‹ La foiChapitre 77 sur 88 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

niiitiiv* «t traA^ewr 4e te M*

Heureux ceux qui, dans ce temps de sceptici&oie et d'abattement intellectueU savent résister à Tanarcbie des esprits, et prononcer au fond de leur cœur ce mot qui contieqt tant; de consolations si vraies» ce mot d'une douceur si suave» ce mot qui charme le cœur en tranquillisant l'esprit, ce mot qui ouvre le symbole cbrétien : Credo j je crois !

L — Qu'est-ce donc que la foi, cette force qui vient en aide à la faiblesse de notre raison et nous ouvre les horizons du monde surnaturel ?

NATURE ET GRANDEUR DE LA ÏJOI. 17t)

Souvent on la confond avec la crédulité.

Cependant rien n'est plus faux. La crédulité accepte tout. Plus une chose est obscure, phis elle lui paraît divine. Dès qu'elle entend parler d'un événement prétendu extraordinaire, elle accourt les yeux fermés et se prosterne tête baissée. Chercher à constater la réalité de cet événement et la véracité de ceux qui le racontent, serait pour elle un manque de foi et de soumission , une prétention orgueilleuse et impie. Quiconque n'est pas enthousiaste comme elle, est un chrétien suspect qu'il faut éviter. Ardente et irréfléchie, elle a sans cesse besoin de choses nouvelles, plus mystérieuses et plus extraordinaires encore que les premières, pour donner un aliment à sa piété aveugle et fébrile. De là sa passion pour les nouveautés religieuses, passion qui lui fait souvent perdre de vue les mystères et les miracles de l'Évangile, pour donner la première place dans son respect à des récits non encore approuvés par l'Église. De là aussi cette mobilité d'appréciations et de sentiments qui la caractérise d'une manière si frappante, et qui lui fait la plupart du temps répudier le lendemain

180 NATURE ET GnANDElR DE LA FOI.

ce qu elle avait vénéré la veille. Croire à tout sans règle et sans discernement, c'est ne croire sérieusement à rien. Aussi la crédulité est-elle, au fond, plus dangereuse pour la vraie foi que Tincrédulité elle-même.

Au contraire, la vraie foi n'a qu'un seul objet : tout ce qui est réellement révélé par Dieu et uniquement ce qui est révélé par Dieu. En sorte que tout ce qui ne fait point partie du dépôt de la révélation divine peut être l'objet de notre respect, mais ne saurait être l'objet de notre foi. L'Église elle-même n'est qu'une gardienne du dépôt des vérités révélées ; et lorsqu'elle nous enseigne des vérités distinctes de celles qui sont contenues dans ce dépôt divin, son enseignement, si exact et si solide qu'il soit, ne sa,urait être présenté et encore moins imposé à notre foi. La foi est donc une chose qui se passe uniquement entre Dieu, l'Église et nous: Dieu qui nous parle, nous qui écoutons Dieu et qui adhérons à sa parole, et l'Église qui garde cette parole de Dieu et nous empêche de la dénaturer^ sans pouvoir elle-même y ajouter ou en retrancher un seul iot»n. Cela est tellement vrai que l'Église,

XATURK I:T GUANDECn DK L\ FOI. 181

en rédigeant dans le cours des siècles des articles de foi, les a toujours considérés comme des enseignements tirés non de son propre esprit et de sa manière de voir purement humaine, mais seulement du dépôt de la révélation divine confié à sa garde.

Tellç .est la véritable notion de la foi chrétienne.

En effet, écoutons saint Paul : a La foi, écrit-il aux Hébreux, est la substance des choses que l'on doit espérer, Targumentde celles qui n'apparaissent pas *. M

Dans cette définition trois points sont à mé diter :

Premièrement, si la foi est un argument et si tout argument bien fait engendre la conviction et la certitude, il est manifeste que la foi diffère essentiellement du doute et de l'opinion, et qu'elle porte avec elle la certitude.

Deuxièmement, si la foi est l'argument des choses qui n'apparaisse?il pas, et si les choses qui n'apparaissent pas ne peuvent pas,

1 Ch. xî, V. t.

182 NATURE ET GRANDEUR DE iA FOI.

comme telles, tombet^ sous la science, vu que la science est une connaissance basée sur Tévidence, il est également manifeste que la foi est essentiellement distincte de la science*

En sorte que, si d'une part la foi n'implique pas l'évidence, d'autre part elle implique la certitude.

Troisièmement, enfin, quelles sont les choses que Ton doit espérer, sinon les choses célestes, les choses divines. Dieu lui-même avec sa lumière et sa beauté infinies ? Or, la foi, c'est Dieu lui-même, atteint, non-seulement dans ses manifestations externes et ses relations internes, mais jusque dans la substance de sa vérité, de sa beauté et de son amour; ou, si l'on prend le mot sitbstaîice dans le sens de germe, la foi, c'est Dieu lui-mtoe, déposé comme un germe substantiel dans notre esprit pour nous vivifier divinement, nous faire fleurir et fructifier comme des dieux : « Du estis , vous êtes des dieux, » dit l'Écriture. La vie sur la terre n'est que le temps de la germination obscui^ et laborieuse; le ciel sera celui des fleurs et des fruits.

NATtJRE ET GRANDEUR DE LA FOI. 183

« Voilà que j'ai franchi tout Tazur, tout l'espace... J'ai mis les vastes cieux entre la terre et moi; Et je ne suis qu'au bord, Seigneur, à la surface... Mais j'ai l'éternité pour me plonger en toi * I »

On peut donc, avec saint François de Sales, définir l'acte de foi «un acquiescement de nostre esprit, lequel ayant receu Taggreable lumière de la vérité, il y adhère par manière d'une douce, mays puissante et solide asseurance et certitude qu il prend en Tauthorité de la révélation qui luy en est faicte * » *

Méditons ces hautes pensées ; et, après avoir vu la nature de la foi, contemplons-en la grandeur et les ineffables bienfaits.

ïî. — ^ La foi est une lumière^ lumière obsctft'e, il est vraij mais divine ; elle ne nous laisse qu entre voirai mais entrevoir les choses c^estes.

« Comme il arrive quelquefois^ dit saint

* M. V. de Lapradej Psaume de combat,

* Saint François de Sales, traité de l'amour de Dieu^ 1. n^ fch. XIV.

184 XATI'RE ET (jRANDEL'R DE LA FOI.

François de Sales, que, la terre estant couverte de brouillards, nous ne pouvons voir le soleil, ains nous voyons seulement un peu plus de clarté du costé où il est, de façon que, par manière de dire, nous le voyons sans le voir, par ce que d'un costé nous ne le voyons pas tant que nous puissions bonnement dire que nous le voyons, et d'autre part nous ne le voyons pas si peu que nous puissions dire que nous ne le voyons point; et c'est ce que nous appelions entrevoir. . .

« La foy est la grande amie de nostre esprit, et peut bien parler aux sciences humaines, qui se vantent d'estreplusévidentesetclaires qu'elle, comme l'Espouse sacrée parlait aux autres bergères : (i Je suis brune, mays belle*. » O discours humains! ô sciences acquises! je suis brune, car je suis entre les obscurités des simples revelations, qui sont sans aucune évidence apparente et me font paroître noire, me rendant presque mesconnaissable; intiysjesuis pourtant belle en mov-mesme, à cause de mon infinie cer-

' Cantique des cantiques, ch. i, v. 4-

titude ; et si les yeux des mprtelz rae pouvoient voir telle que je suis par nature, ilz me treuveroient toute belle*.

(( Dieu a empreint sa piste, ses alleures et passées en toutes les choses créées; de sorte que la coonoissance que nous avons de sa divine Majesté par les créatures ne semble estre autre chose que la veuë des piedz de Dieu, et qu'en comparayson de cela, la foy est une veuê de la face mesme de sa divine Majesté, laquelle nous ne voyons pas encore au plein jour de la gloire, mays nous la voyons pourtant comme en la prime aube du jour, ainsy qu'il advint à Jacob auprès du gay de Jaboc; car bien qu'il n'eust veu l'ange avec lequel il lutta sinon à la faible clarté du point du jour, si est*ce que, tout ravi de contentement, il ne laissa pas de s'escrier : c* Jay veu le Seigneur face à face, et mon âme a esté sauvée*. »

La foi est une vue initiale de la face voilée de Dieu, en ce sens qu'elle nous fait apercevoir

< Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, 1. U. ch. XIV.

s ibiiLy 1. ni, ch. IX. - Genèse, ch. xxxir, v. ?0.

186 NATL'RË HT &aAKi>ËUfl UK LA POI.

Dku daa$ la créaiui^e et la u'é&Uiie ea Dieu. U faut l'avoir expériuieiité^ poar CQfiipr*eD<k?e ioute la différence qu'il y a, d'abord, entr€ voir Dieu vivaxii 'dans la «réatui^e, dans Je pauvre, dans le malbeuretix, coBuae duaBi dass IMMuame heu* reux «et lortuné, et le nfok spéculativetoe&i daas les tx)Boeptiofis plus ou moias ralicoeeUes de scm es^it, etsaile, «aire v^k la créatoire «» Dieu et la ^fQk exoIusiiTômeEit ea elle*€»ôfii^ ea dehors ée Dieii. — Voir Dieu en dehors de Jbi oréal»ire ne prQdaitf;énéraleffl6&t>q^u rai «respect froid qui s'onUie èma^i ^i9«r laktie fia^ot à l'Ia^ éifSéfieBoe «pratique ; vm' la «iDéaÉtti^ 'Qb éebarB de IHeu DaUizœe Ia|)lt]fda}t dn lemij^ dai^®otre

— Au ceotraire, yek iDiett>âaD6 bi ci^éa^toe et !la créatiiFe en iDkm, c'^mi les regarda* ida&s 4a lit^ inière vraîe^ et les connaître vtels qu'ils aonU Quiconque ne voit pas sur le visage de rh&B>iBe.uii reflet de la >iace de Diesi, ne cena^t pas iv^i^ment r homme : r-lbaiiiEae,<«n^efiret, n'a 4oute sal)eaal4^ que lorsque, à travers sa nature, transpire le divin. De même, quiconque ne vwt pas dans l'idée de Dieu l'idée de l'homme, ne connaît

pas complètement Dieu; parce que Dieu n'^a toute sa beauté à nos yeux, que lorsque, à travers sa nature, transpire son amour pour rhomnae.

IIL — En ïBème temps que la foi est une lumière pour noire intelligence« elle est une eertùude pour notre eoncieDce.

et Lofaque dans le désert la eavale aaiivag^

Après trois jonrs de marche, attend uq jour d'orage

Pour boire Teau du ciel sur ses palmiers poudreux,

Le soleil est de plomb, les palmiers en silence

Sous leur ciel embrasé penchent leurs longs cheveux,

Elle cherche son puits dans le désert immense,

Le solefl Fa séché ; sur le roeb^ brûlant.

Les lions hérissés donnent en grommelait.

Elle se sent fléchir; ses narines qui saignent

S'enfoncent dans le sable, et le sable altéré

Vient boire avidement son sang décoloré.

Alors elle se couche, et ses grands yeux s'éteignent,

Kt le pâle désert roule sur son enfant

Les fiotfl attencienx de son linceol moaYaiit.

Elle ne savait pas, lorsque les caravanes

Avec leurs chameliers passaient sous les platanes.

Qu'elle n'avait qu*à suivre et qu'à baisser le front.

Pour trouver à Bagdad de fraîches écuries,

Des r&teliers dorés, des luzernes fleuries,

Et des puits dont le ciel n'a jamais vu le fond^ »

Ce désert, c'est la vie sur la terre; cette cavale, c'est la raison ; cette mort par la soif, c'est l'incrédulité; cette oasis, c'est la foi.

« Si un aveugle ne peut voir le soleil , disait un autre poëte, il en sent néanmoins les rayons ; il n'en voit pas les splendeurs, mais il en sent la chaleur. Quest-ce que Dieu? Je l'ignore, mais je me sens pressé entre ses bras. Je ne vois pas son visage, mais je repose dans son cœur ^ ^

Comment, en effet, la foi , qui a pour motifs d'admission la véracité de Dieu et l'évidence qu'il a parlé, ne nous donnerait-elle pas la cer« titude? Que faut-il de plus à notre conscience pour en finir avec le doute, lorsqu'il nous est démontré, d'une part, que Dieu ne saurait nous tromper, et, d'autre part, qu'il nous a enseigné telle ou telle doctrine? 11 importe, il est vrai , à

* A. de Musset, Poésies, sSilvioPellico.

Tâvidité de notre esprit de connaître et de comprendre cette doctrine ; mais cela n'importe nullement à la certitude de notre conscience.

Aussi quelle paix, quelle sérénité, dans la conscience des véritables disciples de Jésus- Christ I « Lisez ce petit livre, disait le philosophe Jouffroy en parlant du catéchisme ; vous y trouverez une solution de toutes les questions que j'ai posées, de toutes sans exception. Demandez au chrétien d'où vient l'espèce humaine, il le sait ; où elle va, il le sait ; comment elle va , il le sait. Demandez à ce pauvre erlfant, qui de sa vie n'y a songé, pourquoi il est ici-bas et ce qu'il deviendra après sa mort : il vous fera une réponse sublime. Demandez-lui comment le monde a été créé, et à quelle fin;' pourquoi Dieu y a*mis des animaux, des plantes ; comment la terre a été peuplée, si c'est par une seule famille ou par plusieurs , pourquoi les hommes parlent plusieurs langues, pourquoi ils souffrent, pourquoi ils se battent, et comment tout cela finira : il le sait. Origine du monde, origine de l'espèce, question de races, destinée de l'homme en cette vie et en l'autre, rapports

(le l'homme avec Dieu, devoirs de Thomme envei*s ses semblables ^ droits de Tbomme sur la création , îl n'ignore rien *. »

IV. — ' De plus, la foi est aussi une force pour notre vdonté , un principe de vie surnaturelle et de justice^ et par conséquent un mo^en de salut»

Lorsque les difficultés de la vie se dressent devant nous comme des montagnes infranchissables, ne perdons pas courage. Jésus n'a-t-il pas dit : a Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriee à cette montagne : Passe d'ici là» et elle y passerait» et rien ne vous se- • rait impossible* ? »

Lorsque le monde nous* attaque par ses maximes trompeuses et séductrices , recourons à la foi : « La victoire qui triomphe du monde, dit saint Jean , c'est notre foi '. »

* Jouttf oy, Mélanges philosophiques , du ProbHme de la destinée humaine,

* Évangile selon saint Mathieu, ch* xvir, v.lS? — sehn 9ûini Luc, ch. xvii, v. 6»

* /'* Épître de saint Jea?i, ch, y, v. 4 .

Lorsque le démon, comme un lion rugissant, rôde autour de nous, cherchant quelqu'un qu'il puisse dévorer, résistons-lui avec force, et cette force, dit saint Pierre, noua la puiserons dans la foi , cui resistite fortes in fide ^

Lorsque nous-mêmes devenons contre nonsiDÔmes complices du monde et du .démon , lorsque nos passions mauvaises font chanceler notre volonté et ébranlent, pour ainsi dire, notre âme tout entière, rappelons-nous ce mot de saint Paul : <i C'est par la foi que vous vous tiendrez debout* ; elle est un fondement pour assurer vos pas', et un bouclier pour repousser les traits enflammés de la perversité*. » Déjà Isaïe l'avait comparée à une ceinture qui fortifie les reins ^.

Du reste, Jésus n*a-t-il pas dit : « Si tu peux croire, tout est possible au croyant *? »

En outre, la foi est un principe de vie surna-

* /" Épître de saint Pierre, ch. v, v. 9.

3 Épitre de saint Paul aux Romains, ch. xi, v. ^«

* Épitre aux Colossiens, ch* i. Y* 23; ch. ii, v. 5. A Épitre aux Éphésiens, di. vi, y. 16.

» Isafe, ch. xi, v. 5.

* Évangile selon saint Marc, ch. ix, v. 22.

turelle ti de justice. — o Le juste, dit saint Paul , vit de la foi' . La justice de Dieu par la foi de Jésus-Christ, est en tous ceux et sur tous ceux qui croient en lui '. Tous vous êtes les fils de Dieu par la foi qui est en Jésus-Christ ^ » — « Quiconque, ajoute saint Jean , croit que Jésus est le Christ, est né de Dieu ^ » — Et, en effet, c'est de la foi qu'ont vécu tous les justes, soit de l'ancien , soit du nouveau Testament *, suivant cette parole de Jésus- Christ : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle ®. »

Aussi, la foi est-elle un moyen efficace de salut.

Un jour, une femme affligée d'un flux de sang depuis douze aus^s'opprocha humblement de Jésus et toucha le bord de son vêtement, ('ar elle disait en elle-même : Si je touche seulement

t ipitre aux Romains, cb. i, v. 17.

l Ibid,, cil. III, V. 22-28 .

* Épitre aux Galates^ cli. iir, ?. 26.

* /'• Épitre de saint Jean, ch. v, v. 1 .

s Épitre de saint Paul aux Hébreux, ch. xi

* Évangile selon saint Jean, cli. v:, v, 47.

son vêtement, je serai guérie. Jésus se retournant la \it et lui dit : Ma fille, ayez confiance, votre foi vous a guérie. Et la femme fut guérie à l'heure même *.

Uu autre jour, comme Jésus partait de Jérlcbo avec ses disciples et une grande multitude, le fils de Timée, Bartimée l'aveugle, était assis, mendiant, sur le bord du chemin. Lequel, ayant entendu que c'était Jésus de Nazareth, se mit h crier, disant : J^sus, fils de David, ayez pitié de moi. Et plusieurs s'efforçaient de le faire taire. Mais lui criait encore plus haut : Fils de David, ayez pitié de moi. Alors Jésus s'arrêtant ordonna qu'on l'appelât. Et ils l'appelèrent en lui disant : Aie confiance, lève-toi, il t'appelle. Rejetant son manteau, il se lève en hâte et vient à Jésus. Et Jésus lui dit : Que voulez -vous que je fasse? L'aveugle lui dit : Seigneur, que je voie. Jésus lui dit : Allez, votre foi vous a guéri. Et aussitôt il vit, et il le suivait dans le chemin*.

Sans doute ce ne sont là que des guérisods

* Evangile selon saint Mathieu^ ch. ix, v. 20-22.

* Évangile selon saint Marc^ ch. 10, v. Û6-52.

corporelles. Maïs tes guérisons corporelles sont la figure de la guérison spirituelle, du salut éternel de Tâme. Toute âme malade, languisgante, épuisée, qui s'approche de cFésus avec foi,, entend le Sauveur lui adresser cette consolante parole : Ma fille, 6 toi quî a été créée à Tinfege du Père, purifiée par le sang du Fils, sanctifiée par la grâce deTEsprft-Saînt, sois guérie. Tout esprit^ quelque aveugle et dénué qu*il soit, qui invoque Jésus avec foi, entend également cette douce réponse : O mon ffls, va, ta foi t'a guéri. « Quiconque croit au Fils de l'homme, ne périra pas, mais aura la vie éteTnelIe^ — Quicnnque croit en lui ne sera point confondu *. » C'est FEsprft de vérité qui nous l'ensergne.

Si celui qui reste incrédule à l'égard du Fils est l'objet de la colère de Dieu', bienheureux.

* Evangile selon saint Jean, ch. m, v. 15.

î EpUre de saint Paul aux Romains y cli. x, v. ïî.

5 Evangile selon saint Jean-, cli. irr, ?. 36.

NAXURK lùT lill.5LNDI'îl R Dl% LA Voi. 19$

au GOtttrake, soot ceux qui n'oo^t pas vu et qui ont cru*; M-enbeureux, ceux qjui sca-utenitles témaigttfi^ges du SeigDeur^. Qu elles sont douons, eu efiiet, les paroles de Dieu I Oui, .^les sont plus douces au coeur que le luiel ne Test à h bcHiçba, QMam dulcia faudèus mais elaquia iua,^ mper md ori meo ^ ! Oui, eltes contienaeni; des JOiamoûtes secrètes, et quiconque les a méditée^ comprend ce^ri desdisciples d'Emûaaâs : « Notr^ 00611»: ^'étalt^il paslout embrasé au^dedans de iioua, peodaut q\xi\ nous parlait dans le cheimiu etquil nous ex^pliquait les Écritures ^,? v

La foi est Ii^pSûaâage de notre âme avec I)ieti« et i^pemi^ 4emihi m 0e^. Par elle^ Dieu est à nous ^t n@us à Dieu ; tout ce qui «est à nous .est .à Aieu, .et tout ce qui est à lUeu est à 43Qas. f ap elle» ;par copséquant, le Christ, le f*ils.di5 &0^ Ji^ite dans notre cœur, Ckristum habitare pet* /idem incordibus vestnis^:, et piar.elle aussi, nos

* Evangile selon saint Jean, cli. xx, v. 20.

* Psaume fSLWiit s, '%. ' » Jbid., V. 103.

A Evangile selon saint LuCj ch. xxiv, v. 32 .

* Osée, Prophétie^ ch. ii, v. 20.

6 Epitre de saint Paul aux Ëphésiens^ ch. nr, v. 17 .

prières sont ejuiucées et nos vœux accomplis, magna est fides tua^ fiai Hbi sicut vis^.

Tout homme qui a le besoin et le sens des choses divines, qui éprouve dans son cœur, au milieu des choses finies qui l'entourent, le sublime tourment de l'infini, celui-là trouve donc dans la foi une lumière pour son esprit, une certitude pour sa conscience, une force, un principe de vie surnaturelle et de justice, un moyen de salut pour sa volonté, et enfin une joie pour son cœur. Sans doute pour le croyant il y a aussi des jours sombres et des heures douloureuses ; mais si le croyant connaît la douleur, il ignore le désespoir. Au lieu du bonheur qu'il poursuit ici-bas, comme tout être humain, il peut rencontrer des déceptions et des déceptions pleines d amertume; mais son rêve n'est pas détruit, il n'est qu'ajourné; et ce que la terre lui refuse, le ciel le lui donnera un jour.

• Evangile selon saint Mathieu, ch. xv, ?. 28.

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