XII INTRODUCTION
la rosée peut descendre et qui peut un jour devenir féconde; ici, c'est la stérilité d'un sol désolé sur lequel passent en vain et la rosée el la brise, et pour lequel il n'y a plus de printemps»
C'est de ces croyants selon la lettre que Jésus-Christ a dit : « En voyant ils ne voient point, en écoutant ils n'entendent ni ne comprennent. En eux s'accomplit ce que prophétisait Isaïe, disant : Vous écouterez de toute votre ouïe, et ne comprendrez point, vous regarderez de toute votre vue, et vous ne verrez point. Car le cœur de ce peuple s'est appesanti , et leurs oreilles se sont endurcies, et leurs yeux se sont fermés, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur cœur ne comprenne, et que, se convertissant, je les guérisse*, >> Comme on le voit d'après les paroles de Jésus-Christ,
' Évangile selon saint Mathieu, cli. xiii, v. 13 16.
LXTRODUCTIOX. XIII
ce gui met le comble à leur abaissement, c'est qu'ils craignent de guérir, et que pour ce motif ils anathématisent la raison et ne veulent point comprendre le sens de leur foi. « Ils sont devenus comme des bêtes de somme, comme des chevaux et des mulets, sans aucune intelligence*», et entêtés comme eux.
Tels sont les ravages du pharisaïsme dans la foi. Ceux qu'il accomplit dans la vertu d'espérance ne sont ni moins profonds ni moins tristes.
L'espérance, en effet, se matérialise et se rétrécit comme la foi , parce que les choses du cœur sont sujettes aux mêmes égarements que celles de l'esprit. On espère comme on croit. Ceux qui ont des croyances éclairées ne sauraient avoir des espérances aveugles; et pareillement, ceux qui croient selon la lettre ne sauraient espérer selon l'esprit. Les Juifs qui avaient
' psaumes xlviii, v. 13 ; xxxr, v. 0.