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l'esprit d obéissance

nière de voir de âon directeur qu une demiestime ; et à la fin , on passe outre avec une conscience nullement convaincue, mais seulement endormie d'un sommeil factice par Topium ou le chloroforme. Pourquoi donc oublier que les amis vraiment sages et vraiment dévoués ne sont pas ceux qui flattent les défauts^ mais ceux qui les combattent^ et que ce qui fait du miel est souvent bien méchant?

Au contraire, lorsque les conseils reçus plaisent à celui qui les reçoit, il aime à en augmenter la valeur $ et pour peu que cette bonne humeur demeure sans interruption, bientôt le directeur devient un homme dont les conseils sont des ordres indiscutés, et indiscutables. On se croirfdt en péril de daronatiouv si l*on avait la simple tentation de douter de ses opinions^ G* est alors que Ton contracte cette habitude de présomptueuse paresse dont parle Bossuet, et qtii mène à la langueur, et par la langueur à la mort* On peut très- bien se ranger à un conseil sans être obligé d'accepter toutes les considérations dont celui qui le donne prétend Tappuyen tt Vous refusez cet habit parce qu'il est trop

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long pour vous, a dît une femme d'esprit ; je le refuse parce qu il est trop court pour moi. Nous avons raison tous deux : car T habit ne nous va ni à Fun ni à l'autre. Nous agissons cependant d'après des considérations entièrement opposées ; et celui de nous qui voudrait dissuader l'autre de prendre l'habit par les mêmes raisons qui Font déterminé, lui dirait certainement des absurdités. »

Qu'il nous soit permis, pour confirmer cette doctrine, d'en appeler à l'expérience et aux principes chrétiens. L'expérience, en effet, nous apprend que là où elle a été oubliée, il en est résulté dans les individus un profond abaissement du caractère, et dans les familles « une désorganisation morale et religieuse , qui se traduit par l'anarchie ou par la dictature, et dont les contre-coups, plus profonds qu'on ne pense, se font sentir à la société tout entière » *. Les principes chrétiens ne sont pas moins évidents : car ils sont tous renfermés dans ces paroles de saint Paul : « Volo autem vos scire

* Le R. P. Hyacinthe, ///* Coîifé^ence de Notice-Dame pendant rAvent de 1868, analyse de la 2* partie.

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quod omnis viri caput Chrisius est; caput autem mulieriSi vir; caput vetv Christiy Deiis. Je veux que vous sachiez que le chef de tout homme est le Christ; le chef de la femme, l'homme; et le chef du Christ, Dieu K » Or, ces paroles de saint Paul, tout en maintenant le sacerdoce hiérarchique, maintiennent également le sacerdoce dont tout chi'étien est investi dans le baptême, et dont le chef de la famille en particulier est investi dans le mariage.

« Oui, dit le P. Hyacinthe, le père doit être le premier directeur, et, en une certaine mesure, le premier confesseur de ses enfants. Il y a plus. Une certaine connaissance et une certaine direction de la conscience de l'épouse elle-même appartient à l'époux. Ainsi le veulent Tordre de la nature et celui de la grâce. L'ordre de la nature par la différence de l'âge et du sexe... L'épouse doit toujours naître du cœur de l'époux, dont elle doit connaître les secrets et partager toutes les émotions et tous les sentiments. Ils ne doivent faire qu'un, non-seulement dans le commerce extérieur de la vie, mais dans l'in-

* /* Épître aux Corinthiens^ cl», xi, v. 3.

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time communauté de tous les biens humains et divins. Ils doivent vibrer à l'unisson devant ces trois grands et incessants objets de ifbtre cœur : le berceau des enfants, Famour des époux, le tombeau des vieillards. Et de même qu ils doivent embrasser les choses de la terre d'un seul regard et d'un même cœur, ils doivent s'élancer vers Dieu d'une même aspiration et d'un essor unique. La loi des sexes perpétue ce que la différence des âges à rendu premièrement nécessaire.

«Et cet ordre établi par la nature est consacré par la grâce. L'institution du mariage chrétien place en effet l'épouse vis-à-vis de l'époux dans la même dépendance que l'Église vis-à-vis de Jésus-Christ, a Gomme l'Eglise est soumise au Christ, dit saint Paul, qu'ainsi les femmes soient soumises à leurs maris en toutes choses. Sicut Ecclesia subjectaest Christo, ita et mu Hères vins suisinomîiibus.n Cette subordination s'étendaux choses de l'âme, puisque d'une part elle est universelle, in omnibus j et que d'autre part elle a son modèle dans l'union même du Christ et de l'Eglise, sicut Ecclesia subjecta est Christo, Et

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cela est si vrai, que, d'après la doctrine générale des théologiens, le mari a le pouvoir d'invalider, ait for de la conscience, les vœux faits par la femme, depuis le mariage, sans son consentement, lorsque ces vœux intéressent, en quelque manière que ce soit, la société conjugale. Des théologiens très-gi^aves et très-autorisés vont même jusqu'à émanciper de cette limitation la puissance maritale, et à lui soumettre tous les vœus de la femme faits sang son consentement depuis le mariage, quel que soit d'ailleurs Tobjet de ces vœa^. Ils n'astreignent l'exercice de ce pouvoir souverain qu'à la condition générale requise pour U validité des dispenses, à savoir qu elles aient un motif Fâ.isonnable ; mais de ce motif le mari seul est jugè« a Sans doute, pour la femme plus encore que pour les enfants, il y a d'importantes réserves à faire, relatives à la juste indépendance de la conscience humaine, et surtout delà conscience chrétienne. Car, s'il est vrai de dire qu'il y a un gouvernement des consciences lAr l'autarité extérieure, il n'en est pas moins vrai qu'il y a un gouvernement des consciences par .elles-

mêmes sous l'œil et sous la main de Dieu, qui seul pénètre au fond de Tâme, selon la belle parole de saint Thomas : Deus solus illabitiir animœ. Mais ces réserves faites, on ne doit pas hésiter à conclure que ce n'est pas seulement au point de vue temporel, mais encore et surtout au point d% vue spirituel, que le père de famille est le chef de sa maison, roi et prêtre tout ensemble. « Je veux que vous sachiez que le chef de tout homme est le Christ ; le chef de la femme, Thomme ; et le chef du Christ, Dieu * ! »

C'est par cette indépendance du bon sens, sanctionnée par l'esprit du christianisme, que nous saurons concilier l'esprit d'obéissance et l'esprit de liberté ; et c'est par cette conciliation que nous atteindrons à cet autre esprit qui les couronne tous et qui est le caractère suprême des véritables disciples de Jésus-Christ, je veux dire la confiance en Dieu et l'esprit de joie.

* Le A. p. H/acii)Ui6, /oc. cit.

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