ET LA NOBLESSE DU COEUR
sentiment qui non-seulement empêche la volonté de rester terre à terre, mds Télëve dans les régions inaccessibles à l'égoïsme et à la petitesse des hommes ; en un mot, ce je ne sais quoi qui: met des ailes à Tâme, qui allume dans les cœurs le feu sacré de l'idéal, qui nous trans* porte en £ace de ces horizons indescriptibles que l'œil de l'homme grossier n'a point vus, mais où l'homme qui vit selon l'esprit aperçoit les douces lueurs d'une mystérieuse aurore, et, là, dilate son cœur dans le ravUsement et l'abnégation, aspire à tout ce qui est vrai, à tout ce qui est juste, à tout ce qui est beau S aime tout ce qu'il estime, estime tout ce qu'il aime, et ne reste indifférent à rien de ce qui rend meilleur I
La noblesse du cœur est la triple faculté d'admirer ce qui est digne d'admiration, de l'flûmer, et de se dévouer, dans la merare de ses forces » à l'accomplir généreusement.
C'est d'abord la faculté d'admirer ce qui est digne d'admirationi Que de personnes, en face
« Vok* V£piii*e dé saint Paul aux Philippiens, oh. iv, t. 8.
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de spectacles vraiment admirables et d'actions même sublimes, restent froides, muettes, insensibles, ne soupçonnant même pas qu'il y ait là de quoi fixer leur attention et suspendre le cours vulgaire de leurs pensées habituelles ! Plaignezles : elles n'ont point la noblesse du cœur. « L'admiration, a dit Cousin, est à la fois pour celui qui l'éprouve un bonheur et un honneur. C'est un bonheur de sentir profondément ce qui est beau ; c'est un honneur de savoir le reconnaître. L'admiration est le signe d'une raison élevée servie par un noble cœur. Elle est audessus de la petite critique, sceptique et impuissante ; mais elle est l'âme de la grande critique, de la critique féconde : elle est pour ainsi dire la partie divine du goût ^ »
Cependant l'admiration ne suffit pas. Il faut la compléter par l'amour, non par cet amour platonique qui n'est qu'un manque de sincérité ou une preuve de faiblesse, mais par cet amour pratique qui est un véritable don de soi-même.
Telle est la beauté morale, beauté à laquelle
^ Cousin, du Vrai, du Beau et du Bien^ siiièine leçon. .