‹ La foi laïqueChapitre 48 sur 111 · Le Temps, 6 novembre · texte numérisé non relu

Le Temps, 6 novembre

Fot LAïQUE, 12

grès radical; je le redisais la semaine dernière en province (le Temps l'a relaté) devant des auditoires passionnés pour le monopole; je ne cesse de le répéter à mes collègues à la Chambre. Hier soir encore, à l'heure où vous me soupçonniez de « changer mon fusil d'épaule », je faisais, trois heures durant, dans le comité de l'Association des libres penseurs un dernier effort — Je ne dis pas un effort désespéré, car je compte fermement sur la victoire finale — pour m opposer au courant qui entraine nos amis vers le monopole.

Et c’est quand je lulte ainsi publiquement, de toutes mes forces, contre le monopole que vous interprétez comme une volte-face la parole même par où j'avais cru forcer l'attention des républicains et leur faire toucher du doigt leur erreur.

Qu'ai-je donc écrit d'assez malencontreux pour donner lieu à une telle méprise?

Je m'adressais aux républicains anticléricaux. Is n'auraient jamais songé au monopole si l'on n'avait pas réussi à leur persuader que le monopole est le moyen, le seul, d'avoir raison de lFenseignement clérical.

Que faire pour les désabuser de celte panacée? Allaquer le monopole? Je l'ai fait vingt fois. Vais- Je m'en tenir là, heurlant, sans plus, ma conviction contre la leur?

J'essaie un autre mode de démonstration.

« Soil, leur dis-je. Vous croyez qu'il faudra en venir au monopole d'État. Je me crois sûr du con- Lraire, N'importe, Ne disculons pas l'avenir. Je n'ai jamais fait de la liberté d'enseignement ni un dogme niun droit naturel. J'ai reconnu dès l'abord (Temps du 47 septembre 1902) le droit el le devoir de l'État

Page 1