte liberté en l'homme le plus rigoureux de cet aage. Un esprit dissoleu eust faict trop : un esprit contrainct eust pensé pécher mortellement : un esprit de liberté eust fait cela par charité.

* Porter des santés.

fl Spiridion, un ancien evesque, ayant reçu un pèlerin presque mort de faim en tems de caresme, et en un lieu ou il n*y avoit aucune chose que de la chair sallée, il fit cuire ceste chair, et la présenta au pèlerin, le pèlerin n'en voulut pas manger, nonobstant la nécessité. Spiridion n'en avoit nulle nécessité, qui en mangea lui le premier par charité, afin d'oster par son exemple le scrupule du pèlerin. Voilà une charitable liberté d'un sainct homme!

« Le père Ignace de Loyola, qu'on va canoniser, le mercredy sainct mangea de la chair sur la simple ordonnance du médecin, qui le jugeoit expédient pour un petit de mal qu'il avoit. Un esprit de contraincte se^fust faict prier trois jours.

(( Mais je' vous veux présenter un soleil auprès de tout cela, un vray esprit franc et libre de tout engagement, et qui ne tient qu'à la volonté de Dieu. J'ay pensé souvent quelle estoit la plus grande mortification de tous les Saints, de la vie desquels j'ai eu connoissance : et après plusieurs considérations, j'ai trouvé celle-cy : Sainct Jean-Baptiste alla au désert à l'aage de cinq ans, et sçavoit que nostre Sauveur et le

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sien estoit né tout proche de luy, c'est-à-dire, une journée ou deux, ou trois, comme cela. Dieu sçait si ce cœur de sainct Jean touché de Famour de Dieu dès le ventre de sa mère, eust désiré de jouir de sa saincte présence. Il passe neantmoins vingt cinq ans là au désert, sans venir une seule fois pour voir nostre Seigneur. Et sortant s'arreste à catéchiser sans venir à nostre Seigneur, et attend qu'il vienne à luy. Après cela, l'ayant baptisé, il ne le suit pas, mais demeure à faire son office. 0 Dieu ! quelle mortification d'esprit ! estre si près de son Sauveur, et ne le voir point! Et qu'est cela, sinon avoir son esprit desengagé de tout et de Dieu mesme, pour faire la volonté de Dieu et le servir? Laisser Dieu pour Dieu, et n^aymer pas Dieu pour taymer tant mieux et plus purement ! Cet exemple estouffe mon esprit de sa grandeur *. »

Lors donc qu'on a recommandé l'obéissance passive, ce n'a jamais été pour empêcher la recherche de l'esprit dans la loi. L'homme, dans l'étal de passivité relative dont il s'agit, ne cesse

< Saint François de Sales, à M"** de Chantai.

pas d'être homme : il garde, par conséquent, sa faculté de discerner comme celle de vouloir, et surtout l'obligation stricte de se servir de Tune et de l'autre. « J'ai souvent surpris, écrivait un observateur délicat, la trace d'une lutte sourde au sein de l'obéissance la plus passive » *. Une telle passivité n'est qu'un masque hypocrite, parce que, en même temps qu'elle est une soumission extérieure à l'homme, elle est une révolte intérieure contre Dieu. La seule passivité permise est celle qui consiste dans l'absence complète d'opposition à l'action de l'Esprit Saint en nous. Elle a le double avantage de ne pas nous déprimer devant l'homme et de nous incliner devant Dieu : maintenir sa dignité et ses droits en présence de l'homme, c'est se rendre capable de mieux remplir ses devoirs envers Dieu.

III. — A cette question de l'obéissance dans la liberté ou de la liberté dans l'obéissance, se rattachent celles du règlement et de la direction.

* M* de Tocquevillc à Mme Swetchine, lettre du 11 février

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