‹ La foiChapitre 69 sur 88 · ET LA NOBLESSE DU CGEUR · texte numérisé non relu

ET LA NOBLESSE DU CGEUR

sent un soleil plus éclatant, il est manifeste que le beau, qui est le rayonnement du vrai et du bien, sera d'autant plus intense que le vrai et le bien seront eux-mêmes plus parfaits, et réciproquement. En sorte que Ton peut établir ^es trois principes suivants :

Tout ce qui est vrai est bon et beau dans la mesure de sa vérité. Le vrai absolu est absolument bon et absolument beau, comme le vrai relatif est relativement bon et relativement beau.

Tout ce qui est bon est vrai et beau dans la mesure de sa bonté. En Dieu la bonté est infinie, et à leur tour la vérité et la beauté sont également infinies. Dans les choses créées, la bonté n*est que limitée, et pareillement la vérité et la beauté sont limitées.

Tout ce qui est beau est vrai et bon dans la mesure de sa beauté. Ce qui est beau sous un rapport seulement, n'est vrai et bon que sous le même rapport ; ce qui est beau sous tous les rapports est vrai et bon sous tous les rapports.

Voilà pourquoi il y a de la beauté et de la science dans la vertu, comme il y a de la vertu dans a beauté et dans la science.

su L^AMOUR DU BEAU

Rien n'est plus logique que celte corrélation du vrai, du bien et du beau, puisqu'ils ne sont que trois rapports d'une seule et même chose, l'être. Le vrai, c'est l'être comme objet de Tintelligehce ; le bien, c'est l'être comme objet de la volonté ; le beau, c'est l'être comme objet du cœur.

C'est donc une erreur d'affirmer des hostilités entre le vrai, le bien et le beau, entre la science, la morale et l'esthétique. Sans doute, subjectivement, il peut y avoir hostilité dans notre âme entre l'intelligence, la volonté et le cœur, parce que notre âme, tout en étant une dans sa substance, peut être, par suite de sa faiblesse et de son imparfaite liberté, divisée dans ses pensées, ses résolutions et ses sentiments. Mais objectivement, le vrai, le bien et le beau, considérés en eux-mêmes et comme des rayons divers de l'être, sont inaccessibles à ces divisions et à ces hostilités. Comme l'a dit un poëte :

Où donc est-il écrit que le vrai meurt du beau? 111. — Jusqu'ici nous n'avons étudié le beau

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