‹ La foi laïqueChapitre 75 sur 111 · LE RÔLE SOCIAL DE L’INSTITUTEUR · texte numérisé non relu

LE RÔLE SOCIAL DE L’INSTITUTEUR

prendre une pareille tâche, il fallait la foi, autant de foi que jadis aux fondateurs des écoles confessionnelles. Encore, ceux\qui fondaient l’école confessionnelle avaient-ils comme point d'appui des dogmes, des cadres, un clergé, un livre inspiré, une autorité infaillible, tout ce qui peut soutenir la faiblesse humaine, tandis que nous n'avions, nous, que la foi dans la nature humaine, dans la raison, dans la liberté, dans laffinité mystérieuse de. l'esprit de l’homme pour la vérité, la beauté el la juslice.

Telest le rôle social que la République vous a dévolu. Est-il besoin d'en faire ressortir l'originalité et les périls?

Quand j'entends aujourd'hui des académiciens comme Barrès reprocher à Maître Aliboron (puisque c’est à ce quolibet que ce grand écrivain s’est abaissé) de n'être pas un moraliste de premier ordre et de n'avoir guère enseigné que des préceptes d’une moralité très ordinaire, quand je vois des écrivains qui n'ont jamais pris contact avec l'enfant du pauvre, du paysan et de l’'ouvrier se plaindre de n’avoir pas trouvé dans nos manuels ou dans pos cahiers d'école ce je ne sais quoi, cette flamme, cette poésie, celle beauté d'idéalisme moral, qui ne fleurit, comme une fleur rare, que dans le recueillement des couvents et à l'ombre des cathédrales, j'avoue que pour toute réponse je dirais volontiers : S'il y a quelque chose d'admirable au contraire, c'est que, sans plus de moyens d'action, dans une société qui ne faisait rien, qui ne pouvait peut-être rien faire pour les guider oulesentraîner, qui les laissait aller selon leurs inspirations, à leurs risque el péril, des milliers et des milliers d’insütuteurs el d'insti-

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