PRÉSENTÉE AU CONGRÈS DE ROME ET VOTÉE A L'UNANIMITÉ
(22 septembre 1904.)
Le Congrès International de la Libre Pensée réuni à Rome, le 22 septembre 1904, désireux de prévenir tout malentendu en fixant dès l’abord le sens qu'il attache au mot « libre pensée », el par là même la portée des revendications qu'il formulera, croit devoir faire précéder ses délibérations spéciales de la Déclaration de principes énoncée dans les trois résolutions ci-après :
Première résolution : DÉFINITION DE LA LIBRE PENSÉE EN GÉNÉRAL.
La Libre Pensée n’est pas une doctrine; elle est une mnélhode, c’est-à-dire une manière de conduire sa pensée — et, par suile, son action — dans tous les domaines de la vie individuelle et sociale.
Cette méthode se caractérise non pas par l’affirmation de certaines vérités particulières, mais par un engagement général de rechercher la vérité, en quelque ordre que ce soil, uniquement par les
ressources naturelles de l’ esprit humain, par les seules lumières de la raison et de l'expérience. :
La Libre Pensée. peut être envisagée soit théoriquement, dans l'ordre intellectuel, soit pratiquement, dans l’ordre social. — Dans l’un et dans l’autre cas, elle se détermine d'après les deux règles ci-dessous :
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. Deuxième résolution : DEUX RÈGLES DE LA LIBRE PENSÉE DANS L'ORDRE THÉORIQUE OU INTELLECTUEL
Première règle. — La Libre Pensée ne pouvant reconnaitre à une autorité quelconque le droit de s'opposer où même de se superposer à la raison humaine, elle exige que ses adhérents aient expressémentrejeté non seulement toute croyance imposée, mais toute autorité prétendant imposer des éroyances (soil que cette autorité se fonde sur une révélation, sur des miracles, sur des traditions, sur l'infaillibilté d'un homme ou d'un livre, soit qu'elle commande de s’incliner devant les dogmes ou les principes à priori d'une religion ou d'une philosophie, devant la décision des pouvoirs publics ou le vote d'une majorité, soit qu'elle fasse appel à une forme quelconque de pression exercée du dehors sur lindividu pour le délourner de faire sous sa responsabilité personnelle, l'usage normal de ses facultés).
Deuxième règle. — La Libre Pensée ne pouvant se borner à cette manifestation négalive à l'endroit de tout dogme et de tout credo, elle exige de ses adhérents un effort actif en vue de réaliser par les moyens humains l'idéal humain.
Elle se refuse d’ailleurs à donner à sa propre conceplion de cet idéal le caractère absolu et immuable