INTRODUCTION. III
donne la vérité aux systèmes, soit dans les sciences positives, par l'obstination que Ton apporte à ne constater que les faits matériels et à fermer les yeux sur les enseignements spirituels qu'ils expriment, soit aussi dans les arts, où, sous prétexte de réalité, on tombe trop souvent dans un réalisme grossier, aussi étranger à l'èsthétique qu'à la morale, et muet pour le coBur autant que pour l'esprit. Là, ce sont des expressions vides et des phrases mensongères; ici, des faits incomplets et sans irradiation; plus loin, des sons qui ne frappent que les oreilles et des couleurs qui ne brillent qu'aux yeux. Évidemment les âmes ne sont point en équilibre; la lettre tend à étouffer Tesprît, non-seule* metlt dans les arts, mais aussi daîis les sciences; ,
Mais élévdns-nous plus haut. Au-dessus des arts et des sciences se trouvent la morale et la l'eligion.
IV LNTROUL'CTIO.N.
Or là même, sur ces hauteurs que Dieu habite cependant d'une manière plus visible, n'apercevons-nous pas le inal que nous venons de signaler? Sans aucun doute la société porte encore dans son sein Tamour généreux du bien et même la recherche héroïque du parfait* Néanmoins, à côté de ces âmes sensées, nobles, éprises de ridéal, n y en a-t-il pas d'autres, beaucoup trop nombreuses, qui se contentent de réciter les formules de la foi et de la prière, sans se soucier aucunement du sens de leur foi et de leur prière, et qui consacrent la plus grande partie de leur temps et de leurs efforts, non pas à la recherche de la vérité et à l'adoration intérieure de Dieu, mais aux paroles plus ou moins pompeuses, au culte extérieur et sensible, au développement de la lettre, en un mot, à tout ce qui occupe leurs sens et laisse leur esprit distrait? Malheureusement il n'est que trop vrai que le phr-