‹ La foiChapitre 53 sur 88 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

des grammairiens sans pecourir au jugement des hommes éclairés, ceux-là ne sauraient être les disciples de Jésus-Christ, dont il a été prophétisé « qu'il ne jugerait point sur ce qu'auraient vu les yeux et ne condamnerait point sur ce qu'auraient entendu les oreilles*. » Et, en effet, que se passe-t-il en eux? Ils tombent peu à peu dans ce réalisme de l'imagination qui consiste à donner des formes sensibles aux vérités les plus immatérielles, et qui conduit bientôt à ce matérialisme de l'esprit, beaucoup plus dangereux, qui, au lieu de montrer dans le symbole un signe de la foi, n'y laisse apercevoir que des mots vides qui ne sont plus eux-mêmes des symboles. Dans cet abaissement, l'intelligence ne voit plus en eux qu'un sens grossièrement littéral, qu'elle cherche encore à déprimer et à restreindre davantage; il n'y a plus poubelle de sens figuré; les allé-

• Ualc, cil. XI, y. 3.

INTAOeUCTiON.

gories, auxquelles les Pères et les docteurs ont attaché tant d'importance, ne sont plus que de pieuses fantaisies^ dont toute la valeur est de plaire aux esprits subiils ou aux cœurs bercés d'illusions; entrer dans la voie des interprétatiaos all^ori* ques et m^istiques, c'est se jeter dans des ablaies du fond desquels on ne remonte plus; le seul »em véritable des Écritures, des symboles et des articles de foi, c'est celui qui jaillit des mots considérés ver* balemeot et tels qu'ils sonnent. On le voit, c'est Je son et la lettre grammaticale qui oônslituent la règle d; la base même de la foi, comme si les nfiots, signes matériels, grossiers et changeants, n'étaient pas nécéssàiœment trop au-dessous des idées pour être leur expression parfaite et stable, et comme si l'on pouvait, sajtô manquer à k logique du bon sens, scameUre aveugl&meiil les idées aux mots!

Des lors qu'arrjye-t-il? Absorbés par Je

INTIUHMJCTiOV. XI

eoté f^n&ihle qu'ils déoauvreBt ùmê le»

mystères de la foi, ces esprits se mâtéfia^ lisent de plus eu plus; et en se matériali** saut davantage, ils i m priment de plus en plus profondément à leur Soi k marque de leur propre dégcadatiou. C'est ainsi que rétroîtâsse dans le jugement leur devidut une seconde nature^ en supposwt qu'elle ne fût point déjà la première. Vues par de tels organes et dans de telles eoodibioos, les vérités religieuses n'apparaissent plus que dépouillées de toute grandeur ; au lieu d'être des reflets de ia Vérité éternelle et infinie, elles ne sont plus que des x^flets de la petitesse humaine. Ce n'est plus ia foi, e*est la su^rstition.

La su^rstition, cette int^rédulité mal voilée des foux eroyants, est la pire de toutes : ear celle des incroyants n'est que la privation de la vraie fôî, tandis que la superstition en est la corruption. Là, ce n'est que l'aridité d'une terre sur laquelle

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