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LAÏCISATIONS PARTIELLES. o7
années en paix, en harmonie avec leurs collègues laïques qui sont généralement d’aussi humble condition et d'humeur aussi pacifique et chez qui elles trouveront, — j'ose le dire, en pareille circonstance surtout, — bien plutôt des amis que des ennemis...
Nous demandons que laïques et congréganistes rivalisent de dignité dans des circonstances délicates pour les uns et pour les autres.
La chose est-elle impossible? Je ne le pense pas. Je pense au contraire que cette attitude des deux partis pourra contribuer, en beaucoup de circonslances, à apaiser les esprits, à abaisser le ton de la polémique locale. Elle montrera aux uns et aux autres qu'il ne faut ni tant de violence ni tant d'acrimonie; qu'en somme, dans cette crise, il n'y a ni proscripteurs ni proscrils : il y a là surtout deux régimes qui se succèdent, et ils peuvent se succéder sans inimitié : il y a là le même changement de régime social qui s’est fait lentement dans toutes nos Institutions.
C'est ainsi que l’entendait la plus modérée des. Assemblées de la Révolution :
« Dans un État libre il n'y a plus de place pour les corporations constituées proprement dites, quand bien même ajoutait la Législative dans son décret de 1792 — il s'agirait de corporations vouées à l'instruction publique et ayant bien mérité
du pays. »
C'est dans ces termes que la remise du pouvoir pourra se faire; c'est dans ces Lermes que la transibon est possible; el ceux qui veulent qu'elle se fasse ainsi, et ceux qui veulent donner l'exemple des vertus évangéliques ne doivent pas être les premiers à se refuser à cet essai de transition qui peul
donner au pays, et avant tout à la jeunesse, des exemples précieux de mesure, de sagesse, de résignalion et de dignité.
J'ai fini, Messieurs. Permettez-moi de mettre les idées que je viens d’esquisser si imparfaitement sous le patronage d'un nom que le Sénat connaît bien et qui, dans la discussion de cette loi, se recommande de lui-même à tous les souvenirs : car c'est le nom du rapporteur de la loi de 1882, un homme dont la modération avait tout le charme de la modestie. Il concluait, dans son premier rapport, par une phrase d'un accent grave et sincère que je demande au Sénat la permission de lui relire en terminant, avec le vœu que cette pensée serve en quelque sorte de trait d'union entre les congréganistes qui s'en vont et les laïques qui arrivent. ”
« Non — disait M. Ribière — non, ce n'est pas une chose impie de croire qu'il y a une morale commune à tous les peuples, fondée sur la raison naturelle, immuable dans ses solutions, ni servante ni ennemie des religions positives, et qui n’a pas besoin de s'appeler une science pour être, au milieu des hommes de bonne volonté, une lumière et un bienfait. »